Couleurs en berne
Par Thierry Rocher , le 28 janvier 2020

Thierry ROCHER renvoie la censure

Une fin du mois de janvier marquée par des couleurs qui ont perdu leur éclat. Des symboles qui s’envolent. Le bleu de Michou qui s’en va et  qui restera dans les cœurs des habitants de Montmartre avec ses facéties et sa générosité. La tristesse de voir un lieu disparaître puisqu’il avait dit qu’il ne souhaitait pas que son cabaret lui survive.

Le jaune qui meurt avec l’extinction progressive des gilets et le jet de l’éponge d’une de leurs figures emblématiques: Eric Drouet; il va retrouver l’anonymat qui lui allait si bien et qu’il n’aurait jamais dû quitter. Le jaune et tous les éléments festifs que l’on n’a pas vus à Paris et ailleurs à l’occasion du nouvel an chinois en raison du fameux Coronavirus. Cette fête qui n’a pas eu lieu le dimanche 26 janvier comme prévu pour le début de l’année du rat. Heureusement à Paris, les rats sont bien présents et on ne risque pas de les oublier et pas que cette année. 

Le rouge syndical a pâli lors des dernières manifestations contre le projet de loi de la retraite. Se mobiliser autant pour ne rien obtenir, il y a de quoi changer de couleur. 

Ce rouge syndical qui a dû faire fondre le noir des blacks blocs. Du noir en moins c’est un peu de ciel bleu en plus; les nuages sombres qui s’accumulent n’apportent souvent que des désagréments, et en leur absence, on s’aperçoit très facilement que l’on peut s’éclater différemment.  

Le vert qui n’en finit pas de s’assombrir avec le grand écart entre les discours et les actes écologiques; contredire les propos rassurants avec  les faits quotidiens : une spécialité française qui, malheureusement s’exporte très bien, au point de le voir se transformer en vert de gris, en Europe centrale ou de l’Est. 

Le rose des socialistes français qui a disparu, qu’on avait cru apercevoir à l’occasion de manifestations mais ce devait être un rose tellement pale qu’il est devenu transparent à l’image des acteurs qui l’incarnaient. 

Heureusement il reste le blanc, le blanc de l’innocence, ça me rappelle le classique avec Bourvil, « Blanc comme neige ». Le blanc des stations de sports d’hiver, c’est la saison pour accueillir avec la même dignité les « friqués » de toutes nationalités et les travailleurs saisonniers. C’était un peu d’humour pour finir !

De l’humour, encore un peu?  « Expert » mon nouveau spectacle mis en scène de Laure Dehorter et Philippe Chevallier: Première à Vichy le 2 février.

Par Thierry Rocher

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