7 ans de bonheur (part.29)
Par Patrick Font

FONT a de la mémoire

Car il va de soi qu’au moment où l’on chante, on se trouve transporté sur des nuages rouges, vers les éthers de la félicité, pour parler comme moi.

Il y a les huitièmes de finale, quarts, demies, et la finale dans ce temple du music-hall qu’est l’Alhambra. L’Alhambra, concurrente directe de l’Olympia, salle mythique, aujourd’hui on dirait « salle culte » puisque cette épithète a tout envahi, nihil estorge etcaraca biribum suce. Où est le temps où je me promenais dans les ruelles de Montmartre et stationnai devant les façades des cabarets où s’étalaient des affiches d’artistes ? Je me disais que jamais je n’y chanterais, que c’était trop grand pour moi, que je serais condamné à ne paraître que sur les scènes de patronages…Dix ans plus tard, c’est l’Alhambra ! Comme dit Jean Ferrat,  » que c’est beau la vie « .

Pendant quelques jours, je marche sur le vent, avec tout de même un trac permanent au fond du ventre, cette peur de rater un mot, cette crainte de côtoyer des gens décidés mordicus à « réussir ». Bref, crainte de la concurrence, n’étant pas du genre à dire « oh et puis je m’en fous! » d’un ton cynique et désabusé.

Voilà c’est fini, on a tous bien chanté, le public a l’air content, ya plus qu’à attendre le verdict du jury.

Premier prix: Serge Lama.

Deuxième prix: Daniel Prévost.

Encore inconnus, évidemment, de mon côté je me prends de sympathie pour Daniel Prévost et je  ne le regretterai jamais.

Chez les finalistes, il y a aussi José Féron, Chantal Simon, Claude Fonfrède, à qui je demande de s’inscrire dans la troupe que je vais créer, la Troupe François Villon. Ils acceptent. On fera un bout de chemin ensemble, dans la banlieue nord. Puis, présentés par José Féron, il y aura Christian Dente et Michèle Maury. Notre premier spectacle se déroule à l’Hôtel de Ville du Bourget, présenté par Jean Cabourg, un copain de longue date découvert chez les « Coeurs Vaillants » du Bourget. Un rigolo acidulé, fortement teinté d’irrespect, pas du tout branché sur la religion, amateur de films noirs, étudiant en Lettres, et composant à lui seul mon premier public. Bref, une espèce de « mauvais esprit » comme je les aime depuis toujours.

A suivre…

SPECTACLES
CALAMITY JANE, LE PROCES, 27 et 28 mars à Forcalqiuer

par Patrick Font
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