Caroline Fourest et l’éloge de Charlie
Par Anthony Casanova , le 5 mai 2015

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Anthony Casanova par Babouse
Caroline Fourest est la première des personnalités liées au journal Charlie-Hebdo à sortir un livre sur les attentats. Celui de Luz, Catharsis, paraîtra le 21 mai.

Les larmes et l’indignation, c’est très joli face caméra mais ça n’engage à rien, et Caroline le sait bien. Outre le fait de « pleurer » les morts, ce sont les attaques contre les « survivants » après leur numéro « Tout est pardonné » qui l’ont fait bondir. Entre ceux qui ne prennent pas la peine d’attendre que les cadavres soient froids pour leur cracher dessus, ceux qui se remettent à fabriquer de nouvelles cibles en se désolidarisant… et les fameux « je suis Charlie mais… ».

Caroline Fourest, dans son nouveau livre, fait un « Éloge au blasphème » qui est en soi un éloge à Charlie. En cinq parties : « Ils ne sont pas Charlie », « La véritable affaire des caricatures », « Les cibles du mot « islamophobie », « Autocensure à l’anglo-saxonne » et « Le blasphème n’est pas la haine », elle remet dans le contexte la situation du journal avant la publication des caricatures danoises, elle rappelle les accusations absurdes d’une « certaine » gauche de voir la critique d’une religion comme du racisme, et elle analyse les raisons qui poussent certaines personnalités à continuer le dénigrement de Charlie.

Autant vous le dire, ce livre n’a pas une virgule de trop. En écrivant cet éloge de ceux qui ont le courage de ne pas plier, cet éloge de son camarade Charb et des autres victimes de l’horreur et du fanatisme, on sent, malgré la rigueur journalistique, de l’exaspération et de la colère. Comment ne pas la comprendre, elle dont l’intégrité physique et constamment menacée sur tous les sites d’extrémistes ?

Le livre fut accompagné d’une polémique minable due à son passage dans une émission de France 2. Après avoir fini le livre, j’ai regardé le passage en question. Depuis, j’ai les nerfs en feu, et j’ai un mal fou à écrire cette chronique. Les reproches que l’on fait à cette femme qui reste en dépit des épreuves d’une dignité exemplaire, me font enrager.

Eh bien oui, bordel de Dieu, oui elle a raison de citer les noms, les associations et les partis politiques qui prennent Charlie avec des pincettes tout en se bouchant le nez ! Il y en a marre de ne jamais vouloir les confronter à leurs contradictions, et de rappeler les saloperies qu’ils profèrent depuis des années, les accusations fallacieuses et leur manière de cibler Charlie comme les chantres de « l’islamophobie ».

Caroline Fourest a certainement écrit la seule analyse valable sur les attentats. Un livre courageux et nécessaire qui nous éclaire sur le pourquoi du comment Charlie en est arrivé à être en première ligne, sur ceux qui ont participé à en faire une cible, et surtout sur la marche à suivre pour ne pas se résigner. « Éloge du blasphème », c’est l’éloge de ceux qui ne baissent pas les bras, de ceux qui ne sont pas près d’oublier le goût de la liberté.

par Anthony Casanova

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