Bon âne et meilleurs bœufs
Par Christophe Sibille , le 12 janvier 2016

Christophe SIBILLE l’homme au micro

J’ai tellement de vœux à souhaiter que je ne sais pas par qui commencer !
Allez, restons traditionnels ! A tout seigneur, tout honneur ! Notre président de la République. Qui, vu la rondeur que ses courbes semblent avoir pris ces derniers mois, semblait plus, ce 31 décembre au soir s’apprêter à les rendre, ces honneurs, à son cuisinier de l’Elysée qu’à son coach sportif.
Bon, on avait dit : « pas le physique !!!
-Pourquoi ?
-Parce que !!
-Ah, bon ? ».
Bon, d’accord !!
Son ampleur nous a donc quand-même asséné, au milieu de ces quelques phrases d’un intérêt inversement proportionnel aux heures de dissection dont elles bénéficièrent postérieurement sur les media, je le cite : « je raccompagnerai les migrants dans la dignité ».
Futur de l’indicatif qui sous entend vraisemblablement que le Falcon avec lequel il a soigné son bilan carbone pour aller voter à Tulle, (en pleine COP 21) est présentement immobilisé au garage !
Une bonne rentrée aussi à ma radio préférée, France-inter.
Préférée, en « deuz », après celle d’où je vous casse les esgourdes tous les jeudis, à 19h14 précises.
France-inter qui a commencé moyennement l’année ! Bon, on sait que l’alcool se dissipe dans le sang à raison de dix pour cent par heure, et que, sans aller jusqu’à nous imposer Frédéric Beigbeider, ça ne doit pas être facile de dégoter un invité à peu près lucide pour le 7/9, mais, quand même, Jacques Attali ! Choisir pour nous souhaiter la bonne année quelqu’un qui nous l’a prédite largement pire que la précédente, c’est aussi rassurant que  nommer DSK surveillant des douches dans un internat de lycée de jeunes filles !
Et hop, deux « Doliprane » pour oublier Attali, et un demi-litre de jus de citron pour mon foie !
D’autant que, dans l’émission consécutive, pérora l’inénarrable Didier Varrod. Qui, à l’animateur lui demandant s’il a déjà joué d’un instrument, répondit : « jamais ». Attention, je parle bien d’un instrument de musique ! Parce que, question maestria dans le maniement de son manche quand il parle de pitoyable variétoche française, (double pléonasme), à côté de notre Didi, Jimmy Hendrix, c’est  Bob Dylan !
Petit exemple : « c’est par la pratique musicale amateur qu’on connecte avec l’émergence ».
Un doliprane supplémentaire. Et un valium pour ne pas exploser mon transistor. Si vous avez compris, écrivez-moi !
Et, pour terminer tous ces souhaits, une excellente année à la laïcité. Qui s’apprête à peut-être vivre, encore pour quelque temps, des lendemains qui déchantent. J’en veux pour preuve la lecture pour le moins de traviole qu’ont eue pas mal d’amis, des réseaux sociaux ou des vrais, de la couverture du numéro de nouvel an de « Charlie ». Notamment ceux qui ont cru voir dans le personnage central qui y figure une stigmatisation du dieu des chrétiens.
Donc, ô ma lectrice, (et excuse-moi si je suis sérieux cinq minutes en ne parlant ni de fesse, ni des trous du cul de la sphère politique, je vais me permettre un petit rappel :
-l’existence de ce dieu, et de tous les autres, est une hypothèse non vérifiée. Intégrer bien à fond, mmmmh, ça m’excite, cette donnée fondamentale constitue d’ailleurs une excellente base à ce qu’on appelle : « la laïcité ».
Il ne peut donc pas figurer de manière objective et lisible ailleurs que sur les vitraux, et dans les motifs du papier peint de la chambre de Christine Boutin.
Et en tous cas pas sur la « Une » de Charlie, bordel de dieu !
« Couv. » qui s’élève simplement contre la prégnance de plus en plus insupportable du religieux sous toutes ses formes dans la vie publique. En pointant du doigt sa responsabilité dans la sauvagerie qui rendra peut-être deux-mille seize pire que sa grande sœur.
Allez, pour terminer, hommage à la classe politique, médiatique, religieuse. Et à Michel Delpech.
Oui, je n’ai pas réussi à trouver de musique de Pierre Boulez qui se prêtait au calage des quelques mots qui vont suivre :(Sur la musique de « pour un flirt » :)« Bourrins, pleutres, ah, les couards,
Et on s’étonne si ça foire,
Combien d’meurtres à prévoir ?

Des mauvais, des grigous,
Des faquins, des ventres mous,
Ca fait peur, quelle histoire ! »

Alors, peut-on rire de tout ?
Ben non, évidemment, non.
-On DOIT rire de tout. »

par Christophe Sibille

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