343 connards sur la pine de départ
Par Christophe Sibille , le 5 novembre 2013

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Quand même, je suis assez content, finalement, de ne pas être Nicolas Bedos !! Vous imaginez ? Votre notoriété vous conduit à sympathiser avec de drôles de gens !! Qui, dès qu’ils ont une cause humanitaire à défendre, (en l’occurrence, l’ouverture permanente des restaurants du sexe), viennent vous quémander votre signature !! Alors je dis, non à l’exploitation des people !!

Quand même, il aurait pu se méfier, Bétassou !! Bon, d’accord, leur histoire du manifeste des 343 salauds, ça sent un peu le pari de fin de soirée, borborygmé au cul du dernier flacon de Dompé, ou braillé consécutivement au rail de Coke du curé, mais quand même !! Quand l’idée est lancée par Elisabeth Lévy, même si c’est ta copine, et que tes frères en paraphe sont Yvan Rioufol, Eric Zemmour, et Basile de Koch, tu peux imaginer facilement ce qu’un tel buzz va laisser comme traces, sur la toile et ailleurs. Comparables à celles d’un pet de Gérard Depardieu post-ingestion de cassoulet à l’huile de paraffine sur son slip de zouave !! Quand je dis : « ailleurs », j’imagine que le prestige dont Nico jouit auprès du bataillon de minettes énamourées qui doit camper vingt-quatre heures sur vingt-quatre devant son gourbi du troisième arrondissement risque de vaciller. On peut rêver … … Bon, allez, j’arrête, on va croire que je suis jaloux ! Elisabeth Lévy a initié ce texte, je la cite, pour « manifester sa différence ». Heu, comment dire, Bébeth, pas la peine de te casser, nous on le sait déjà depuis longtemps, que tu es, euh, « différente ». C’est ce qui fait notre charme.

Je m’en voudrais de ne pas citer une des phrases de ce manifeste. En effet, si ceux qui l’ont signé étaient vraisemblablement plus qu’entamés, sa rédaction, elle aussi, a dû commencer largement après le premier verre d’apéro !! Je vous en cite une des perles : « Nous aimons la liberté, la littérature, et l’intimité. Et quand l’Etat s’occupe de nos fesses, elles sont toutes les trois en danger”. Je ne suis pas grammairien. Ni matheux. Néanmoins, je vous soumets quand même l’exercice suivant : trois fesses multipliées par dix-neuf signataires, ça fait combien de trous du cul ? Dix-neuf, bonne réponse. C’était des maths modernes.

Dix-huit signataires, pardon. Car, si vous le voulez bien, revenons- en au fils de l’ex de Sophie Daumier. Et si vous ne voulez pas, c’est pareil. Qui se dégonfle comme la bite à Strauss-Kahn devant un juge New-Yorkais. La queue entre les jambes, pas pratique, quand on veut aller aux putes !! Ah, non, pardon, il n’y a que « certains » des dix-neuf piteux qui y vont. Nico le magnifique, lui, fait mine de s’excuser en défendant la Lévy qui a, je le cite : « la vertu rare de mettre le doigt là où d’autres auraient trop peur de se prendre un coup de jus. » Et là, au-delà du fait que la métaphore soit un brin stupide, (aucune personne normale ayant dépassé le stade anal n’irait foutre le doigt au pif dans une prise, on débranche le courant avant, normalement), je me pose une question ; soit je suis obsédé du cul, soit il y a un double sens !!! Pardon, Anthony ? Je suis obsédé du cul ? Oui, c’est vrai, mais vous ne pensez pas qu’il y a un double sens ? Ecrivez-nous !!

Il faut que je vous avoue que ce sujet me plonge dans la mélancolie. Cette pétition a été initiée avant tout pour casser la chatte aux féministes, (l’expression « casser les couilles », serait ici mal venue). Et ma lectrice, qui me connaît par cul, sait parfaitement que les féministes misandres et dogmatiques, (et elles ne le sont pas toutes, et heureusement qu’il y en a d’autres) me gonflent les burnes avec à peu près autant de constance que les 343 machos me les brisent. Ou l’inverse. Choisissez, c’est gratos.

Il y en a un qui n’a pas eu le temps de prendre son stylo pour signer. Ce n’est pas le fait qu’il en ignore l’usage, il en a bien vécu. Mais il est mort avant. Et, comme tous les morts, il est instantanément devenu le génie du siècle dans les télé-journaux, qui aiment se faire mousser par procuration en superlativisant des médiocres. Génie littéraire, en l’occurrence. Ben voyons !! Excessivement bien documenté, certes, et très efficace. Une scène de castagne, puis une scène de torture, ou les deux en même temps, puis une scène de sexe, avec, dans les trois cas, un luxe de détails fascinant de voyeurisme. Objectif pour que son lecteur, oui, c’est plutôt pour ceux qui se croient burnés : tienne le livre d’une main, se cache les yeux avec la deuxième, et, avec la troisième …

Gérard de Villiers : une moelle épinière de commerçant ultra-droitier d’une misogynie abyssale lui tenait lieu de sensibilité. « Je suis un auteur populaire », disait-il. La plupart du temps, quelqu’un qui se revendique comme « populaire », qu’il soit écrivaillon, chantouilleur, bateleur de télé, c’est quelqu’un qui aime à peu près autant « le peuple » qu’un pédophile aime les enfants. Il n’en aime en fait, en flattant ses instincts les moins nobles, que le pognon où l’adoration qu’il peut lui soutirer. Et les deux vont souvent de pair, comme diraient mes couilles.

De ses paroles immortelles, à notre populaire de Villiers, pas le réac, le réac, je retiendrai : « Je me sens plus proche d’un blanc con que d’un noir intelligent », ou : « les pieds noirs auraient pu garder l’Algérie mais ils étaient arabisés donc indolents ».

Bon, j’ai un léger mauvais goût dans la bouche, comme disait l’excellent Ramon Pipin dans sa chanson éponyme. Pour me l’enlever, ce goût de chiottes, la musique. Les « Lisztomanias », à Châteauroux. Je n’ai plus de place, mais je vous en parle la semaine prochaine. Je l’ai déjà fait l’année dernière, mais j’en ai marre de commenter des trucs moches. Alors que toute cette vraie joie mérite bien deux chroniques. Même que j’espère vous la faire partager.

par Christophe Sibille

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