Quand le Coq me censure
Par Christophe Sibille , le 4 juin 2019

Christophe SIBILLE et sa lectrice

 

Comment ça, ma lectrice? Je te le demande, qu’ouis-je? Qu’entends-je, rêvje, cauchemadéje, dans quel tiroir, euh, dans quelle étagère, pardon? Mais, même en admettant que je puisse être rigolo de temps en temps, je te préviens tout de suite, ça ne sera pas le cas aujourd’hui.

Je suis habitué à me faire traiter de réac, (même si les deux mots de «de gauche» y étaient souvent accolés pour en tempérer la violence), sur les réseaux dits sociaux. Et, après un premier réflexe de vexation, imputable à un lointain passé de gauchiste convaincu d’être totalement à sa place dans ce cocon-fortable où s’épanouissait une jeunesse dorée ne jurant que par les bienfaits de la révolution culturelle du bon Mao-Tsé-Toung, j’avais fini par m’accommoder fort bien de ce qualificatif. Qui émanait la plupart du temps de mes ex-collègues d’absence de pensée critique s’aventurant au-delà de la nécessité d’une dictature forte du prolétariat. Mais ça, c’était avant.

Pas plus tard que la semaine dernière, c’est mon rédac-chef, bien aimé bien que rédac-chef, justement, oui, Anthony, qui a torpillé dans l’œuf tes mouvements zygomatiques mardiculaires de mardi dernier en sucrant ma chronique. En espérant qu’il ne réitérera pas cette fois, mais tu le sais à l’heure qu’il est, (même si je pense, à l’heure où j’écris, que c’est assez mal barré.). Et en me qualifiant de sexiste. Et de réactionnaire. Et même pas de gauche, cette fois! Mais, mon dieu, que m’a valu cet honneur?
Je ne joins pas la totalité de mon défunt papier, mais, pêle-mêle:

-J’ai ironisé sur le bien-fondé de la croyance scientifique en le patriarcat d’état.

-J’ai sous-entendu que c’étaient des femmes qui excisaient, en appuyant sur le fait que les féministes pures et dures, (que j’appelle les féminases), ne protestaient pas beaucoup contre cette barbarie.

-J’ai ironisé sur l’énergie que les femmes… pardon, DES femmes, (le mot clé étant cet article défini) ont dépensée concernant une pétition contre la mise à l’honneur d’Alain Delon, à Cannes, par la remise à Delon Alain d’une palme du même nom, en regard à la mollesse de leur réaction contre la suppression programmée du droit à l’avortement en Alabama.

Et, surtout, je me suis moqué d’un projet de «renaming», par un trio des mêmes féministes suscitées, du clitoris, du vagin, de l’utérus, de l’hymen, (entre autres) par respectivement: «Eminence», «trou de devant», «nid», et «couronne vaginale.»

Sous prétexte qu’ils avaient été déterminés par des hommes. Et en conseillant à ces dames de plutôt passer leur temps à s’en servir qu’à les renommer. Houlaaaaaaaa! Sexiiiiiiiiiiisme!

Il paraîtrait que, quand je me moque des femmes, (pardon, de certaines femmes; je rappelle que le vrai sexisme, qui rejoint en cela le vrai féminisme, c’est de sous-entendre qu’une femme ne pourrait pas être une connasse sous prétexte qu’elle est femme), je ne le fais que par le biais de sa sexualité.

Pas toujours! C’est vérifiable sur l’ensemble de mon œuvre, si tu as le courage de te taper tout ça, chère lectrice pleine d’abnégation! Ici, oui, c’est certain. Mais, dans mon immense naïveté, ça me paraissait légitime, vu la teneur du propos de départ. Et, quand je me moque de Nathalie Loiseau en lui faisant dire, suite à sa connerie de jeunesse au GUD, ««j’y suis allée parce que c’est vraiment le seul endroit où on pouvait voir que j’étais une gonzesse», je précise que ce n’est pas pour stigmatiser son physique (nonobstant peu avantageux, mais ce n’est pas le sujet.) C’est simplement parce que, chez les gudards, c’était la seule à ne pas avoir le crâne rasé. Mais bon, en admettant que ce soit drôle à la base, s’il faut l’expliquer…
Bref.

Pour terminer, j’ai soumis mon papier à une amie, qui m’a répondu textuellement: «Macho, sexiste? Mais tu es plein de poésie au sujet des femmes et de leur sexe! les féministes vont finir par dégoûter les hommes! Elles vomissent leur frustrations!» Merci.

Et, promis, la semaine prochaine, je suis drôle. Enfin, j’essaie. (Enfin, dans deux semaines; la semaine prochaine, je passe mon tour.)

 

par Christophe Sibille

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