Contrairement à Dieu, le clitoris existe
Par Agathe André

On the road with Agathe ANDRÉ

Agathe Andre by Espe

Sans déconner, en 2016 on en est encore à expliquer ce qu’est un clitoris?

Il a fallu qu’une chercheuse imprime l’organe en 3D pour constater, une fois n’est pas coutume, l’étendue crasse de notre ignorance sur la question: la moitié des jeunes filles ne savent pas qu’elles ont un clitoris, plus de deux tiers des lycéens n’en connaissent pas la fonction et les manuels de SVT le représentent, quand ils le représentent, comme une petite excroissance à la con.  A ce niveau-là, ce n’est plus une escroquerie scientifique mais un complot des Illuminati pour imposer la dictature des mal-baisés et des mal-baisants.

Un tel déni anatomique en dit long sur l’éducation sexuelle prodiguée à nos jeunes branleurs: taire l’existence de cet organe érectile complexe, dédié uniquement au contentement sexuel de la fille, qui se gorge de sang comme la verge chez le garçon, quand elle est excitée, permet -et c’est bien plus confortable j’entends bien- de faire l’impasse d’un discours sur le plaisir et sur l’essence même de la sexualité humaine.

Nommer le clitoris invite à passer de l’enseignement de la copulation à une réflexion sur ce supplément d’âme qu’est la jouissance. A affirmer l’existence d’un érotisme civilisateur qui participe de l’émancipation des corps et des esprits.

Comme le désir, l’adolescence est un devenir. Chaque rencontre, une tentative de se trouver. Une expérience évolutive où l’on apprend à devenir sa propre loi, à devenir créateur de ses propres représentations.

L’éducation sexuelle n’est pas l’initiation, mais elle ne peut faire l’économie d’un dialogue avec la jeunesse autour de notions psycho-physiologiques fondamentales comme l’excitation, l’orgasme, la pudeur, le fantasme, les jeux avec les interdits…qui supposent la conscience de soi et des autres. Et la condamnation de l’excision, qu’elle soit intellectuelle ou torture faite aux femmes.

par Agathe André

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