Con comme un ballon
Par Anthony Casanova , le 21 octobre 2014

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Lors de la dixième journée de championnat du foot français, le club de Nice « accueillait » celui de Bastia. Comme toutes les villes à une portée de clocher, les rivalités sont exacerbées au point de donner à la bêtise un nom rigolo : le derby.
D’où vient l’animosité quasi ancestrale entre les Corses et les Niçois, me demanderez-vous ? Je n’en sais rien… allez savoir, vous ! Peut-être qu’un jour Napoléon a chopé une gastro-entérite en bouffant une salade niçoise, et que depuis ce jour la jolie ville de Pice se sent insultée d’avoir une spécialité si indigeste pour l’estomac insulaire. Bref, et j’assume le pléonasme : c’est la petite guéguerre, et rien ne vaut le foot pour la vivre intensément.

C’est dans ce climat délétère que le préfet des Alpes-Maritimes avait cru bon d’interdire, à proximité et au sein du stade, tous les signes ostentatoires d’une appartenance réelle ou supposée à l’île de beauté. Si certains ont crié au « racisme », je ne fus pas de cela. Je me suis simplement dit que ce pauvre préfet, côtoyant assez souvent Christian Estosi, a dû se dire qu’à l’image du premier magistrat de leur commune, les Niçois étaient si cons qu’ils seraient bien capables d’agresser n’importe quel badaud fredonnant i Muvrini. Mieux vaut prévenir que…vous connaissez le dicton.

Le match s’est déroulé comme se déroule un match de foot : Un coup de sifflet au début et un autre à la fin avec entre-temps 22 bonhommes courant après un ballon. A la fin du match, pour célébrer la victoire du club bastiais, un joueur a brandi le drapeau de la Corse. Horreur, malheur, honte sur lui, que n’avait-il point fait ! C’en était trop pour le public qui, n’écoutant que leur connerie, envahit le terrain pour en découdre avec le malheureux et ses coéquipiers.
N’étant pas un adepte des fanions et autres symboles cocardiers, allant même jusqu’à penser que les hommes font flotter les drapeaux pour laisser leur esprit en berne, je trouve aberrant que l’on dise d’un type soulevant un bout de tissu représentant sa ville, sa région, son pays de résidence ou de cœur qu’il fait preuve de « provocation » ! Encore, s’il avait déroulé une banderole rappelant aux Niçois qu’avec le trio Jacques Médecin, Jacques Peyrat et Christian Estrosi, ça près de 50 ans qu’il y a une belle brochette de têtes de nœud à la mairie, tout en mettant en doute la fortuité de la chose via l’expression « crétin des Alpes (Maritimes) »… je pourrais comprendre ! Mais là, voyons, soyons sérieux, on patauge dans la folie identitaire.

Estrosi, en bon démagogue, accable le joueur de Bastia, mais pouvions-nous attendre autre chose de lui ? Bien évidement, j’espère que parmi ceux qui hurlent, à raison, contre la mise à l’index du drapeau corse n’étaient pas de ceux qui applaudirent lorsque ce même Estrosi prit des mesures contre le drapeau de l’Algérie lors de la dernière coupe du monde. Si l’on pense qu’un simple drapeau peut embraser un stade de foot, si on en est là, il faut tout simplement interdire le foot. Si ce sport rend con autant s’en débarrasser.

« Les voilà les couleurs d’une ville ou d’un village
Le sport c’est l’horreur des fiertés d’un autre âge
Les patriotes sont déchaînés « fermez les frontières »
Le match peut commencer en attendant la guerre »

par Anthony Casanova

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