«Cé vrémen trop durre»
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

«Je n’aurais jamais imaginé que Simone Signoret pour un Montand pareil!» (Albertur London.) Hé oui, chère lectrice, dernier papier dans ce dernier numéro du «Coq de Bruyères » de la saison …
Oui, je sais ce que tu vas me dire.
Je vais te manquer.
Mais, je te rassure, pas tant que toi!
Ah, les charmes de la période charnière entre le printemps et l’été!
Sa canicule, qui rit quand on l’emmerde, sa fête de la musique, soirée où il devient de plus en plus indispensable, à partir d’une certaine heure, de se réfugier au fond de la couette avec trois paires de «boules Quiès» enfoncées jusqu’au cervelet pour échapper au «D’J.add!» (Bon, je ne suis pas particulièrement fier de ce dernier jeu de mot, mais quand même, c’est abuser!).Oui, bon, d’accord, le guitarreux d’occasion qui sortait son ampli une fois par an pour faire chier ses voisins avec «smoke on the water» à en faire péter ses gamelles, c’était pas tellement orgastique non plus pour les tympans, je te le concède. Mais ça faisait quand même plein de boucan nettement moins loin.
Et ce n’était pas sponsorisé par une municipalité en mal d’emballement post-pubère.
Mais quand donc va t-on se décider, puisque c’est la mode de consulter le peuple, à initier un référendum pro-ouïe, (auquel, comme son nom l’indique, on votera positivement?)Tiens, justement, cette articulation printemps-été, c’est aussi la période du bac. Et, puisqu’on parle post-pubères et expression populaihaire, celle d’une nouvelle mode qui semble se répandre; la pétition contre les épreuves trop difficiles.
Je n’ai pas eu connaissances des sujets de physique des lycées de l’étranger, contre lesquels la plus notoire de la dernière de celles-ci a été initiée. Mais, quoique subodorant qu’on ne devait pas y demander à notre jus de couilles et d’ovaires de réinventer la théorie de la relativité, je veux bien accorder le bénéfice du doute à nos semi-analphab … pardon, hypothétiques futurs bacheliers, concernant la faisabilité de la copie.
Par contre, il y en a eu une, au bac 2016, qui pleurnichait contre le fait que le sujet d’anglais supposait que les candidats n’ignoraient pas que Manhattan se trouvait à New-York.
Alors, j’imagine celle de 2022, quand les ravages du lobby pédagogiste Belkacemien se verront (encore mieux qu’aujourd’hui, et moins que demain), dans les classes terminales. Sur la feuille de doléance seront libellés les seuls mots suivants:
«Cé vrément trot durre».
Fermez le banc (d’huîtres).
J’exagère?
Pas assez, comme dirait mon excellent ami Patrick Font en titre d’un de ses non moins excellents ouvrages.Mercredi dernier, «jeu des mille Euros», version spécial jeunes». Arrive le moment du fameux «Banco». (oui, ils avaient vraisemblablement dû avoir droit à: «quelle est la capitale de la France», et «quel est le nom de famille de Kenji», pour parvenir à ce stade de la compétition.)
Question de Benjamin Stoufflet: «A et B ont la même somme, combien A doit-il donner à B pour que ce dernier ait dix Euros de plus que lui?»
Concertation embarrassée des deux acnéiques et néanmoins sympathiques, que, à travers mon transistor, je subodore transpirant, (dans tous les sens du mot), puis réponse unanime:
«Dix Euros.»
Voilà.
Je dois quand même préciser qu’un des deux candidats se préparait à entrer en terminale scientifique en septembre prochain, et que l’autre était titulaire d’une licence de physique.
Je ne suis pas du genre à mettre en avant ma famille, (et, d’ailleurs, je suis certain que pour la tienne, c’est pareil, ô ma lectrice préférée), mais ma fille de neuf ans, à qui son institutr … (pardon, sa professeurE d’école), a demandé, d’abord de choisir un sujet, ensuite d’exprimer quelques phrases dessus, et enfin de l’illustrer, m’a concocté un fort joli texte de deux pages sur le violon, sans la moindre faute, (ah, si, merde, elle a écrit «colophane» avec un «k», (bon, privée de dessert).
Et réalisé un dessin superbe.
Je fais quoi?
Vu qu’elle a de toute évidence à peu près le niveau normal requis en CE2 au milieu des années 1960, je crois que je vais exiger incontinent son passage direct en classe de quatrième.

par Christophe Sibille

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