Commémorez!
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

Commémorez, il en restera toujours quelque chose !

Période faste que ce mois de novembre. En deux jours, le 11 et le 13, jeter l’opprobre sur la bêtise humaine comme si on était définitivement guéri.
Ces deux journées sont deux symboles qui se répondent en se faisant écho. L’une abstraite en l’absence de rescapés du carnage,  l’autre présente avec des morts « bien vivants  » à travers la parole de leurs proches.

Et que dire de neuf pour se souvenir des victimes qui se trouvaient au mauvais moment, au mauvais endroit ?
Que dire pour ne pas retomber dans la lamentation et dans les vœux pieux du « plus jamais ça « ?
La difficulté, pour un décideur politique, c’est de faire croire à la population qu’il est responsable de ses bonheurs mais pas responsable de ses malheurs. Lui faire comprendre qu’il est garant de sa sécurité jusqu’au moment où l’impondérable vient bousculer les certitudes des experts.
Autre difficulté du responsable politique, la teneur du discours, le choix des mots qui doivent paraître immuables,  définitifs. Ne pas permettre à l’auditeur de sentir des hommages interchangeables. Comme les morts,  les mots ne sont jamais les mêmes. Cette prouesse verbale est un art qui fait les grandes plumes, des plumes toujours bien placées,  et pas juste pour décorer « à posteriori ».
Alors, bien sûr, il faut des mots pour se souvenir,  car il faut se souvenir, l’oubli étant la meilleure façon de nier la réalité. Mais, au lieu de la gymnastique intellectuelle pour des hommages différents, sans cesse renouvelés, ne pourrait-on pas inventer une « prière aux morts  » comme il existe la sonnerie aux morts capable d’évacuer toutes les autres musiques et de symboliser la mémoire des victimes de tous les conflits ?

À défaut d’inventer la paix,  il faudrait inventer les transitions de vie entre deux carnages avec les paroles d’espérance qui touchent tout un chacun,  du plus humble au plus érudit.

Alors, en cette période où l’émotion l’emporte sur la raison,  je terminerai avec une perspective d’avenir et de salut public: « Allons enfants de la patrie sans frontière… « Sans frontière à Paris non plus entre les quartiers de nantis et les quartiers populaires,  quartier populaire avec le Théâtre Darius Milhaud où nous sommes pour jouer ma première pièce dramatique « La vie de Léo Tracy « pour encore deux dates, les 18 et 25 novembre à 19h.

Par Thierry Rocher

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