Vous avez dit… Décadence ?
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

Sortant de l’élection présidentielle,  et avant d’être replongé,  malgré moi,  dans la dramaturgie des Législatives, quelques jours à la campagne m’ont donné envie de faire une pause dans l’écriture pour me consacrer à « la pensée intelligente « . Je vais donc « m’abriter » derrière le raisonnement,  parfois difficile à saisir mais ô combien pertinent de quelqu’un que j’admire: Michel Onfray.
Je vous livre un extrait de l’introduction à « Décadence  » (publié chez Flammarion) ,  une réflexion sur la philosophie de l’Histoire qui me semble être en raisonnance avec l’actualité du moment.

«La décadence est un fait.  Mais il existe une exploitation politique de ce fait.  Elle s’avère toujours dommageable.  L’optimiste dira qu’il suffit d’un homme providentiel pour inverser la vapeur decadentiste.  D’un homme providentiel ou d’une perspective messianique: les marxismes et les fascismes,  y compris le national – socialisme,  sont des optimismes car ils affirment qu’il suffit d’agir dans un sens pour obtenir l’inversion de la courbe entropie. L’islamisme entre dans cette catégorie des politiques optimistes qui escomptent un avenir radieux si l’on applique leur plan.  Vivre selon l’ordre de la charia effacerait tout ce qui est présenté comme décadent.  Marxistes,  leninistes,  maoïstes,  castristes,  fascistes,  vichystes,  nazis,  islamistes parlent de régénération,  d’homme nouveau,  de renaissance,  ils croient que le monde pourrait être autre que ce qu’il est, autrement dit,  meilleur,  prospère,  florissant,  d’une certaine manière: édénique.
Le sang n’est pas compté dans ce délire de régénération par le prolétariat, la nation,  la race,  le djihad. Cet optimisme se double d’hécatombes sans nom et d’un échec systématique de leurs projets dans l’histoire.

Le pessimiste dira qu’il n’y a rien à faire,  que c’est ainsi,  que c’est dans l’ordre du monde,  mais qu’il faut une forte digue pour retenir cette marée d’eau sale.  Nature humaine pour les laïcs,  péché originel pour les chrétiens,  pulsion de mort pour les freudiens,  tous communient dans la croyance en un régime fort pour contenir la violence qui ne peut pas ne pas être. (…)

Le pessimiste se fait parfois optimiste quand il se déclare réactionnaire autrement dit,  au sens étymologique,  quand il souhaite restaurer un ordre ancien. L’optimisme veut améliorer le présent avec le futur ; le pessimiste veut la même chose,  mais avec le passé.  L’un promet le paradis avec le progrès ; l’autre avec le regrès.  Le premier attend le salut de l’avenir parce qu’il croit que tout s’arrange avec ses recettes progressistes ; le second estime que,  puisque c’était mieux avant,  il faut revenir aux fondamentaux anciens.  Or, le présent ne se fait ni avec le futur de l’optimiste ni avec le passé du pessimiste mais avec l’instant du tragique

Voilà ! La suite se lit ou s’écrit,  en fonction du courage et de l’abnégation du moment.  Enfin,  comme me disait mon ami,  le célèbre philosophe chinois Qi Shi Tsu: « quand on préfère les questions aux réponses,  la philosophie,  c’est bien. »

PS: « Les pensées de Qi Shi Tsu » (avec des dessins de Jépida), en allant sur la page Facebook Qi Shi Tsu. Sans doute que certains de ces futurs lecteurs se laisseront séduire par les deux tee-shirts Qi Shi Tsu, la tenue appropriée pour aller voter les 11 et 18 juin.

Par Thierry Rocher

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