Cap au Sud
Par Naqdimon Weil , le 21 juin 2016

Les valeurs de Mr NAQDIMON

Mr Naqdimon by Babouse

Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil et il fait beau.

Chers lecteurs, comme tous les ans à cette époque, voilà que se profilent déjà les départs vers les congés estivaux, période heureuse durant laquelle le vrai travailleur français va se ressourcer en jouant au PMU sur les plages de la Méditerranée, le bon cadre se rend en Normandie et l’entrepreneur s’en retourne à son domaine dans le Luberon. Pour ma part, refusant de tomber dans la facilité, dès que Gunther aura fini de charger ma vieille Bentley, je lui indiquerai la route du sud, et, après un passage hommage à l’Hôtel du Parc à Vichy où feu mon père démontra ses qualités d’homme d’état entre 1940 et 1944, nous obliquerons vers le Sud-est. Bien évidemment, ceux qui me font l’honneur de suivre avec régularité mes analyses pondérées de la société française imaginent aisément que ce n’est certes pas pour me rendre à Palavas-les-Flots, le 9-3 du bord de mer ou à St-Tropez, le café de Flore des marchands de cochons enrichis.

Si je lance ma vieille mécanique britannique sur la Nationale 7 – car je refuse de fréquenter les autoroutes envahies de pesants Teutons ou de dangereux Bataves – c’est pour me rendre à Monaco. Qu’on ne s’y trompe pas, ma rigide éducation familiale et mon solide sens de l’économie m’interdisent de fréquenter les casinos et autres lieux de débauche pour Texans en mal de dispendieux loisirs et je n’ai guère d’appétence pour les longs après-midi sur la plage du Larvotto, à l’ombre de la citadelle ni de plaisir à visiter l’épuisante kyrielle de poissons sous verre de l’aquarium local. Et ce n’est pas la gastronomie locale, bourratif mélange de socca niçoise et de cannelloni de Vintimille dans une odeur d’oignons frits, qui me fera me précipiter sur le Rocher. Non, si je transporte ma modeste personne vers le royaume des Grimaldi, c’est bien pour l’avenir de la France que je le fais.

En effet, je dois le confesser ici avec douleur, je suis très inquiet pour le futur de la Nation. Certes, nos savons tous que les molles mains criminelles des socialo-écologistes dirigent le char de l’état sur le chemin de la décadence, mais nous pouvions espérer que dès l’an prochain, au retour de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, tout serait rentré dans l’ordre. Mais, hélas, la guerre intestine au sein de la Droite et les allers-retours du candidat naturel de celle-ci me font prévoir la pire des catastrophes, un autre quinquennat solférinien. Et ça je ne puis le tolérer. Voilà pourquoi, je vais, après lui avoir prêté allégeance, demander à Son Altesse sérénissime Albert II, prince de Monaco de prendre le pouvoir en France. Au nom de la Nation et de la République. Car voilà un homme jeune, viril – sa descendance multiple parle pour lui -, sportif – du moins sur les pistes de bobsleigh – et internationalement respecté qui saura redonner son lustre à la chancelante réputation française quant au luxe et à l’élégance. Ayant fait, à la suite de son père, de Monte-Carlo, une des zones les plus financièrement attractives de la planète, je suis certain que l’héritier des Grimaldi saura parsemer l’hexagone de fructueux casinos dans lesquels Anglais, Allemands et Russes viendront dépenser l’argent qu’ils auront préalablement placé dans les banques françaises, devenues le fer de lance de la politique monétaire volontariste du plus grand paradis fiscal mondial.

Et si, au pire, son Altesse ne souscrit à ma pressante demande, au nom de l’humanité, il me sera toujours loisible de demander la nationalité monégasque, par prudence.

La semaine prochaine, nous n’aborderons aucun sujet, car il faut savoir laisser l’esprit se reposer.

Bonnes vacances!

par Mr Naqdimon

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