À ma pogne!
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Non, sérieusement, le prochain truc que j’attends de Macron, c’est qu’il se mette à marcher sur les eaux en distribuant du Gevrey-Chambertin dans des bouteilles de Cristalline! Quand je vois qu’il ne peut pas faire un pas sans déclencher l’hystérie de mes petits camarades de la médiasphère, j’en suis à me dire qu’il aurait mieux fait de choisir « vedette du rock’n’roll » comme métier, il n’aurait pas eu un fan-club plus délirant. Quand il se gratte le nez, on est sûr qu’il va faire beau, s’il cause avec Das Kleine Angela, l’Allemagne développe une demi-molle, on le prend en photo avec Justin Trudeau, aussitôt les maternités se remplissent, bref, à côté du nouveau Président, Superman est un pisse-menu et Dieu peut commencer à se chercher un nouveau job.

Je sais bien que j’ai voté pour lui et que j’ai même demandé à mes proches d’en faire de même, mais je n’avais pas imaginé qu’on hériterait d’un mélange de De Gaulle, Richelieu, Machiavel, Gandhi et Marc Aurèle, avec un rien de Matt Damon pour la photo. Sans rire, à en croire les folliculaires, St Emmanuel de l’Élysée, c’est Jésus, en mieux. Je vais finir par croire qu’il a enseigné le tennis à Federer, qu’il a écrit Blue suede shoes pour Elvis et que sans lui jamais Nietzsche n’aurait écrit « Also sprach Zarathustra »! Dès qu’il apparaît, le temps s’arrête et ses collègues chefs d’état et de gouvernement fondent comme des Magnum© à la vanille dans un four à 220°. C’est épatant ce qu’il a accompli en moins de 15 jours, le successeur de Hollande. Tiens, c’en est même à se demander s’il n’y avait jamais eu un Président de la République avant lui. Je vais exiger qu’on change la datation nationale pour parler en termes d’AM, Avant Manu et DM, Depuis Manu. Alors d’accord, il est jeune – par rapport aux autres, ce n’est quand même pas le perdreau de l’année! -, il est beau, du moins si on aime le côté Harry Potter propre-sur-lui et il doit divinement danser le jerk et le mashed potatoes, tout ça c’est très bien, mais pour le reste, si mes petits camarades pisse-copies voulaient bien attendre qu’il se mette à faire de la politique avant de se pâmer à chacune de ses sorties, ce ne serait pas mal. Car je me méfie du retour de manivelle, s’il n’arrive pas à faire ce qu’il a promis, ça va faire mal.

Mais, bon, admettons, pour le moment, St Emmanuel est en état de grâce, il flotte au-dessus des eaux et il bénéficie de l’adoration des foules. Tiens pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, il a rencontré Trump. Mais si, vous voyez bien, Trump, le président américain, le type qui porte une perruque en maïs sur le cornet et qui dit plus d’inepties en une heure que Sarkozy en quatre ans. Et donc, comme il est bien poli et bien élevé, Macron lui a serré la main. Ça se fait, ça, entre présidents. Quand on est potes, on peut se claquer la bise, on peut aussi se taper sur l’épaule en demandant des nouvelles de la petite famille, certes, mais sinon, en général, c’est la bonne et franche poignée de main virile, face aux caméras du monde entier, histoire de dire « Z’avez vu comme on s’entend bien, tous les deux? Z’avez compris comment qu’on va bien arranger les bidons de nos deux peuples? ». Bref du très classique.

Sauf que pour le coup, c’est la poignée de main de Macron 1er, le bogoss de 2017. Et là, ils y sont tous allés de leurs analyses en peau de lapin. Et combien de temps il a tenu la pogne du blondinet, et qui c’est qui qui a serré le plus fort, et qui c’est qui qui a gagné ce duel de mimines? Vraiment, les gars, vous les costauds qui décryptez le moindre déplacement d’une virgule sur le budget du Ministère de la Patate sous la Cendre pour en tirer de fines projections politiques, vous en êtes à vous agiter le neurone à géopolitique pour 6 secondes de shake hands? Et comme c’est Donald l’Américain qui a retiré sa main en premier, il a perdu, il est tout honteux, les États-Unis d’Amérique sont humiliés, ils vont nous rendre la Louisiane et s’excuser pour les french fries. Et ben dites donc, tout ça en un serrage de pognes, c’est balaise!

Alors, vu que le Président Macron reçoit Vladimir Vladimirovitch Poutine à Versailles, je m’attends à ce qu’il lui mette un sévère coup de genou dans les joyeuses, pour exprimer le désaccord français sur la politique russe.

Il ne peut pas en faire moins, ça décevrait.

par Naqdimon Weil

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