Le 26 mai, c’est le bouquet
Par Myriam , le 28 mai 2019

Les humeurs de MYRIAM

Quiconque a été un tantinet soit peu attentif à l’actualité aura remarqué qu’un évènement majeur a eu lieu dimanche dernier.

Le genre d’évènement dont on feint de minimiser l’importance et dont on balaie la seule évocation d’un revers de main, alors même que dans le secret de son cœur, on ne peut en imaginer l’issue incertaine qu’en tremblant.

Le genre d’évènement qui vous fait plastronner que cette fois-ci, c’est la dernière, que vous vous foutez bien des conséquences de votre abstention et qu’on ne vous y reprendra plus, à participer à cette mascarade grotesque et inutile.

Le genre d’évènement dont la tenue ratée est de nature à ébranler les fondements d’une société entière, et capable de nous faire nous engueuler même avec notre propre frère – au mépris de ce pacte de sang, conclu les yeux dans les yeux au fond d’un jardin trente ans plus tôt.

Un évènement qui nous place, seul, face à l’histoire pour cause de relents pétainistes, mais surtout face à la nôtre.

Foutue fête des mères.

A en croire les sociologues les plus chevronnés de Wikipedia, « La fête des Mères est une fête annuelle célébrée en l’honneur des mères dans de nombreux pays. À cette occasion, les enfants offrent des cadeaux à leur mère qu’ils ont confectionnés à l’école ou à la maison.»

Alors que, présenté avec le minimum de rigueur dont même Eric Fassin serait capable (certes au prix d’un effort considérable), ça devrait être  : « La fête des Mères est une contrainte annuelle rendue obligatoire en signe d’allégeance aux post-parturientes de nombreux pays – du moins dans tous ceux ayant érigé le coup de pied aux miches au grade de sanction plus effrayante qu’une peine de sureté de vingt ans effectuée en compagnie de Camille Chamoux et de Rocco Magnotta.

A cette occasion – qu’ils feraient mieux de ne pas oublier rapport à l’état des susdites miches-, toutes personnes nées viables et sans distinction de sexe, d’âge, de religion ou d’autonomie, doivent offrir un cadeau murement réfléchi à leur mère,  peu important qu’ils l’ait confectionné avec l’aide de leur professeur des écoles, de leur maîtresse, ou du service client d’Amazon ».

Ou encore, rédigé par un contemporain :  « La fête du Parent 1 ou du Parent 2 est la célébration annuelle du vivre ensemble familial, existant dans de nombreux pays – à l’exception notable de ceux pratiquant la charia et de l’Alabama. A cette occasion, enfants et adultes montent gaiement leur trottinette, afin d’offrir le plus vite possible à leurs géniteur-e-s une incarnation matérielle de leur amour inconditionnel, si possible confectionné localement et en matériaux biodégradables. »

Et ce serait encore diffèrent rédigé par un enfant Balkany, Hallyday ou Courjault  (d’autant que pour ce dernier, ce n’est pas évident d’écrire avec des moufles).

Alors à nos mères, en un mot comme en cent : on vous aime, et on a pas attendu le 26 mai pour ça – mais je reviendrai quand même l’année prochaine, les paires de miches, c’est comme les mamans, on en a qu’une et on y tient.

Par Myriam

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