Début de millénaire au rabais
Par Anthony Casanova , le 10 décembre 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

A chaque fois qu’une personne, qui me tient un tant soit peu à l’affection, s’en va vérifier que le ciel est vide, je me surprends à avoir une irrésistible envie de « croire » en l’Homme pour ce qu’il a d’éphémère et de sublime … et puis, au détour d’une idée dite tout haut pour coller au mieux à ce que certains pensent sous eux, je m’en vais maudire l’Homo sapiens d’avoir une espérance de vie plus longue que celle d’un poisson rouge. Parce qu’à bien y réfléchir, il est tout bonnement injuste qu’un homme aussi con qu’un poisson vive plus longtemps que lui ! Et je ne sais pas si c’est dû à la démocratisation des réseaux sociaux, mais ces derniers temps, je trouve qu’il y a plus d’humanité à voir un poisson qui tourne autour du scaphandrier de l’aquarium, qu’à lire les « philosopheries » éructées sur Facebook ou sur Twitter.

Attention, je ne suis pas en train de critiquer le progrès, simplement de regretter que des moyens servant à rendre le monde plus petit soient utilisés pour trouver « l’étranger » toujours un peu plus barbare. Pourtant, je trouve les réseaux sociaux fabuleux. Par exemple lorsque ce 5 décembre, à l’annonce du décès de Nelson Mandela, Paris Hilton rendit hommage à « son » discours « i have a dream » sur Twitter… et bien j’ai trouvé ça épatant ! Oui épatant, presque un instant de grâce, pourquoi ? Comment pourquoi ! Enfin, rendez-vous compte à quel point nous vivons une époque formidable pour qu’un vieil homme mourant en Afrique du Sud, puisse émouvoir une jeune femme à Los Angeles, et que par ricochet, sa réaction fasse piquer un fou rire à un mec dans un bar à vin en Corse  ! Nous sommes, les uns les autres, si proches et si lointains… pourrais-je conclure si je n’avais trouvé une meilleure conclusion. Mais comme je n’en ai pas d’autre, je dirai : « nous sommes si proches et si lointains ».

Malheureusement, ces moments où la poésie le dispute à l’absurde sont rares. Généralement, l’Homme-moyen utilise ses petits doigts boudinés pour faire l’apologie de son ignorance la plus crasse, voire de sa haine la plus phobique. Tout ça pour ça, me direz-vous, et je vous ne le ferais pas dire. Mais bordel, suis-je le seul à n’avoir pour but dans la vie que celui d’étreindre une jolie femme, boire du bon vin, tendre la patte aux chats perdus, et se marrer avec des copains, le tout sans emmerder ses voisins ? Parce que bon, je sais pas si vous êtes au parfum, ou si vous mesurez pleinement la chose, mais demain nous allons vieillir, après-demain sans doute mourir ! Et nous, oui nous, braves cons lambdas, nous ne serions bons qu’à utiliser les inventions de ce début de millénaire, pour s’indigner que la nouvelle Miss France n’ait pas la même pigmentation que les fesses de Christine Boutin ? Mais c’est à désespérer du progrès, du futur, et tout ce qui peut se passer demain dès l’aube à l’heure où vous connaissez la suite !

Oh oui, hypocrites lecteurs, mes semblables, mes frangins, allons-nous, sans un petit air frondeur, sans un doux rêve hédoniste, sans une légère résistance joyeuse, laisser notre société regarder l’horizon par dessus un océan de fiel ? Parce qu’à ce rythme-là, dans 1 000 ans l’Histoire nommera notre période « l’ère des médiocres », et nous ne l’aurons pas volé.

par Anthony Casanova

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