De la fâcherie de sansonnet
Par Anthony Casanova , le 19 novembre 2019

Anthony CASANOVA est politiquement correct

C’est la hantise de celles et ceux qui empruntent des chemins intellectuels n’allant pas toujours vers la basilique de Rome: Penser ouvertement un mot plus haut que l’autre qui amènerait le nuage glaireux des réseaux sociaux à vous coller aux basques pour vous dénoncer, menacer, salir, vomir… au nom des petites pudeurs de la majorité bien-abêtissante persuadée qu’il suffit de «s’indigner» pour «raisonner».

Un paysagiste plus ou moins aguerri sait que le logo de Twitter ressemble dans le fond et dans sa forme à un petit étourneau. Ce nuisible qui vole en bande et qui change de direction sans prévenir, ce piaf dont la seule raison d’être est de déverser sa fiente sur son passage, oui, ce sphincter volant c’est Twitter ou Facebook. Ça doit être pour cela que hashtag et tague riment aussi bien avec cague.

De murmures en gazouillis, les twittos et leurs cousins facebookiens cherchent de quoi buzzer en une pincée de caractères. Pour cela, une vidéo doit durer quelques secondes, un article doit pouvoir se résumer à son titre, car les réseauteurs n’ayant rien à faire de leur journée leur temps en est d’autant plus précieux. Pas que ça à foutre de lire, pas que ça à foutre de réfléchir: Ils veulent de l’action virtuelle! Du buzz, du smiley, c’est amplement suffisant pour juger le monde du bout des doigts avant de signer la conscience tranquille une énième pétition dénonçant ce qu’il fallait dénoncer avant la pause déjeuner. Puis, comme le follow c’est du Bitcoin potentiel, las de s’être indignés quelques heures d’affilées, ils s’en vont chercher un autre sujet sur lequel déféquer leur probité.

Toutes les semaines nous avons la surprise de voir une personnalité tenter d’éviter le buzz gastrique des réseaux sociaux. Un montage grossier, une coupure malhonnête, l’absence caractérisée de second degré, tout est au service de ces justiciers du clique dont la culture, si tant est que nous la changions en confiture, serait dédaignée par les porcs.

Mais qui a pris la décision de tenir compte des pleurnicheries de ce ramassis de connards? Quand avons-nous accepté que l’opinion numérique définirait le bien et le mal? Le curseur du bon goût serait donc entre les mains de celles et ceux qui partagent des vidéos de chats mignons entrecoupées de citation de Paulo Coelho? Ô misanthropie, suspends ton vol! le temps de nous laisser savourer la recette de l’étourneau sauce Melba.

Peu importe les raisons qui amènent untel et unetelle à glandouiller sur Twitter, Facebook, Instagram… n’oublions pas qu’ils ne sont qu’une marchandise destinée aux annonceurs de ces nouveaux médias. Alors, soyons sérieux! Quand allons-nous comprendre que se plier aux desiderata des utilisateurs des réseaux sociaux ça équivaut à se faire dicter sa ligne de conduite par un paquet de lessive?

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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