De mon lit à Enthoven
Par Christophe Sibille , le 18 septembre 2018

Christophe SIBILLE et sa lectrice

J + 47, après ce moment pourri ou la roue avant de mon vélo a lâchement décidé de se désolidariser du reste, me donnant une occasion unique autant que peu rêvée d’aller explorer l’état du bitume, puis celui du service public de santé français, (que le monde entier nous envie), sur le terrain même.

Le personnel. Tous, aides-soignantes et aide-soignants, infirmières et infirmiers, personnels de service, médecins, sont vachement sympas. Ils sont extrêmement compétents, ne font pas mal quand ils piquent, et, nonobstant,  ont tous obtenus leur épreuve: «je rentre dans la chambre exactement en même temps que je manque de défoncer la porte en frappant» avec mention très bien. C’est vrai, ça, pourquoi frapper, puisqu’ils entreront quoi qu’il arrive? Qu’il soit onze heures du matin ou quatre heures de l’après midi, (ou l’inverse.) C’est criminel, de risquer de voir un patient en train de reposer du sommeil du défoncé au Tramadol? C’est jouissif, de l’entendre borborygmer sur son lit de douleur en tentant de se décoller les yeux à deux mains?

Mais ça irait, s’il n’y avait pas la toilette. Tiens, à propos, je viens justement de voir passer un statut assez marrant, sur mon «mur» social … «Je vois vingt hommes nus par jour», y’a écrit en haut de la page. Puis un grand espace-suspens, et, en bas: «je suis aide-soignante.» Hé ben, moi, je peux dire qu’il y a à peu près vingt-cinq aide-soignantes qui ont vu mon cul, depuis que je suis dans ce putain de lit. «Quelle chance», me diras-tu, ô ma lectrice, car tu penses me connaître. «Non», te répondrai-je, car tu me connais mal. Je peux te certifier que se faire laver le cul par une aide-soignante n’a rien d’un jeu érotique; c’est une humiliation. Surtout si elle est mignonne et jeune. Et tu sais quoi? Il y a des aide-soignants!!!!! L’horreur. Bref.

Et puis, j’ai envisagé une relativisation de ce dégoût bien légitime en retournant derechef chercher pire sur mon «mur». Bingo! «J’ai super honte pour nous toutes qu’on laisse Raphaël Enthoven s’exprimer, insulter plein de femmes sur scène sans que personne ne l’arrête.» Houla ! Raphaël Enthoven aurait insulté quelqu’un ? Ca me semble aussi crédible que Christine Boutin se lançant dans les tutos « double éjac faciale », ou Benjamin Griveaux ayant un propos spontané.

Ma crise de tachycardie une fois dissipée, je lis la suite du « tweet » : «Ce ne m’était jamais arrivé d’avoir honte en tant que militante féministe.Assez horrible comme sensation.»

Ah, d’accord, je comprends mieux l’ire de la dame! Voici donc le propos de l’ex Monsieur Bruni, que tu puisses te faire ton idée par toi-même sur la légitimité de l’horribilité de sa honte, à cette choupinette, ô ma lectrice. Même si je sais que tu adhères à mes propos comme la langue de Castaner au cul de Jupiter. Je résume Monsieur Enthoven: «je remercie Madame Schiappa de n’avoir pas réservé cette manifestation à une certaine frange de féminisme», «je trouve que la non mixité, qu’elle soit d’ethnies ou de sexe, favorise l’expression d’un discours unilatéral de rejet de l’autre», et «être victime n’est pas un passe-droit, c’est une exigence supplémentaire.»

Putaiiiiin, le scud!!! L’agressivité! A côté, Christine Angot, c’est le Dalaï Lama! Coupable de non respect d’attribution de l’exclusivité du féminisme aux coupeuses de couilles! Et par un porteur des susdites autant que honteuses burnes! Cette intervention mesurée a valu à notre philosophe le «tweet» suivant, qui te confortera dans l’assurance que l’esprit démocratique est solidement ancré chez ces féminases, que, par politesse, j’appellerai des connasses: «je trouvais que le fait qu’aucune militante ne monte sur scène pour l’interrompre marquait un échec pour les activistes féministes.» Mais c’est pas tout! Ces imbéciles ont réussi l’exploit de me raccommoder avec Elisabeth Lévy! Ben ouais, elles sont tellement accros à leur statut de victimes qu’elles ne supportent pas qu’une de leurs consœurs puissent avoir l’outrecuidance de s’en affranchir. Pathétique.

Et je suis extrêmement déçu qu’un brillant chroniqueur et ami n’ait trouvé comme seul angle d’attaque pour rendre compte de cette université le brocardage de l’alcoolisme de la sus-citée directrice de «Causeur»  (Journal de droite, qui, entre parenthèses, dit moins de conneries en ce moment que: «le Monde» ou «Libé» …). Comme quoi «l’esprit inter» est capable de s’abstenir d’en avoir.

par Christophe Sibille

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