Ceci n’est pas une pile
Par Christophe Sibille , le 28 mai 2019

Christophe SIBILLE et sa lectrice

 

Ma chère lectrice, je me suis laissé dire que mardi dernier, tu étais moins sémillante, et dans ton assiette, que les autres. Si, si, ne le nie pas! Et je sais pourquoi! Pas toi? Hé bien, je vais te le dire. Parce que tu as tout simplement été brusquement sevrée par surprise de la lecture de mon papier. Que j’avais pourtant écrit avec un soin tout particulier, dans le but aussi avéré qu’hebdomadaire de déverrouiller tes zygomatiques, altérés par l’alternance ininterrompue d’humoristes sans talent et de playlist pathétique qui inondent quotidiennement ce qui fut certainement, comme pour moi, ta radio préférée.

Anthony Casanova, qui trône avec talent sur notre gazette, tel Zeus sur son Olympe, avec autant d’assurance altière et de talent pour taquiner la muse, (et quand je dis ça, c’est aussi au sens propre), et aussi la musette, d’ailleurs, m’a censuré! Moi! Et j’avais préparé un droit de réponse pour aujourd’hui. Rien que pour toi. Mais je me suis brusquement souvenu dimanche matin qu’il y avait une actualité électorale et, la mort dans l’âme, je décidai de me coller à un «debrief» vengeur de cette priorité. Et de remettre ma mauvaise humeur à mardi prochain. Et pourtant, pour repartir serein, c’était mal parti, comme dirait Nathalie Loiseau.

En effet, pour commencer de manière un peu traumatisante, (et d’après «l’Obs»), il paraîtrait que 36% des français ont une bonne opinion du Rassemblement National, soit trois fois plus qu’il y a huit ans.

Il y a vraiment là quelque chose qui m’échappe. Au-delà du fait que nul ne devrait être censé ignorer le fait que:

– malgré une «dédiabolisation» abondamment commentée, ses dirigeants n’aient à ma connaissance jamais mis dehors les anciens cadres, pourtant souvent directement issus du nazisme le plus avéré,

– et malgré le fait que tout le monde ne puisse pas ne pas savoir que c’est ce parti, (qui se baptise lui même «tête haute, mains propres»), qui compte le plus de candidats en proie à la justice dans les rangs de ses candidats, rien que le fait d’avoir cette impression de prendre un vomissement de bile en pleine tronche dès que sa patronne ouvre la bouche, (même quand elle est contente), devrait avoir un effet totalement dissuasif sur tout bipède à peu près normalement constitué…

Je ne comprends pas.

Tiens, en parlant de bipèdes et de R-haine, son ancien second, candidat lui aussi, a fait cinq fois moins de voix que le parti animaliste. Un chien sur une affiche… Peut-être que Florian n’a pas assez remué la queue devant son allié pour le pire, Jean-François Barnaba? Et réciproquement, je ne veux pas (encore) être mal compris, et paraître homophobe?

Toujours est-il que, s’ils veulent avoir l’espoir de renouer un peu avec leur public, ils sont bons pour contacter le gilet jaune Francis Lalanne pour refonder les refonder les «2B3».

De quoi se saouler la gueule à l’apéro, cette soirée! Plutôt de désespoir que de joie, d’ailleurs. Mais éviter d’y inviter camarade Jean-Luc, (premier que j’ai entendu prendre la parole, hier soir, à la radio), si on ne veut pas terminer la soirée aux urgences avec le tire-bouchon planté dans l’oeil! Ses premières paroles: «Macron a perdu, et l’abstention reste considérablement élevée. » Avec une telle prise de conscience, il va sûrement faire un score olympique aux prochaines !

Puis vint François-Xavier Bellamy qui, après avoir indirectement traité ses électeurs de demeurés pour s’être putativement laissé embarquer dans un barrage, se déclara fier. Fier? Qu’est-ce que ç’aurait été, s’il n’avait pas perdu la moitié de son électorat? Une gaule priapique? Deux, même?

Oui, deux gaules, c’est malin!

Edouard Philippe, lui, veut mettre en marche « une nouvelle méthode. »
Tant de lucidité politique, ça me laisse décidément pantois d’admiration.

Et puis, j’ai éteint, pour passer à la télé. Enfin, j’ai allumé mon téléviseur, pardon. Pour voir, successivement, Bernard Tapie faire le rôle de Titi, (sans que Rominet se soit manifesté), Gilbert Collard et Daniel Cohn-Bendit se voler dans les plumes, (séquence à voir si on n’a plus jamais l’intention d’aller voter), Marlène Schiappa et Danièle Obono faire la même chose, (idem), constater que Rachida Dati avait emprunté son maçon… son chirurgien esthétique, pardon, à Michel Sardou. Voir Cambadélis, un des torpilleurs de la gauche de gouvernement, faire la leçon à tout le monde, c’était sympa, aussi.

Et, pour couronner cette soirée mémorable, après avoir entendu Brice Teinturier, qui ne s’est visiblement toujours pas décoincé la bite de la fermeture éclair de sa braguette, appeler «parti animaliste» le «parti animalier», se résoudre à attendre patiemment la fin du monde.

par Christophe Sibille

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