Une bonne chose défaite
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Bon, ben voilà une bonne chose de faîte, l’extrême-Blonde n’est pas Présidente de la République et son score est moins triomphant que ce qu’on pouvait craindre. Je vais être bon, aimable et généreux et je ne vais pas en remettre une couche sur les résistants à la crème d’anchois qui prirent courageusement le maquis devant leur clavier, bien décidés à cliquer avec fermeté et rigueur pour lutter contre le fascisme et le banquisme. Vous ne savez pas ce qu’est le banquisme ? C’est pourtant super dangereux ! C’est le fait d’avoir travaillé dans une banque avant d’entrer en politique, ce qui fait de l’impétrant un chien courant du capitalisme nord-t-américain et un affameur des pauvres. Pas moins. Ce à quoi s’opposent les hardis adversaires de la première heure au sinistre quinquennat Macron qui s’annonce déjà comme ennemi du Peuple et soutien du Mondialisme. Macron qui va buter des chatons et… Bon, d’accord, j’arrête, je ne me moque plus de ceux qui mirent leur susceptibilité de Gôche politique avant leurs valeurs de Gauche humaniste.

Mais j’en reviens au fondement de la chose du truc de ce papier, une bonne chose de faîte. Battre Le Pen est toujours une bonne chose. Même avec le masque de Macron. Même, s’il avait fallu et en me collant des grands coups de pieds au cul, avec le chapeau surdimensionné, vu l’égo, de Mélenchon. Battre Le Pen, ce n’est pas qu’une anecdote, c’est se rappeler qu’une démocratie se fonde sur des principes et que le premier de ceux-ci, c’est de ne pas jouer au con avec les idées les plus vomitives et de ne pas pratiquer la roulette russe avec la tête de quelqu’un d’autre. Celles des immigrés et de leurs descendants, dans le cas présent. Alors, d’accord, il y a assez peu de chances que l’aimable et jeune et brillant et élégant Emmanuel « Cul-bordé-de-nouilles » Macron se transforme en Allende ou en Chavez – ce qui nous évitera l’Alliance Bolivarienne, et ça, en tant que Nancéien, j’avoue, ça m’arrange, je n’ai aucun goût pour la flûte de Pan ni pour le pabellón criollo, je préfère le rock’n’roll et les petits pâtés lorrains – et se mette à distribuer les sous de l’État aux plus pauvres, tout en creusant la dette et en chantant « Heigh-Ho, heigh-ho, on rentre du boulot ». C’est sûr, il a nettement plus de chance de faire du Blair que du Blum, il va probablement s’attaquer au Code du Travail à la râpe à fromage voire à la tronçonneuse, il risque de tenter de ramener l’âge de la retraite à celui de Mathusalem et il n’est pas impossible qu’il essaye d’ajouter 15% de taxes à Liberté, Égalité, Fraternité. C’est très très possible. C’est même probable.

Mais ce n’est pas sûr. On ne sait jamais, sur un malentendu, avec beaucoup de députés de Gauche et un peu de subtilité, il arriverait même à nous surprendre, le nouvel occupant de l’Élysée. Tiens, pour tout dire, on pourrait être déçus en bien, comme disent les Suisses, tout surpris qu’on serait de voir qu’il fait attention à la solidarité nationale et qu’il ne découpe pas les services publics à la hache. C’est vrai que c’est moins probable qu’une insolation en Bretagne ou qu’une comédie vraiment marrante dans le palmarès du Festival de Cannes, mais sait-on jamais, le pire n’est pas toujours avéré.

Sauf avec Le Pen. Parce que les jolis arguments ci-dessus, ça marche avec Macron, pas avec une candidate qui classe les Français en peuples, ethnies, origines, religions, sexes. Pas dans les mots d’une dirigeante pour qui étranger est un mot grossier et réfugié un mensonge. Pas pour une héritière prête à se jeter dans les bras assassins de Poutine et d’Assad. Avec Le Pen, le pire n’est jamais envisageable, il est certain.

Alors, quand bientôt vous descendrez dans la rue pour protester avec énergie et conviction contre la politique libérale-(pas du tout)sociale de Macron, gardez ça bien en tête et défilez avec un gentil sourire, ce sera une bonne chose de faîte.

Moi, je ne défile jamais, ça abime mes Berlutti.

par Naqdimon Weil

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