A t-on les dirigeants qu’on mérite?
Par Thierry Rocher , le 12 juin 2018

Thierry ROCHER renvoie la censure

A force de voir les gesticulations de grands de ce monde, après un G7 mouvementé, cette question vient inévitablement à l’esprit. Quand on évoque les grands dirigeants, on met sous silence les dictateurs, car il est difficile de trouver une quelconque symbolique avec le peuple qui subit. Il s’agit plutôt de mettre en lumière des responsables élus même si c’est l’irresponsabilité qui marque leur bilan et leurs points communs.

La figure emblématique illustrant la question posée, c’est bien sûr le Président de carnaval, Donald Trump. Trump qui ne pourrait être que le macho obsédé répugnant avec les femmes. Malheureusement, l’incompétence politique a pris le dessus dans tous les domaines: économique, sociétale, diplomatique. Le dernier G7 en est une illustration pathétique avec en parallèle la rencontre avec le loukoum coréen Kim Jong-Un. En voyant ce pantin, je me suis toujours posé la question: la maladie mentale de Trump est-elle plus inquiétante que la réaction de millions d’Américains qu’il ne choque pas et qui le trouvent normal ? La véritable angoisse n’est pas Trump mais les millions d’électeurs qui l’ont porté au pouvoir et qui sont contents de lui, tout comme les millions de Russes qui se reconnaissent en Poutine, l’homme fort, la grande Russie et tout le tintouin qui fait bander les frustrés d’un siècle de communisme. La justification des résultats électoraux rend-elle plus crédible le comportement des décideurs? Le blanc-seing attribué n’est pas un gage de responsabilité face à un peuple qui délègue, en permanence, par démission collective.
L’exemple de Trump est symptomatique et montre qu’une grande démocratie n’est pas à l’abri d’une mascarade de pouvoir apte à générer tous les abus, tous les dangers avec les nuisances planétaires que cela comporte. Les modifications des règles commerciales mondiales voulu par l’allumé de la Maison Blanche n’est même pas ce qui va donner de la sécurité et du travail aux prolos ricains enroulés dans le drapeau national. Le raisonnement du président provisoire est tellement artificiel et électoraliste que les décisions vont se retourner contre ceux qu’elles sont censées protéger. Des matières premières étrangères surtaxées vont faire flamber les prix des produits fabriqués sur le sol américain que les braves prolos auront plus de mal à acheter et par conséquent que les entreprises locales peineront à vendre. « Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con » chantait Brassens qui ne doit pas être le chanteur favori de Donald le demeuré, mais la population doit se dire qu’il reste en matière d’économie un stratège puisque ces multiples faillites sont les preuves renouvelées des réussites de sa vie.

On comprend que Macron lui sourit et lui tape dans le dos car placé à côté d’un abruti on a tendance à paraitre plus intelligent qu’on ne l’est vraiment.

La question posée en titre vaut aussi pour nous: Le fait de paraître a-t-il éliminé la notion d’être noyée dans des wagons d’outils de communication ?

Quand le point de départ ne laisse pas présager d’une arrivée, l’angoisse monte. Alors, chez nous, « je pense donc je suis », c’est dépassé, place dorénavant  à « Je communique donc je nique ». Ça n’est pas un grand changement, juste une question d’habitude à prendre.

 

Par Thierry Rocher

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