Ciao Zavatta!
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Quand, il y a trois ans, avec Anthony Casanova, le Rédac’chef du Coq, nous avions parlé de ma potentielle participation au journal, il m’avait fait part d’une vieille idée qui le faisait marrer, une chronique ultra-réac dans un magazine assumé de Gauche. Et comme ça me faisait rigoler itou, j’ai inventé Monsieur Nicodème avec ses valeurs et j’ai tenté de faire du Yvan Riouffol sous acide ou du Elisabeth Levy en plein bad trip. Je l’avoue, ce n’était pas trop compliqué de forcer le trait pour arriver à un tel niveau de connerie militante que l’on ne pouvait qu’en rire. Raciste, homophobe, antisémite, machiste, totalement faux-cul et d’un pragmatisme politique écœurant mais doté d’une politesse permanente, cet alias m’a été bien utile pour souligner les penchants et travers de nos amis réactionnaires et surtout pour faire rire les copains, ce qui est somme toute la plus noble des missions.

Et comme je prends cette mission très à cœur, j’ai proposé à Casanova de créer le Camarade Naqdimon, le pendant gauchiste du précédent, aussi myope idéologiquement et politiquement hémiplégique que l’autre, l’injure stalinienne à la bouche et le culte du Camarade Jean-Luc en bandoulière, il devait faire ricaner les copains de Droite, y a pas de raisons qu’ils ne rigolent pas non plus. En plus, moi, je les trouve aussi ineptes, grossiers, insupportables d’autosuffisance et incapables du moindre recul l’un que l’autre. Contrairement à mes petits camarades auteurs du Coq, je ne suis pas de la Gauche de la Gauche de la Gauche de la Gauche de la Gauche de…, je fais partie des ignobles sociaux-traîtres du centre mou, bref, pour moi, taper à Gauche ou à Droite, ça me détend. Et puis, franchement, on peut bien rire un peu.

Ben non.
On ne peut pas, ou plutôt on ne peut plus.

Parce que même dans le plus grand délire de ma cervelle malade et de mon esprit retors, je n’aurais jamais réussi à atteindre ce niveau de stupidité assumée et de monolithisme intellectuel qu’atteint la campagne présidentielle 2017. Il est courant de trouver que le niveau baisse, mais là, il ne baisse plus, le niveau, il est à sec. Les insultes, les imprécations, les grandes désespérances sublunaires et autres cris d’orfraie, voilà qui rendent mes deux gugusses inopérants. En lisant les articles médiatiques ainsi que les posts et tweets de soutien à l’un ou à l’autre des candidats, j’ai l’impression que Monsieur Nicodème et Camarade Naqdimon ne sont que des gentilles caricatures pour les enfants sages du patronage. Et encore, je ne parle même pas ici des discours ineptes des impétrants, parlant de guerre civile, tombant dans le mysticisme béat, ravivant des querelles datant des spartakistes, affirmant sans jamais démontrer, vilipendant sans jamais prouver, se trahissant eux-mêmes toute honte bue… Le paysage est celui d’une campagne après la tempête et pourtant elle n’a même pas commencé.

Alors, voilà, je tombe le(s) masque(s) de clown et je reprends mon vrai nom et ma vraie plume, parce que franchement, y pas de quoi rire.

Mais il y a quand même de quoi s’amuser!

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

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