La chasse, c’est de la merde
Par Romain Rouanet

C’est arrivé près de chez quelqu’un

On peut raisonnablement se demander si c’est sage de mettre une arme à feu dans les mains de n’importe qui, comme en témoignent les populations nord-amerloques ou celles stigmatisées d’un insigne de police. Ensuite, ça pose problème rapport à certaines communautés qui font rien qu’à défendre la veuve et le marcassin entre deux plâtrées de racines alors qu’on préférerait qu’ils se taisent, notamment parce que c’est malpoli de parler la bouche pleine. Puis bon, un végan qui parle de chasse, c’est un peu comme mon beau-frère qui parle d’avortement. Les féministes opinent. Les féministes végans convulsent.

Le dimanche 17 septembre, jour du premier génocide rural de la saison, on dénombre dans les contrées arriérées de France deux morts et deux blessés dans le rang des chasseurs, ce qui est déjà mieux que rien. Un peu juste pour que les perdreaux, sangliers et promeneurs se frappent les cuisses en s’esclaffant mais suffisant pour se revigorer l’âme d’une satisfaction malsaine, comme quand un hystérique à banderilles se fait larder l’intestin grêle par un taureau de spectacle. La comparaison s’arrête toutefois ici ; à la chasse, la proie a la possibilité de s’en sortir et si elle meurt, c’est en un claquement de doigt avant d’avoir pu se rendre compte que c’était l’heure du goûter. À la corrida, la proie a autant de chances de sortir de l’arène que moi de rentrer dans Leroy, coucou Nolwenn, et quand elle meurt, c’est des suites d’une lente agonie rythmée par les vivats frénétiques des aficionados scopophiles.

Ainsi donc, on a un jeune vendéen de 13 ans touché à la tête par une « balle » tirée par son grand-père, alors que l’adolescent ramassait un « volatile ». La chasse étant une maladie mortelle sexuellement transmissible, à l’instar des hépatites ou de la pauvreté, on peut se féliciter ici que le problème soit traité dès l’adolescence. Bon après, c’est pas pour me vanter mais des balles pour défourailler de la plume, c’est un peu comme un baobab guinéen pour déflorer de la collégienne craintive ; très difficile à mettre dedans et le cas échéant, il reste que de la compote.

Sinon, on a aussi un père et son fils qui se sont fait arroser par un troisième chasseur qui aurait confondu leurs bérets kaki avec les ramures d’un chevreuil. Bonjour le cubi. Enfin, on a un sexagénaire qui s’est pris les bottes dans un tapis mousseux alors qu’il éviscérait la carcasse d’une bestiole au bord d’un ravin et qui n’a pas pu s’empêcher de débouler les 150 mètres de dénivelé en s’aidant des cervicales, juste pour embêter les écureuils.

La chasse c’est de la merde. Elle fait partie d’un folklore primitif tout à fait abject qui fait rien qu’à tuer tout plein de gentils animaux pour le plaisir et pétarader sans grâce aux creux luxuriants de nos campagnes immaculées. Alors que franchement, c’est quand même mieux d’aller au supermarché. Là-bas, on peut se servir en viande épanouie de qualité ultra-supérieure, issue d’animaux traités avec bienveillance et abattus dans le cadre des Conventions de Genève, sans fioriture ni cruauté ni coup de feu intempestif.

Il y a bien les connards de la L214 qui cherchent à faire culpabiliser les honnêtes consommateurs avec deux trois vidéos éducatives qui montrent comment on éclate un foie de veau avec des chaussures de sécurité ou une barre en fer. Les anti-chasses s’offusquent très fort pendant cinq minutes, le temps d’un smiley pas content sur Facebook agrémenté d’un commentaire plan-plan d’insurgé mou, puis retournent vaquer à leurs mornes occupations, le sentiment du devoir accompli.

Non vraiment, arrêtons le massacre des chasseurs et ouvrons des abattoirs. Ça fait moins de bruit et au moins, c’est caché à la vue.

(l’info originale sur le site de l’Express)

Par Romain Rouanet

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