Anti-système?
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

rodho-432-4Ô ma lectrice, il faut que je te fasse une confidence.
Mais rien que pour toi, hein?
Si j’apprends que d’autres ont été mis au courant, (oui, mis au courant comme Claude François, ha ha ha, franchement, tu pourrais te renouveler un peu, je sais pas, moi), je saurai que c’est toi.
Alors, voilà.
Je suis anti-système!
Si, si, je te jure!
Ben oui, comme tout le monde, quoi.
Mais pourquoi, t’étonneras-tu avec quelque raison, tu as fait l’ENA aussi?
Sciences-Po?
Tu as aussi été inspecteur des finances?
Tu as escroq… travaillé aussi dans une banque d’affaires, avant d’être nommé ministre de l’économie dans un gouvernement de gau … socialiste, pardon?
Et aussi, ministre de l’industrie et du numérique, pardon, j’avais oublié.
Tu n’es pas chef de parti? Que ce soit, d’ailleurs, un parti en marche ou un parti arrivé, (oui, j’aime beaucoup les oxymores. Occis mort, mot qui, au passage, se révèle être un pléonasme).
Tu es, toi aussi, invité trois jours sur deux dans un journal télévisé ou dans une émission en «prime time»?
Tu n’as rien fait de tout ça?
Et je suis sûr que, en plus, tu es absolument convaincu du bien-fondé qu’il y a à te crever la paillasse en mettant une croix sur tes parties de tennis avec tes potes, de boules avec ta gonzesse, de croquet avec tes enfants, (qui, d’ailleurs, t’envoient chier à chaque fois que tu leur en proposes une parce qu’ils préfèrent se durillonner les pouces à massacrer l’orthographe sur le smartphone que tu as fini par accepter de leur payer pour qu’ils arrêtent de te faire chier?)
Tout ça pour remplacer ton Marcel par un trois pièces?

(Sarko): Christophe Sibille, je suis d’accord avec vous! Ce n’est pas vraiment anti-système, de trimballer sa mère partout où on va!
Moi: Oh mon sans voix qui s’envoie la sans voix, que faites-vous ici? Je vous croyais faisant enfin partie du régime des partis?
Sarko: Non, je suis encore là! Et vous savez pourquoi?
Moi: Non! Dîtes-moi?
Sarko:Parce qu’au pays des aveugles, les sourds ont toujours le dernier mot!
Moi: Ca veut dire quoi?
Sarko: Rien du tout! C’est précisément pour ça que j’ai décidé d’en faire mon slogan de campagne. Comme les électeurs ne savent pas ce que ça veut dire, ils se diront que je suis vachement intelligent, et ils voteront pour moi! Un peu comme tous ces bobos gavés de quinoa biologique qui vont baver à la FIAC devant des étrons chefdoeuvrisés à cent-mille boules!
Moi: Quel slogan de quelle campagne? Je vous rappelle aimablement que vous vous êtes fait éjecter de la primaire!
Sarko: Quelle primaire? C’est le 23 avril, le premier tour, non?
Moi: Ben, la primaire L.R. D’andouilles, dont vous vous êtes fait éjecter dimanche dernier dès le premier tour!
Sarko: Ah bon? Il y avait une primaire?
Moi: Ben oui! Vous êtes aller y voter, et en bousculant tout le monde pour ne pas faire la queue!
Sarko: Mince! J’étais certain que c’était un gueuleton à la cantine de la permanence «Les Républicains», et j’ai foncé pour être sûr d’avoir ma deuxième ration de rab de frites! Ces pauvres, ça ne pensent qu’à eux, de pire en pire! C’est ça, l’habitude de la gauche! Vous proposez: «ça» à vos concitoyens, hé ben, ils refusent de vous le laisser!
Moi: Oh, vous savez, je m’en tape! Moi, la seule certitude que j’ai concernant ce premier tour des primaires, c’est d’avoir économisé deux Euros!
Sarko: Et pour le deuxième?
Moi: Pareil!
Sarko: C’est malin!
Mais, comme j’ai paumé, j’ai décidé de me retirer de la vie politique, au moins jusqu’au 23 avril prochain, et de me recycler dans la chanson.
Je peux?

(Musique des «amoureux des bancs publics», de Georges Brassens).

Les gens qui pour les primaires
Les primaires de L.R.
Les yeux remplis d’espoir,
Ont fait partie des votants, oui, c’était important,
Ils se sont bien fait niquer
Fait niquer en beauté
Une fois dans l’isoloir,
Pour parler poliment, ils ont voté comme des glands,

Trompés par les sales baveux du service public,
Vice public, vice public,
Qui osent parler des histoires de fric, (Des)
talonnettes honnêtes,
Les journaleux tous pourris du service public
Vice public, vice public,
Un jour, je leur couperai la chique,
Tous ces salopards, je les nique!

par Christophe Sibille

sibille-by-rodho

# [Les derniers articles de Christophe Sibille]

La une de Charlie