Comment rendre plus festive la Toussaint ?
Par Thierry Rocher , le 27 octobre 2015

Thierry ROCHER renvoie la censure

En tant qu’expert, j’ai pu constater que lorsqu’il s’agit de jour férié, on pense à la fête, à faire la fête, comme le 14 juillet avec les pétards et la musique, ou Pâques avec les œufs du curé que les enfants vont chercher à quatre pattes derrière lui. Mais, avec la Toussaint, il y a une certaine retenue dans l’exubérance. Alors, la question se pose : comment rendre plus festive la Toussaint qui, cette année, tombe le 1er novembre ? Tout d’abord, quand on parle de la Toussaint, on pense aux vacances…non ?…Ne dit-on pas les vacances de la Toussaint !

En premier lieu, la question des fleurs. Ca dépend bien sûr si c’est pour offrir à des vivants ou non. On pense toujours aux chrysanthèmes mais tout le monde n’aime pas les chrysanthèmes. Ah évidemment ; sur les tombes, il y en a partout. Car bien sûr, personne ne se plaint du fond de son cercueil. Alors que je me rappelle avoir apporté un chrysanthème à un dîner, ils ont fait la gueule. Je m’en fous. Ils sont morts peu de temps après.     Alors, la fête, pour ce week-end, il y a bien Halloween. Un air de fête, on se déguise. Il y a plein de lieux pour ce genre de festivités. J’ai des amis qui vont y aller. Plein de potes iront. Une parenthèse, j’ai croisé hier les Frères Bogdanov, il parait qu’ils ne fêtent jamais Halloween le 31 octobre, et non, avec eux, Halloween, c’est toute l’année. Mais bon, Halloween, c’est pas la Toussaint.

Pour ce qui est de la décoration, comparons avec les autres fêtes, si l’on prend Noël, par exemple, tous les lieux fréquentés sont magnifiques, ça scintille ça clignote, et les cimetières, le jour où il y a du trafic et où ça bouchonne dans les allées : rien. Et en plus, le silence. Je ne suis pas sur qu’on ait demandé aux locataires du Père Lachaise si la musique les dérangeait. On ne sait même pas si ça réveillerait grand-monde.
Quelle tristesse quand on fréquente les cimetières. J’y étais, il y a peu, j’ai perdu ma tante Adèle, eh oui, elle est morte Adèle. D’ailleurs, on a fait un bon gueuleton après, eh bien, en regardant les tombes, on voit qu’il y en a qui veulent mourir plus haut que leur cul. Pas étonnant qu’ils se la pètent, ça se sent.
Il faudrait rendre plus accueillant les cimetières. Beaucoup d’amis m’ont dit qu’ils n’y allaient pas parce que ça manque de buvette. C’est vrai que pour finir en beauté, une bonne bière, ça aide. Mais bon, peut-on être sûr de finir en beauté quand on a été moche toute sa vie ?
Rire dans un cimetière aussi est mal vu alors que beaucoup aimeraient mourir de rire. On ne fume pas non plus dans un cimetière, peut-être en souvenir des morts, puisque casser sa pipe est le meilleur moyen d’arrêter de fumer.
Alors, pour fêter la Toussaint, mes amis, qui est, ne l’oublions pas, la fête de l’amour, puisque c’est la fête de tous les seins, mettons de la vie, désacralisons la mort et souhaitons à tous une belle mort, car rater sa fin, c’est moyen même si la fin justifie les moyens.

 

Par Thierry Rocher

Les 2 anesRetrouvez Thierry au Théâtre des 2 Ânes, sans oublier www.humouretchanson.fr  (pour des infos et obtenir livres et dvd ! le 1er dvd bientôt épuisé, plus que 31 exemplaires et le livre « Debout ! » également, les 70 derniers)
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