Coupons la bite aux exciseurs
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

«Vaut-il mieux passer à l’ouest, ou pisser à l’est?» (Alexandre Pissaïevitch Soljecystite).

Aujourd’hui, dimanche presque comme les autres, un peu avant que je reprenne le cours normal de ma vie. Qui consiste, pour l’heure, essentiellement en le fait de tenter d’organiser quelques mots les uns à la suite des autres. Pour essayer, ô ma lectrice, de te distraire avec une actualité qui donnerait plutôt envie de pendre un socialiste avec les tripes d’un républicain que de se promener main dans la main sur les chemins des lendemains.
Pas «d’un républicain». D’un «L.R.», au temps pour moi.
16 heures. Environ. Je fais réciter, un peu laborieusement, il faut bien le dire, une palerée de verbes irréguliers d’anglais à ma fille. Qui, après quelques bafouillis et hésitations, me rétorque, à bout d’arguments: «ce n’est pas de ma faute, je les sais quand je les apprends, mais pas quand je les récite».
Je crois que je vais bientôt pouvoir lui passer le flambeau pour écrire ce papier.
Ben, tiens, puisqu’on parle de passer, ça y est, le 8 mars est bien derrière nous?
On a donc, enfin, le loisir de parler des droits des femmes dans le monde avec un tout petit peu plus de crédibilité que pendant ces misérables vingt-quatre heures que leur accordent les machos de tous poils. Et en abjurant la jubilation de bourreaux qui allumeraient les cigarettes des condamnées. Tortionnaires qui, tel son rocher à Sisyphe, reviendraient tous les ans pour mieux faire avaler à leurs égales la servitude ordinaire du quotidien.
Egales qui se révèlent d’ailleurs assez souvent, et dans bien des domaines, comme étant leurs supérieures.
Quand ces complexés du gland ne succombent pas à la tentation de leur cuisiner les fruits un peu plus palpables de ce marronnier.

Oui, ô ma lectrice, tu as bien compris, des marrons.
Dans la gueule.
Ou même, si d’aventure, quelquefois, ce régime leur semble un peu trop exclusivement végétarien, ils leur taillent directement dans les chairs. A vif.
Oui, ô ma lectrice, je sais que tu es parfaitement au courant de ça. Mais moi, les  chiffres les plus récents, que je viens de découvrir, m’ont glacé les miennes, de chairs, quelque part dans les tréfonds les moins accessibles de ma pauvre enveloppe masculine.
Chaque minute, six filles sont excisées dans le monde.
Ca veut dire que, toutes les dix secondes, une femme, (oui, les salopards qui mutilent le corps de leurs douces moitiés putatives parce qu’ils ne savent pas en jouir en équipe avec elles délèguent souvent, les ordures), taillade, charcute, ouvre, coupe entre les jambes des fillettes parce que, je cite mot pour mot un député tunisien islamiste, «dans ces pays où il fait chaud, les clitoris sont trop grands, et gênent l’époux».
Et aussi: «l’excision des filles est avant tout une opération de chirurgie esthétique pratiquée dans les pays chauds, et qui pourrait aussi éviter la puanteur de l’organe féminin».
Mais ce n’est pas grave, sûrement, car, comme l’affirme le même: «on excise ce qu’il y a en plus, mais ce n’est pas vrai que l’excision supprime le plaisir chez la femme, c’est l’occident qui a exagéré le sujet.»
Ah, ben ouais, évidemment! Il fallait y penser! Coupe-toi le bras, tu lanceras le javelot aussi loin!
C’est ton neurone, qui pue.
Et ta bite, aussi.
Comme quoi, (mais on le savait déjà), un faux cul peut cohabiter avec un vrai con.
Alors, Habib Ellouze, élu du peuple, toi qui as prononcé ces paroles, je te propose une belle opération chirurgicale, à la fois esthétique et éthique. L’amputation du cerveau.
Ah, non, merde, science-fiction; tu n’en as pas.
Des couilles, alors?
Non plus. Si tu en étais pourvu, tu ne t’attaquerais pas aux femmes.
Ni à leur plaisir, que tu n’as à coup sûr jamais été capable de provoquer, et dont tu n’as donc «a fortiori» jamais pu jouir toi-même.
Et, pour clore sur la journée des droits des femmes, et sur une note un peu plus légère, répondons enfin aux burnophores qui se croient les plus finauds du monde dans leurs insultes en traitant leurs consœurs de, je cite: «mal baisées»: «c’est çui qui dit qui fait».

par Christophe Sibille

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