Allez les boeufs
Par Christophe Sibille , le 14 juin 2016

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Bon, les bonnes nouvelles, c’est quand, exactement ?
Par moments, je serais presque jaloux des défoncés à la boule de cuir, qui jouissent de l’aptitude de se précipiter pour hurler de joie dans ma rue dès que ce doudou sphérique de notre société contemporaine a réussi à franchir l’intervalle entre deux poteaux situés pile poil face à onze autre drogués vêtus de la même couleur qu’eux.
Poteaux qui s’en branlent d’ailleurs autant que moi. Et que, heureusement, quelques autres.
Mais, quand même, se vanter d’être bleu, est-ce bien raisonnable ?
Notre Najax W.C. Nationale, elle, a largement franchi les limites de cette chromophilie un peu particulière.
On a beaucoup parlé de son action, (qui consiste, on le rappelle, à débarrasser consciencieusement notre école républicaine  de toute trace de savoirs, d’intelligence, et de culture, ce qui lui vaut ce surnom amplement mérité). A coups de décrets, de réformes, de financement des décrocheurs, et de toutes sortes de déclarations qui visent à donner de l’importance aux élucubrations de pédagogols confortablement installés dans les fauteuils en cuir payés avec les impôts des profs qui bossent. Et d’autant plus certains de savoir comment enseigner qu’ils n’ont jamais foutu les pieds dans une classe. Depuis le baccalauréat, qu’ils ont obtenu, quelquefois brillamment, grâce à l’école qu’ils s’appliquent à démolir.
Mais, aujourd’hui, je voudrais m’attarder sur un « tweet » qu’elle a balancé hier. Najax. Tweet qui dit exactement ceci :
« en ce début d’#Euro 2016, c’est la génération 1998 qui s’apprête à passer le bac ; coïncidence ? Je ne crois pas ! #Allez les bleus ».
Pour ceux qui, (et je ne les en blâmerais pas), ne me croiraient pas, ça date du 10 juin à 19h59. Vous pouvez vérifier.
Mais, non de dieu de bon sang, qu’est-ce que ça veut dire ?
Que tous les futurs bacheliers sont en terminale ?
Qu’il faut jouer au foot pour avoir le bac ?
Qu’il faut baiser plus pour faire plus de supporteurs ?
Qu’il faut baiser moins pour réviser plus ?
Que tous les gagnants du loto ont tenté leur chance ?

-Sarko : Vous voulez vraiment savoir qu’est-ce que ça veut dire ? Hé ben, j’vais vous l’dire, Christophe Sibille. Ca veut dire que la gauche ne sait plus à quel nichon se vouer, alors, elle se raccroche à ceux du sport ! Car vous connaissez la devise ?
-Moi : Laquelle, ô roi de la montée en danseuse dans la côte de beauf ?
-Sarko : Un esprit sain dans un cornichon ! Et je vous rappellerai que le bleu, c’est quand même la couleur de nous, à L.R. ! Car, je le répète, la couleur des socialos, c’est le quoi ? Hein ?
-Moi : Heu, mon cher empereur des Alpes et du périnée, c’est aussi celle de la Reine me Pine !
-Sarko : Jamais je ne fraierai avec le Front National !
-Moi : C’est parce que vous profitez de son absence médiatique pour la remplacer ?
-Sarko : Christophe Sibille, François Hollande …
-Moi : Merci de la comparaison …
-Sarko : … a été élu en mentant aux français. Quand on ment, c’est beaucoup plus facile d’être élu !
-Moi : Oui, je fais confiance à l’avis d’un spécialiste ! Vous dîtes ça pour vous persuader que vous avez une chance en 2017 ?
-Sarko : J’ai toujours dit la vérité à mes compatriotes, que j’aime et chéris.
-Moi : Comme, par exemple, quand vous louez la souveraineté du peuple sur les élites ?
-Sarko : Oui, et je l’ai toujours dit !
-Moi : Même quand pour voter le traité de Lisbonne, en 2007 ? Traité qui reprend quasiment à la phrase près celui de 2005, soutenu par les élites et rejeté par la volonté populaire ?
-Sarko : C’est un mauvais exemple, là ! Vous en avez d’autres ?
-Moi : Oui, ô brillant confé-rentier. Quand vous vous insurgez contre le laxisme judiciaire du gouvernement de gau … socialiste, pardon, ça a failli m’échapper. Alors que vous aviez, à peine élu, voté la suppression de la double peine, décision la plus laxiste qui soit !
-Sarko : Oui, mais là, ça compte pas non plus ! C’était juste pour emmerder Jacques Chirac ! N’oubliez-pas une chose, Christophe Sibille ! Ce qui compte, c’est caresser l’électeur dans le sens du poil de la bête ! Lui dire ce qu’il veut entendre, et ce qu’il veut entendre, c’est que François Hollande est un menteur mollasson gras du bide, Alain Juppé un chauve qui pue, Bruno Lemaire un couillon, François Fillon une mémère. Le Français n’en peut plus de toute cette léthargie, il veut que ça bastonne, il veut être réveillé par de la niaque, de la baston, des hommes, du combat, du sang ! Il va y avoir de la viande collée aux vitres, c’est moi que j’vous l’dis !
-Moi : Alors, en football comme en politique, allez, les bleus !

par Christophe Sibille

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