De bonnes têtes de vainqueurs
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Au Coq, c’est simple, on peut tout dire, c’est l’avantage. Je peux vous raconter les folles nuits de Ranson dans le Formule 1 de Juvisy, je peux balancer sur les douteuses habitudes de Sibille de courir la campagne nu et couvert de cancoillotte ou même vous parler de l’immense fortune que Casanova a planquée dans les îles Caïmans avec les sommes démentielles que lui rapporte la vente du magazine. Tout, je vous dis, on peut tout dire. Je peux même dauber sur mes amis de Gauche, quitte à être rangé dans la fachosphère, j’y serais en bonne compagnie et comme ce rangement viendra de la conosphère, je vais y survivre et donc, je ne vais pas me gêner.

Vous vous rappelez d’où vient la formule « Une bonne tête de vainqueur » ? C’est dans la comédie pouêt-pouêt de Francis Weber, « Le dîner de con » où son sempiternel François Pinon est invité à un repas où chacun des convives habituels doit faire venir un con modèle, un con étalon. Et là, je ressors du film et je reviens à la politique, mon péché mignon. Car ceux auxquels je pense, ce sont ceux qui, à longueur de tribunes et devant tous les micros affirment des inepties et comptent sur leur ton péremptoire et l’inertie médiatique pour que ça passe. Et, au final, ceux qui sont vraiment cons, ce sont les puissances invitantes. Ou les électeurs.

Tiens, pour commencer, Camarade Jean-Luc. Vous allez me dire que je suis monomaniaque, mais j’avoue l’ancien féal mitterrandiste devenu El Lider Minimo avec le retour d’âge m’agace autant qu’il me fait marrer.  Un exemple ? Jeudi dernier, Camarade Jean-Luc est reçu en majesté sur France 2, par Léa Salamé et compagnie. Et là, horresco referens, on lui pose des questions. À lui. Et même des questions qui fâchent. C’est tout de même gonflé de la part de journalistes, non ? Alors évidemment, il répond. Normal. En rappelant que Nathalie Saint Criq est socialiste, qu’elle l’a toujours été et que donc, voilà, c’est mal. Sauf que la journaliste n’a apparemment jamais été adhérente au PS. Ce qui après tout n’aurait pas été indigne. Mais en revanche, Méluche, lui, a été militant et élu du PS. Pendant 32 ans, excusez du peu ! Mais évidemment, ce n’est pas pareil. Pas pareil non plus la tortueuse idée de l’interroger sur le Venezuela, ça, c’est un complot, c’est rien que pour l’embêter, c’est de la mauvaise foi et lui et Maduro ça fait deux, au bas mot. C’est vrai quoi, il n’a jamais loué le pays de Chavez, ne l’a jamais donné en exemple, n’a jamais voulu faire adhérer la France à l’Alliance Bolivarienne. C’était Candidat Jean-Luc, pas Camarade Jean-Luc, faut pas tout confondre… À ce niveau de dialectique, je n’objecte plus, j’admire !

Ou alors, vous avez Yannick Jadot, l’écolo de combat contre le glyphosate. Alors, avant que vous ne vous mettiez à trépigner de rage, une précision, je n’aime pas Monsanto, je n’ai aucun intérêt dans le phytosanitaire et je n’ai même pas de jardin pour y coller du Roundup. Mais, en plus d’être un social-traître qu’on fusillera à la prochaine, je suis un vilain rationaliste. Et donc quand une étude scientifique sérieuse, c’est-à-dire sans conflit d’intérêts, publiée dans une revue reconnue, fondée sur une cohorte de 50 000 pékins utilisateurs du produit en question et menée depuis 20 ans, arrive à conclure que non, il n’y a pas de relation évidente entre glyphosate et cancers – sauf une possible incidence sur la leucémie myéloïde aiguë, soyons précis – moi, idiot que je suis, je pense que le glyphosate, c’est peut-être du caca, mais du caca qui ne donne pas le cancer. Pas Yannick. Non, pour lui, c’est plus simple, la Science c’est rien que des corrompus. Et pis c’est tout. Une preuve, un soupçon de début de quart de témoignage ? Non. Mais ce n’est pas grave, Yannick, lui, il sait. Et ça, c’est bien. Au fait, M’sieur Jadot, les Scientifiques corrompus, ce ne sont pas les mêmes que ceux que vous et vos potes agitez pour le réchauffement climatique, hein ? Parce que eux, là, ils sont bien… Juste pour savoir.

Vous, je ne sais pas, mais moi, c’est certain, je vais refuser d’être invité à dîner par Camarade Jean-Luc ou par Yannick Les Pouces Verts.

Au nom du principe de précaution.

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

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