5 mai date historique
Par Thierry Rocher , le 7 mai 2013

Thierry ROCHER renvoie la censure



C’est avec une certaine incrédulité  que j’ai appris cette immense mobilisation à Paris pour le 5 mai. Je n’y croyais pas, au départ,  et sur le moment, ma modestie en a pris un coup. Tout ce monde venant à Paris, le 5 mai, pour mon anniversaire. Je sais que je suis aimé et apprécié  mais là, c’est trop ! J’avoue que j’ai été d’autant plus gêné qu’au moment où tous mes admirateurs allaient venir dans la capitale, je ne serais pas à Paris mais sur la route du sud pour aller profiter des vacances de privilégiés ; enfin privilégiés mais de gauche !

C’est vrai qu’à force de parler d’anniversaire en ce moment, j’ai eu du mal à ne pas croire que ce n’était pas du mien dont il était question. C’est quand j’ai vu les nazillards s’organiser pour venir dans les rues que j’ai compris qu’il n’y avait pas que des amis à moi pour arroser le 5 mai. Parce que dans les mécontents du 5 mai, il n’y a pas que le NPA ou le Front de Gauche, il y a aussi les célébrants des restes de Jeanne d’Arc. C’est normal, vu le rajeunissement des cortèges du FN, il y a de plus en plus de pucelles, de là à dire que leurs esprits ne sont pas plus construits que leur pensée, il n’y a qu’un pas que je franchirais facilement car j’aime les raccourcis qui permettent d’aller plus vite.

Alors je demande à ceux qui, parmi les mécontents, auraient été contents de me voir de comprendre qu’en période de crise, il faut que certains se dévouent pour partir et aller consommer. Consommer oui, mais consommer Français car je tiens à faire plaisir au stratège économique, Arnaud Montebourg. Alors, il y a des jours où il faut savoir choisir : battre le pavé parisien ou partir en vacances.  Ceux qui ont décidé également que faire la révolution implique certains horaires le matin me comprendront. Il y en a beaucoup qui, comme moi, préfèrent une grasse matinée à une maigre révolution matinale. C’est comme une petite soirée sympa en face d’un grand soir aléatoire. Les grandes causes oui mais sans les grandes fatigues qui vont avec.

Enfin, quelque part, je suis rassuré pour mon anniversaire. Trop de monde n’apporte pas grand-chose. On n’échange plus rien et à force de partager, il ne reste plu rien pour soi dans les assiettes et dans les verres.  Merci quand même à ceux qui ont crié « joyeux anniversaire » dans les cortèges de mécontents. On aura l’occasion d’arroser une autre révolution ensemble. Moi, je me contente, pour l’instant, des causes majeures et incontournables qui sont aussi traumatisantes comme les 54 ans du jour qui sonnent le glas de ma folle jeunesse insouciante. En attendant, à ceux qui ont préféré manifester à Paris plutôt que d’aller avec une foule de desoeuvrés en bord de mer, je dirais : « Et encore bravo ! ».

par Thierry Rocher

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