Beaufitude syndicale!
Par Thierry Rocher , le 31 mai 2016

Thierry ROCHER renvoie la censure

L’imagination dans l’action politique ne progresse pas, mais alors, pas du tout ! Quand on est de gauche, on n’a pas forcément d’admiration pour le tandem Hollande-Valls. Bien sûr ! Mais à voir le torrent de conneries déversé sur eux, j’aurais envie de pousser la provocation à organiser un comité de soutien. La loi travail a été mal amenée, mal négociée et a débouché sur une impasse, les plus éminents commentateurs nous le répètent tous les jours.
Tout le monde veut une réforme mais, comme toujours, sans toucher à ses acquis personnels en pensant que les autres sont des privilégiés. Mais pourquoi le voisin a des avantages et pas moi ?
Il y a une situation dérisoire dans le combat populaire actuel, dans le contexte économique mondialisé et même s’il est juste, légitime de protéger les travailleurs, le côté français, dernier village gaulois qui résiste à la marche libérale est sympathique, vivifiant mais le résultat final semble inexorable.
On peut freiner la progression inhumaine du système à broyer l’être humain mais la course est lancée; freiner comme ralentir l’ubérisation de la société, comme empêcher les chauffeurs Uber de tuer trop rapidement les taxis traditionnels, par exemple.
Partant de ce constat, il faut lutter, évidemment pour se défendre, pour défendre nos enfants dans la précarité. Mais la lutte ne doit jamais se dédouaner de la lucidité. Et l’action dans tout ça?
La clairvoyance devrait être de mise par souci d’efficacité et c’est tout le contraire qui se produit.
Une nouvelle fois, la contestation et l’action se sont vautrées dans la beaufitude, témoin d’un autre âge.
Martinez qui s’est retrouvé à la tête de la CGT après les déboires de Thierry Lepaon et suite à des luttes intestines  dignes d’une cour de récréation de primaire, a compris que la seule voie pour exister était ce qu’on appelle radicalisation ou ligne dure; s’opposer mais pas négocier ou faire avancer les choses comme la CFDT.
Ah la CFDT ! le mal absolu pour les sbires de Martinez, pas parce que les disciples de Berger sont des interlocuteurs écoutés du gouvernement mais parce qu’ils menacent la suprématie ancestrale de la CGT dans le monde syndical.
Eh oui, Martinez, le jour approche où la CGT ne sera plus numéro un, dépassée par la CFDT, le gâteau va diminuer. Alors, la seule stratégie de la CGT, c’est l’opposition pure et dure, la référence au grand soir avec un petit coup d’Internationale pour ressouder les mangeurs de merguez avec des actions d’une autre époque, preuve de l’absence totale d’imagination de la bande.
J’ai déjà écrit sur la primauté de la non-violence dans la désobéissance civile qui permettrait d’éviter de se tromper de cible. Le respect de la personne est primordial à mes yeux surtout si le manque de respect de ses semblables (grève de transport type années 50, organisation de pénurie de carburant mode années 70 etc …) n’a aucune efficacité en fin de compte et n’a pour effet que d’affaiblir les plus faibles.
Je ne vais pas revenir sur les modes d’action de désobéissance civile capables d’ébranler le pouvoir  et le système sans s’attaquer aux petits, aux pauvres, mais il y a urgence à changer de cible, en clair, arrêter d’être con.
Evidemment, l’action à l’ancienne avec tous les clichés éculés fait ressortir du bois un Pierre Laurent qui croit renaître politiquement avec un début d’érection. J’ai beaucoup aimé quand ce garant de la pensée réfrigérée a défendu la CGT du livre (anomalie historique!) qui a bloqué la parution de tous les journaux, sauf « L’Humanité ». La justification de Laurent c’est que « ça s’est déjà fait! » Quand j’entends Pierre Laurent, j’ai envie qu’il soit condamné à la peine maximale, à savoir qu’il ait un vrai boulot et soit obligé de travailler. Quel exemple pour la liberté d’expression !
Je le répète, une nouvelle fois, quand on veut défendre les acquis du peuple, on se doit d’être populaire dans ses actions. Question de bon sens et d’intelligence !
La pseudo gauche me fait autant gerber que ceux qui m’expliquent que les casseurs, pardon, les autonomes, ont une vision politique en cassant des vitrines, des flics et leurs bagnoles. C’est pathétique de connerie !
Si l’on veut s’attaquer au pouvoir, on s’attaque aux donneurs d’ordres pas aux exécutants! En clair, attaquez précisément ceux qui dirigent les gouvernements européens: les multinationales installées à La Défense, Bruxelles, Luxembourg, Genève, Dublin etc …
Les casseurs sont des casseurs et leur vision politique reste au degré zéro. Et je ne parle même pas de la notion de la démocratie qui les anime. La nostalgie des grandes heures passées avec les bombes qui pètent doit les faire bander, le soir venu.
Ah si leurs parents avaient fait appel au psy quand ils étaient adolescents, ils seraient plus heureux aujourd’hui. Et quand on est moins frustré, voire même épanoui, on fait chier moins de monde.
Après avoir parlé de Martinez, je terminerai avec un autre moustachu qui lui est toujours vivant et a du talent, l’ami Georges qui chantait:  » Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ! »

Par Thierry Rocher

Deux prochains rendez-vous: lundi 6 juin, dernière Revue de Presse de Paris Première de la saison et jeudi 9 juin: « A boire et à manger » à la Royale Factory de Versailles

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