Le colosse aux pieds de merde
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

babouse-433-1A la mort de Castro, on se dit que Dame Démocratie a dû reprendre deux fois des moules mais ce serait mentir de dire que ce modeste festin fut partagé par tous. De Jean-Luc Mélenchon à Pierre Laurent en passant par Clémentine Autain, les plus glorieux représentants de la gauche qui se dit «pure» ont salué avec plus ou moins d’indécence la mort du dictateur cubain.

Cette fameuse «gauche» qui nous chipote l’esquisse d’un licenciement, le prémisse d’un accord avec le vilain patronat, qui n’a pas de mot assez dur pour Hollande, verse un flux lacrymal qui ferait passer les Grandes Eaux de Versailles pour une fuite d’eau du robinet à l’annonce du décès de Castro le héros.

En y songeant un brin, lorsque l’on passe son temps à bêler que «le peuple a toujours raison», on pourrait penser qu’ils auraient tendance à regarder avec un doux paternalisme les chanceux citoyens des pays démocratiques qui votent pour un con comme Trump, Berlusconi ou Sarkozy… je m’arrête là il y en a trop… mais non, non, bien au contraire: ils exècrent les «diables» issus du vote des gens libres pour encenser les «résistants» imposés à un peuple opprimé.

Quand je vois cet enchanteur de Mélenchon nous affirmer qu’il détient, envers et contre tous, LA vérité chez nous pour soutenir tout et n’importe quoi sous d’autres tropiques, ça me rappelle Georges Marchais donnant des leçons «d’humanité» tout en jugeant globalement positif le bilan de l’URSS.

Cette gauche-là, a-t-elle si peu de recul sur le monde qui nous entoure, pour en arriver à trouver des circonstances atténuantes à un homme qui n’a jamais organisé d’élections, qui a supprimé la presse libre, et balancé en prison ses opposants?

à quel moment, décide-t-on qu’un homme n’est plus de gauche? De cette gauche que nous souhaitons, cette gauche qui place les libertés individuelles comme principe inaltérable; cette gauche qui fait de la liberté et de l’émancipation des citoyens le b.a.-ba de ses valeurs communes! C’est en «s’accommodant» des «exotismes» internationaux que le PCF fut si longtemps, trop longtemps, la brosse à reluire de l’URSS, de la Chine, et bien sûr de Cuba.

Mélenchon n’est qu’un pauvre type dont seule la suffisance l’a fait sortir de sa sieste au Jardin du Luxembourg. Un ahurit qui beugle partout que LUI SEUL parle au peuple… comme si Hollande s’adressait aux bobos, Fillon aux patrons, et Eva Joly aux radis… et que tout ce petit monde n’était pas le peuple. Il fascine les gauchistes de la gauche de la gauche de, attention-à-la-marche, de la gauche qui pensent que «les gens» ce n’est pas une somme d’individualités mais une communauté n’attendant que les ordres d’un chef pour faire de cette foule, de cette masse immonde, autre chose qu’un gros tas de merde.

C’est là que se rejoignent les populistes et les démagogues, c’est à ce moment que la «vraie» gauche et l’extrême droite s’en vont, faucille dessous Croix de fer dessus, conspuer ensemble les «élites» et ce fameux «système» qu’ils exècrent parce que nos frontières, si perméables, les privent d’y ajuster les barbelés de leur vision du monde si parfaite… que la liberté y serait inutile.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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