Comment osez-vous hésiter?
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Les électeurs ont voté, la démocratie s’est exprimée, et c’est à nous de l’entendre. S’il ne faut pas se priver d’analyser les raisons de l’échec de la gauche et de la droite qui ont conduit, encore une fois, la famille Le Pen au second tour, il n’en faut pas moins accepter les résultats et envisager l’avenir.

Malgré ce que nous espérions, les affaires judiciaires du clan Fillon et celles du FN n’ont eu qu’un très faible impact sur le résultat final. François Fillon arrivant tout de même en 3ème position et Marine Le Pen réussissant à se qualifier. La gauche, quant à elle, n’a pas su saisir l’opportunité qui lui était présentée. Les cadres du PS ayant indignement saboté leur candidat, Mélenchon ne souhaitant pas faire le moindre pas vers une candidature commune avec Benoît Hamon, on se retrouve avec ce que nous redoutions: l’absence d’un candidat de gauche au second tour.

Mais si à l’annonce des résultats Monsieur Hamon fut à la hauteur de ses responsabilités, on ne peut en dire autant du «Líder Minimo» de la France Insoumise. Mélenchon, en une allocution, a prouvé à quel point il n’était qu’une vieille branche moisie. Après avoir joué de façon pathétique le déni en supposant que les résultats n’étaient pas les bons, il a osé déclarer avoir besoin de consulter ses moutons pour savoir quelle position prendre face au Front National. Le brave Jean-Luc faisait pourtant moins de manière lorsqu’il s’agissait de chouiner sur les restes d’un dictateur cubain.

Les pincettes de Mélenchon sont un coup de poignard pour les idées émancipatrices et progressistes que prône la gauche. Il se voulait le chantre de celle-ci, il n’en est que le fossoyeur. Car renvoyer dos à dos Macron et Le Pen, en plus d’être stupide, c’est indigne. Ce n’est pas parce que l’on pense que l’ultralibéralisme, l’austérité ou encore la réduction des services publics sont les raisons de l’accroissement des inégalités sur lesquelles prospèrent l’extrême droite que nous devons nous abstenir de prendre position contre elle!

Comment être crédible lorsqu’on hurle, légitimement, tout au long de l’année que l’extrême droite est un danger pour nos libertés individuelles et donc pour la démocratie, pour finir par la mettre au même niveau que n’importe quel autre courant politique? Soyons sérieux, ce que dit en vérité Mélenchon c’est qu’outre sa gueule il ne différencie plus les autres candidats de ceux du FN. Affligeant. Il se place donc hors jeu de ce qui fait la démocratie, à savoir la multitude des opinions.

Ceux qui, pour l’instant, disent qu’ils n’iront pas voter au nom d’une pureté idéologique, avec tout le respect que je leur dois, ce sont des ordures. Ils ne veulent pas se salir les mains? Mais lorsqu’on combat l’ADN d’un parti totalitaire, un bulletin de vote c’est le minimum syndical! Mais pour qui vous prenez-vous? Vous seriez trop propres, trop nobles pour participer à repousser le Front National? Vous allez nous regarder faire le «job» en nous méprisant parce que nous essayerons de donner le plus faible score au FN? Et si nous n’étions pas assez nombreux? Et si ce n’était pas suffisant, que ferez-vous en voyant la tête victorieuse de Marine Le Pen? La révolution? Ne me faites pas marrer, vous en seriez incapables, petits chats échaudés que vous êtes en refusant de vous mouiller pour le bien de tous.

Ah ils étaient beaux vos discours sur la VIe République, sur l’humanisme, la protection des plus faibles, la considération de tous mais, au final, quand l’histoire vous propose de faire un choix, un vrai choix, à savoir barrer la route au nationalisme, vous partez bouder dans un coin. Vous n’êtes en rien des insoumis ou des rebelles, vous n’êtes que des lâches. Alors que vous vous plaigniez qu’on ait pu comparer le FN à Mélenchon dans les médias, vous faites aujourd’hui un raccourci similaire en n’appelant pas à voter Macron sans aucune ambiguïté.

On ne peut prétendre au pouvoir lorsqu’on ne sait pas assumer la défaite. Ne vous étonnez plus des craintes qu’inspirait la personnalité de Mélenchon, sa désinvolture face à l’Histoire nous prouve qu’elles étaient fondées. Certes, la démocratie est imparfaite mais elle n’en est pas moins précieuse.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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