Chavez n’est plus, poil au cul
Par Anthony Casanova , le 12 mars 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

A la mort de Chavez, on se dit que Dame Démocratie a dû reprendre deux fois des nouilles. Mais, ce serait mentir de dire que ce modeste festin fut partagé par nos amis de l’extrême gauche française. « Ce qu’il est ne meurt jamais » twitta avec un mysticisme qui amuse l’impie que je suis, Jean-Luc Mélenchon pour saluer l’aller sans retour aux lombrics de Chavez. Le Front de gauche qui nous chipote l’esquisse d’un licenciement, le prémisse d’un accord avec le vilain patronat, verse un flux lacrymal qui ferait passer les grandes eaux de Versailles pour une fuite d’eau du robinet à l’annonce du décès d’Hugo le héros.

Ah le sacro-saint travail des masses populaires ! Cette même extrême gauche qui pourrait défendre l’amiante si cela pouvait préserver l’emploi de quelques larbins, oui ces militants acharnés du métro-boulot-caveau-sinon-c’est-pôle-emploi, il faut le voir pour le croire, ces mêmes qui chialent sur le moindre esclave perdant sa chaîne rémunérée, s’émouvoir de la mort d’un « comandante » folklorique qui nommait « frère » les pires dictateurs de la planète.
Parce que, en y songeant un brin, lorsqu’on passe son temps à bêler que « le peuple a toujours raison », on pourrait penser qu’ils auraient tendance à regarder avec un doux paternalisme les chanceux citoyens des pays démocratiques qui votent pour un con comme Bush, Berlusconi ou Sarkozy… je m’arrête là il y en a trop… mais non, non non non non non, bien au contraire, ils exècrent les « diables » issus du vote des gens libres pour encenser les « résistants » imposés à un peuple opprimé.

Je veux bien qu’au Venezuela il y eut quelques avancées sociales, et c’est très bien, mais doit-on tout oublier pour autant ? Doit-on penser qu’il fut anodin de fraterniser avec, l’ordure de Téhéran, Mamoud Amadinejad ? Oh non, mille fois non ! Quand je vois cet enchanteur de Mélenchon nous affirmer qu’il détient, envers et contre tous, LA vérité chez nous pour soutenir tout et n’importe quoi sous d’autres tropiques, ça me rappelle Georges Marchais donnant des leçons « d’humanité » tout en jugeant globalement positif le bilan de l’URSS. Et ce n’est pas Juquin, l’ami de mon inestimable confrère Chraz qui me contredira. Ceux qui jugent bon pour les autres ce qui serait inacceptable chez nous, sont les pires des faux cul. On ne peut être pour la liberté chez les uns et le fouet pour les autres, sans laisser émaner dans les jolis discours, un parfum nauséabond.

Entendons-nous bien, je ne dis pas que Chavez fut un immonde dictateur, mais que de déclarer qu’il était le frère de Mahmoud Ahmadinejad, ou qu’il voyait Kadhafi « comme un grand lutteur, un révolutionnaire et un martyr », pourrait pousser nos apôtres de la Place de la Bastille à un peu plus de nuance. Parce que ces mêmes bonhommes se sont offusqués à s’en péter le drapeau rouge, lorsque Sarkozy permit à Kadhafi de planter sa tente chez nous… mais dès qu’il s’agit de Chavez, rien n’est gênant ! Tout le monde il est beau tout le monde il est un héros… il suffit pour ça de dire du bien de Che Guevara ou de l’autre artisan de la liberté de la presse et de la démocratie qu’est Castro.

Si un dirigeant est absous de toute saloperie parce qu’il lutte pour l’alphabétisation, Mélenchon et consorts, agenouillez-vous devant Hollande, il veut rajouter une demie journée d’école à nos chères têtes blondes.

par Anthony Casanova

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