Blasphémez-vous les uns les autres
Par Myriam , le 4 février 2020

Les humeurs de MYRIAM

Pour faire plus fort que Dati à la Justice, fallait quand même prendre date. C’est malheureusement chose faite avec Nicole Belloubet qui, on le rappelle est Ministre de la Justice, agrégée de droit public, ancien membre du Conseil Constitutionnel, et actuelle Garde de Sceaux. Ou des sots, ou des sottes, on ne sait plus bien.

En moins d’un mois, elle aura réussi l’exploit :

– de mettre dans une colère plus noire que leur robe l’ensemble des avocats , en tentant d’imposer à marche forcée une réforme de leur retraite qui aura pour conséquence de faire mettre la clé sous la porte aux plus petits cabinets, généralement ceux-là mêmes qui font du droit des personnes et s’occupent donc des justiciables les moins fortunés ;

– de mettre à mal le principe de séparation des pouvoirs ;

– d’ imposer dans l’urgence et sans concertation avec les professionnels concernés, une reforme de la carte judiciaire et une refonte absurde et d’une infinie complexité de l’ensemble de la procédure civile ;

– mais encore, et excusez du peu, d’afficher publiquement une position juridiquement inepte et politiquement aussi racoleuse que dangereuse, revenant à dire que le délit de blasphème existerait toujours, puisque, selon ses dires « L’insulte à la religion [c’] est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave ».

Ah. Tiens donc. Il semblait pourtant que la notion de blasphème, supprimée par la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 avant d’être définitivement supprimée par la loi de 1881 sur la liberté de la presse, n’était plus pénalement répréhensible

Madame la Ministre aurait-elle oublié la liberté de conscience et la liberté d’expression, en ce qu’elle inclut la liberté de décrier les religions ? Que nenni. De manière subtile, il ne d’agit ni plus ni moins que de nous faire croire qu’une critique de cette nature serait illicite.

Mais heureusement, le soutien à la liberté d’expression peut émaner des personnes les plus inattendues !

Comme l’a proféré Booba sur Twitter,  « La liberté d’expression, c’est pour les cons ».

Et en un sens, il a raison : la liberté d’expression ce n’est pas, ou pas que, pour les gens respectueux, polis, modérés et prudents. La liberté d’expression est là pour protéger ceux qui s’exposent, ceux qu’on qualifie de fous, de blasphémateurs, de nuisances, de cons. Simplement parce que, parfois, ce sont les fous qui ont raison, les détestables, les indécents, les empêcheurs de tourner en rond, que ce soit autour de la Kaaba ou d’autre chose. Leur interdire de s’exprimer, c’est se condamner à la stagnation.

Merci donc à toi Booba, de m’avoir rappelé que j’avais notamment le droit d’exprimer que ta musique, c’est vraiment de la merde.

Par Myriam

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