Comme de vieux chênes qu’on abat
Par Naqdimon Weil , le 27 octobre 2015

Les valeurs de Mr NAQDIMON

Mr Naqdimon by Babouse

Un crime, même d’État et même secret, reste un crime !

La vieillesse n’est un naufrage que pour ceux qui ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts  arthritiques et qui restent sur leurs fauteuils à regarder des rediffusions de Derrick. Dans notre pays, en plus du vin et des fromages, nous savons cultiver le grand âge, et c’est une bonne chose. Même si nombre de petits vieux sont d’horribles vieillards acariâtres et si de nombreuses mamies font la fortune du Régécolor© Mauve, il existe dans notre pays toute une génération de personnes âgées qui n’hésitent pas à se dépenser pour donner des leçons à la jeunesse, et qui refusent de partir trop tôt en retraite, afin de faire profiter les entreprises de leur savoir-faire, sans pour autant demander de ridicules augmentations de salaire, alors qu’ils ont si peu de besoins. Je pense, par exemple, à ces cacochymes britanniques qui, une fois leur période de retraite atteinte, se sentent obligés d’être encore utiles à la société et se transforment en dames-pipi ou en gardiens de parking, afin de ne pas faire peser sur le Royaume le poids de leurs années excédentaires. Hélas de nombreux séniors se contentent de traîner devant les Chiffres et les Lettres au lieu de rester moteur de l’économie et, au seul motif qu’ils ont accompli plus de 40 annuités de travail, se laissent glisser dans la fainéantise la plus crasse. Ce qui démontre définitivement la paresse d’une bonne partie de la population française.

Cependant, même si ces crinières blanches coûtent à la collectivité, il ne faut pas noircir le tableau. Plus riches que leurs puinés, les vieux dépensent sans compter pour des plaids en patchwork, des chaussettes à doigts et des pâtes de fruits, permettant le maintien de l’emploi dans des domaines d’excellence française trop peu connus du grand public. Si, selon moi, ils pourraient passer plus de temps au service de l’Entreprise, s’ils remplacent ce temps de travail par un montant équivalent en point de PIB de dépenses, ils méritent bien de la Patrie. Car, je me refuse à me comporter en simple comptable ou en petit boutiquier et je connais l’importance de la relance par la demande intérieure, même s’il ne s’agit que de colle à dentier et de boites de Calissons d’Aix. Ces vieux dépensiers méritent toute notre sollicitude, malgré le prix de leurs pensions de retraite.

Hélas, je crains ne pas être suivi en cela par les services de la comptabilité nationale et, depuis ce week-end, je sais même que d’aucuns ont décidé de prendre les choses en main de manière radicale. Sans pouvoir, en conscience, présenter mes sources, qui grenouillent au plus haut de l’État socialo-écologiste, je peux aujourd’hui quasiment affirmer que l’accident de Puysseguin est en fait une mission spéciale, commanditée par Michel Sapin, Ministre de l’Économie et, de fait, sous le couvert du sybarite de l’Élysée, afin de rééquilibrer les comptes de la Sécurité Nationale. Oui, je l’affirme bien haut, les morts de Gironde sont les victimes de la politique drastique de Bercy de réduction des coûts. D’après mes informateurs, des nageurs de combat du 11ième Choc auraient volontairement mis en panne le camion transporteur de bois dans un virage sans visibilité, afin de faire disparaître des retraités trop chers à entretenir. Et ceci me scandalise. Non pas qu’il ne soit pas logique pour un état moderne de tenter de réduire fortement les dépenses sociales somptuaires, mais la cible que les comploteurs solfériniens ont choisie n’était pas la meilleure. Les voyageurs de Gironde allaient en visite à la maison du Jambon de Bayonne à Arzac, ce qui aurait permis de générer des échanges commerciaux importants. Or, c’est eux qui ont été visés. Est-ce la preuve de l’inefficacité absolue de nos services ou la démonstration de l’infiltration des wahabites dans ceux-ci, eux qui préfèrent s’attaquer à des consommateurs de cochon plutôt qu’à ceux qui coûtent sans dépenser ?

Cette nouvelle affaire du Rainbow Warrior aurait pu rester secrète si le Coq des Bruyères et moi-même n’avions pas décidé de la révéler au grand jour. Ne craignant ni pour notre sécurité ni pour notre liberté, nous continuerons cette enquête.

Sauf si, bien sûr, quelque chose de plus important se faisait jour.

La semaine prochaine, je traiterai de la manière de faire des économies à l’Université en developpant une pratique du meurtre de masse à l’américaine, mais en respectant le génie français.

 

par Mr Naqdimon

Nota bene : Chers lecteurs,
Ne nous leurrons pas, la droite décomplexée a le vent en poupe. Au Coq des Bruyères on est pas plus con que les autres, alors à l’instar de ceux qui déroulent le tapis rouge (brun) à Ivan Rioufol, Éric Zemmour et consorts, nous ouvrons nos colonnes à Monsieur Naqdimon qui saura amener notre journal sur l’autoroute du progrès.  

Nous aussi on veut en croquer ! ce qui nous permettra, d’ailleurs, de ne pas être tondus à la collaboration.

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