Ça me gave ? Non, ça me gonfle
Par Christophe Sibille , le 4 juin 2015

Christophe SIBILLE l’homme au micro

Nous approchons des jours que certains nomment : « beaux ». Et cependant ou d’aucuns, et surtout d’aucunes, commencent à blêmir à l’idée, pourtant tellement jouissive, d’exposer à l’astre carcinomogène les quelques dizaines de centimètres carrés de peau que la rudesse du climat hivernal, plus que la pudeur, nous enjoint de bien planquer pendant de trop nombreux mois.O, ma lectrice, je ne sais pas où, toi tu en es, avec ce léger problème, qui peut ternir le plaisir que tout un chacun peut, que tout un chacun doit éprouver en s’enfilant entre les deux maxillaires des denrées alimentaires pourtant parfois d’autant plus haïssables qu’elles sont succulentes.Je ne sais pas si tu fais partie de celles qui commencent à culpabiliser autant que pouvait baver le chien de Pavlov dès que s’annonce, apostolique, l’heure de l’apéro.

Ni si tu prends cinq-cents grammes dès que tu regardes une pub pour « Quick ». Oui, j’ai dit « Quick », on dit tout le temps « Macdo », mais « Quick », c’est tout aussi dégueu, il n’y a aucune raison.

Ni si tu réussis à fondre de douze kilos après avoir réussi à ne bouffer que des bananes pendant trois semaines, kilos que tu vas reprendre allègrement et « fois trois » dès que ton palais croisera une  tranche de saucisson.

Mais peut-être que, cas nettement moins fréquent, tu te trouves trop mince, et tu essaies désespérément de prendre quelques hectogrammes en enfilant une choucroute entre ton cassoulet et ton bœuf bourguignon ? Oui, car, en plus d’affoler les vrais esthètes avec ton corps de sirène, tu bouffes comme trois vaches!

Si tu te reconnais dans cette dernière description, tu es assez rare. Et je te déconseille formellement d’afficher ce genre de statut sur Fesse de book. En effet, tu risquerais un contrat sur ton corps de reine. Même, et surtout, par tes prétendues meilleures copines, tu sais, elles qui hésitent entre ne pas risquer de ressembler à Laurence Boccolini et être au bord du décès par inanition. Tout en ayant les deux. Plus un ulcère sur leur estomac dénutri à force de culpabiliser pour faire bonne mesure … Bref.

Tout ce préambule pour dire que je reste persuadé qu’il y a moyen, pour tout un chacun, de transformer chaque repas en une réelle fête des papilles, voire même des mamilles, sans excès de quoi que ce soit. Et, qui plus est, en gardant les idées à peu près claires sans avoir besoin d’une sieste de trois heures. Et sans finir par ressembler, à partir d’un certain âge, à une mini tour de Pise avec ses dépendances qui pendouillent de partout.

Comment, me diras-tu, car je te sais curieuse !
Comment ? Je te donne ma solution, qui vaut ce qu’elle vaut. Je te préviens, c’est très con. Mais, pour moi, elle vaut.
Prête ? Prêt ?
Ben, en bouffant moins ! C’est pas compliqué, quand même !
Mais bouffer moins, c’est quoi ?
Hé ben, tout simplement, d’éviter entrée + plat + fromage + dessert !
C’est compliqué ?
Ben essaye ! Juste un plat. Abondant, comme tu veux. Tu t’arrêtes quand tu n’as plus faim. Un peu de viande, pas mal de légumes, du riz, des pommes de terre, des lentilles. Longuement mijoté, à basse température, dans de la graisse de canard ou d’oie, avec des oignons.

Oui, prendre un peu le temps de cuisiner tout ça fait, pour moi, partie de la joie de bien bouffer.

Et pas forcément « tout bio ». Il vaut mieux un « circuit court » » pas totalement irréprochable que du biologique qui a nécessité quelques hectolitres d’hydrocarbures pour parvenir jusqu’à ton assiette.

Je sais, tu es en train de te dire : « mais de quoi il se mêle, celui-là ? Je fais ce que je veux avec mon foie, bordel de merde ! ».

Ben ouais !! Moi aussi ! Mais j’ai bien le droit de proposer mes solutions, qui marchent ! Pour moi ! C’est ma chronique, merde ! Et on se calme !! Je voulais  juste aider !

Pour concluer, ceux qui se glorifient de se faire péter la panse trois fois par jour à coup de steaks de quatre cents grammes me gavent autant que ceux qui tentent de me culpabiliser en inondant facebook de vidéos de vaches broyées et de poussins décapités sans anesthésie. Ou l’inverse, de toute façon, je zappe.

Morale de l’histoire : bouffez tout ce que vous voulez où vous voulez quand vous voulez, mais interrogez-vous quand même sur l’omniprésence des expressions : « ça me gave », et « ça me gonfle ».

Putain, merde, j’ai l’impression d’avoir oublié de parler d’ un truc …

Non, pas de la nécessité et du plaisir de faire de l’exercice … Déjà que ma chronique va me brouiller avec les trois quarts de la rédaction, ça passerait pour de la basse provoc !!!

Ah, oui, le pinard ! Le pinard, nom de dieu ! Comme disait Cavanna : « on s’en fout qu’il soit bon, du moment qu’il n’est pas dégueulasse ».

Et qu’il y en ait plein.

par Christophe Sibille

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