Bruxelles vs Kiev
Par Christophe Sibille , le 19 mars 2019

Christophe SIBILLE et sa lectrice

 

Ma chère lectrice, te rappelles-tu ma chronique d’il y a trois semaines, dans laquelle je t’entretenais de ma surprise de constater qui était l’invitée de l’émission emblématique de la culture de ma radio préférée?
Donc, rappel, Boomerang, d’Augustin Trapenard. Avec Aya Yakamura. Une chanteuse, (tu les vois les guillemets, et tu les sens aussi, mmmmmmmmh), dont les textes, s’ils avaient été commis par ma fille qui est actuellement en CM2, dans le cadre d’un exercice pratique d’ORL, lui aurait vraisemblablement valu de ma part une privation de crêpes et une grosse paire de baffes au Nutella… Pardon, j’ai inversion, c’est l’émossé… Mais c’est le geste qui compte.
Et paf, ma fille. (Oui, apprends, pour ta gouverne, qu’à l’école, depuis longtemps, on ne dit plus «apprendre le français». On dit: faire de «l’ORL» qui, ici, veut dire «observation réfléchie de la langue». (Car oui, oui, dans l’éduc nat, on est devenu depuis quelques décennies aussi simples que modernes.) On rappelle que le refrain de cette chanson disait texto: «t’es la plus bonne, bonne, bonne, de mes copines». Les musiques relevaient d’ailleurs aussi de l’ORL. Mais le vrai, cette fois.

Tout ça pour te dire qu’aujourd’hui, malgré le fait que l’envie ne t’en manque pas, (même si le sujet doit être traité, et parce que je sais que ça sera beaucoup mieux fait par d’autres), je ne te parlerai pas de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh. Qui a reçu en 2012 le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Qui, libérée en 2013 après plusieurs années de détention, est à nouveau incarcérée depuis le 13 juin 2018, pour s’être opposée publiquement au port obligatoire du voile et avoir pris la défense dans les médias de l’une de ses clientes qui avait ôté son foulard en public. Et qui encourt pour ceci une peine de prison de trente-trois ans, et 148 coups de fouet. Ceci-dit, apparemment, mes copines préférées Rokhaya Diallo et Caroline de Haas en parlent encore moins que moi. Mais où sont-elles donc? Peut-être qu’elles ont « réu » pour exiger la coloration en noir des garnitures périodiques pour les bourgeoises africaines nées en France, (ou pour exiger leur droit à porter le voile comme bon semble à leur mari ???)
Et Lilia Salmi, membre, bien que femme, du conseil du parti socialiste, qui avait défrayé la chronique avec sa très fameuse réplique tweetée «bois mes règles», n’aie décidé de se fende d’un toast salvateur pour sa libération qu’on espère proche?
Moi, je préfère te dire qu’il y a une pétition en ligne pour qu’elle sorte le plus vite possible.

«Change.org: libérez l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh !»

Pour en revenir à «notre» France-inter, au sujet de laquelle je te prépare un debriefing approfondi aussi bien qu’en toute mauvaise foi de la grille des programmes, j’ai justement entendu ce jeudi dernier matin l’invitée du jour de notre ami Trapenard. Aloise sauvage. J’ai même allumé mon poste juste au moment où elle chantait: «Aphone à force d’être à fond». Trop balèse, hein? C’est d’ailleurs ce qu’elle a dû penser en toute modestie de sa formule, (même si, en ce qui la concerne, ce verbe du premier groupe peut sembler légèrement ambitieux), puisqu’elle la répète huit fois de suite. Ce qu’Aya Nakamura, elle, ne faisait que trois fois avec: «t’es la plus bonne, bonne, de mes copines». Je sais que tu ne t’en lasses pas (faute que tu m’enlaces), alors, je te le rappelle.

J’ai donc éteint mon poste. Juste après avoir entendu Augustin nous annoncer fièrement que notre Aloïse, (enfin, «votre» Aloïse, je vous la laisse) était une découverte de votre Didier Varrod, dont ce dernier était très fier. Donc tout ceci est parfaitement logique. «C’t’en ordre», comme on dit chez nos voisins d’outre-Jura avec le musical accent qui les caractérise.

Et, pour terminer en continuant de dire ce que je pense de la «playlist» d’Inter, amie lectrice, as-tu écouté la chanson: «Kiev», chantée par Vanessa Paradis? Un texte du niveau de ceux de cette autre «artiste», (les guillemets y sont de nouveau), bombardée comme icône culturelle sur ces ondes par le même Varrod à la fin des années 2010. Alors que, dans les années 80, ses attentats acoustiques se bornaient à être vomis sur les antennes purement commerciales – ex radios libres.

Et une musique «composée», (tiens, prends encore ces guillemets dans ta face) par celui qui a fait ce texte. Samuel Benchetrit, son compagnon. Qui avait donc le choix dans la vocation, puisqu’il aurait aussi bien fait fortune en ouvrant une chaîne de stations d’épuration. Tellement qu’y pompe bien.

Le petit salaud, il a volé Dick Annegarn. Et une de mes chansons préférées du monde. «Bruxelles». De rage, j’en ai fait une publi «facebook», au sujet de laquelle j’ai eu l’immense honneur de voir le maître du débusquage d’escroqueries musicales, j’ai nommé Serge Llado, faire un montage;

Amie lectrice, va dont écouter ça sur «youtube». Toi que je sais être si souvent mon avocate, je te fais juge.
Ça te changera.
Et ça me vengera.

par Christophe Sibille

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