Dans le cul, l’éprouvette
Par Agathe André

On the road with Agathe ANDRÉ

Agathe Andre by Cabu

Depuis le 8 janvier dernier, le gouvernement a décidé d’ouvrir le don de gamètes aux adultes… sans enfants.
La vache, quelle révolution des mœurs, quel avant-gardisme ! J’en ai l’utérus en fête, les copains : à ce rythme-là, la fille aînée de l’église va déclencher une fausse couche à sa Mère-la-Pute.
Nan, je déconne -déconner qui, soit dit-en-passant, demeure, avec sa variante l’éjac’-face, une excellente contraception- parce qu’une fois encore, sur le terrain des lois bioéthiques, la France se distingue toujours par son archaïsme.
Si, désormais, toutes les femmes âgées de 18 à 37 ans et tous les hommes âgés de 18 à 45 ans peuvent se porter candidats au don d’ovocytes ou de spermatozoïdes, en France, seuls les couples hétérosexuels souffrant d’infertilité dont la femme a moins de 43 ans sont éligibles à la procréation médicalement assistée (PMA). La PMA est encore uniquement destinée à résoudre un problème de stérilité d’origine médicale et non à venir en aide à une préférence sexuelle ou à un choix de vie.
On ne change pas une équipe qui gagne : un papa, une maman, on ne ment pas aux gamètes. Exit les pédés, exit les belles quadra célibataires : là où se pose la question du désir d’enfant, la bioéthique à la française répond par « le droit à l’enfant ». Mais au nom de quoi décide t-on qu’il y a des individus, des couples, des familles, des sexualités plus légitimes que d’autres pour se reproduire ? Jusqu’où la vision traditionnelle de la famille telle qu’elle est défendue par ces lois peut-elle dicter ses interdits à l’individu ? A qui appartiennent les gosses? Aux futurs parents? Au corps médical? A Saint Nicolas du Chardonnay?
Dès lors qu’on légalise le droit à la contraception et à l’IVG, on valide la procréation en dehors de tout processus naturel et il est aussi con qu’inutile de légiférer au nom d’un prétendu modèle parental.
Aussi,  la seule question qui s’impose avec la même acuité aux hétéros autant qu’aux homos, aux célibataires autant qu’aux transsexuel-le-s : y a-t-il une seule bonne raison d’avoir un enfant ?
Les hommes font-ils des gosses pour prouver qu’ils ont des couilles ? Se cache t-on derrière des robes de grossesse pour ne pas avoir à affronter ce qu’on a dans le ventre?
« Les enfants sont comme des lapsus, affirmait le nihiliste Roland Jaccard, si on savait pourquoi on les faisait, on ne le ferait pas !  »

par Agathe André

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