Des bêtes et des cons
Par Anthony Casanova , le 14 octobre 2014

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Ah qu’il est beau cet amour inconditionnel de l’animal pour son maître, son propriétaire, son gargotier, ou parfois même son tortionnaire. Il y a dans ce lien fait de pouvoir et de sacrifice, un je-ne-sais-quoi s’apparentant à de l’amour. Un amour véritable qui cause même d’énormes chagrins le jour où Médor cesse définitivement de remuer la queue.
Mais voilà, il arrive qu’à force d’être consolé par un animal quand justement ça va mal, de lui offrir de bons gros câlins, doucettement, curieusement, une personne oublie que cet amour, bien que sincère, se devait de rester platonique. C’est pourquoi le ministre danois de l’Agriculture, Dan Jørgensen, propose de sanctionner plus durement la zoophilie dans son pays, comme elle peut l’être ailleurs, notamment en France qui pénalise les « sévices graves ou de nature sexuelle envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ».

Certes, vous allez me dire qu’il y a une différence de taille entre, qui de l’Homme ou de la bête, est le pénétrant ou le pénétré… car Monsieur Seguin « honorant » sa chèvre ne fera pas les mêmes dégâts que Jon Arbuckle faisant découvrir la levrette à Garfield; Or, même si je ne peux vous donner tort, là n’est pas le problème! L’animal, peu importe qu’il se couche quand on lui dit: « couchez », n’a pas à être la « chose » de l’Homme. Bien qu’on ne puisse que féliciter la France qui, par le vote de ses députés en avril dernier, a reconnu aux animaux la qualité symbolique d’ « êtres vivants doués de sensibilité », alors que jusqu’à présent le code civil les considérait comme « des biens meubles », il reste encore des lieux où l’animal vaut moins qu’un aliment, moins qu’un meuble, moins que rien : lors des combats de Coqs et lors des corridas.

A quel moment un pays « civilisé », moderne, au fait des derniers progrès de la science, peut-il admettre que la corrida est un jeu, un sport, de l’art? Par quel putain de dysfonctionnement du cerveau, nous admettons encore que la lie de l’humanité puisse se gloser devant un animal qui agonise?
C’est le cas à Rodilhan, petite ville du Gard, qui se transforme chaque année en Mecque des sanitaires tant il y a une concentration de trous du cul. Ces connards, et je pèse mes mots, il y a 3 ans, ont littéralement lynché le petit groupe d’amis des animaux venus empêcher la mort du seul être vivant qui eut un brin d’humanité au sens noble du terme. Les connards de Rodilhan allèrent, courageusement, en masse, tabasser ces braves gens assis en cercle au milieu de l’arène. Je revois encore les images de ces « hommes » piétinant et déshabillant une jeune femme qui essayait de leur réchapper. A l’instar de Cavaillon et ses melons, de Montélimar et ses nougats, d’Aix-en-Provence et ses calissons, de Strasbourg et sa saucisse, il y a aussi Rodilhan et ses connards… chacun sa spécialité me direz-vous.

Il faut le savoir, le connards de Rodilhan est plus qu’une tradition, c’est une institution! A tel point qu’à la maternité, quand un couple de rodilhanais demande : « alors c’est une fille ou un garçon? » la sage-femme répond: « non, c’est un connard. » Et ainsi, ce charmant couple qui, il n’y a encore que quelques années, était toujours frère et sœur, s’en va ravi que les chiens ne fassent pas des chats, et les rodilhanais des Hommes. (Petite précision orthographique : si la ville de Rodilhan prend une majuscule, l’habitant ou rodilhanais n’en a nullement besoin).

Ce bijou de pleutrerie, commis par de nombreux rodilhanais, est l’essence même du connard qui fait la fierté de ce patelin, dont voici le slogan (véridique): « une âme de village aux portes de la ville ».  Ah l’esprit villageois bien de chez nous, ce bon sens qui respire le purin et l’ignorance… ça laisse rêveur. Fidèle au paradoxe voulant que ce soit toujours au milieu d’un tas de fumier que naissent les plus belles roses… c’est bien au milieu d’une arène, revêtant le visage d’un taureau ou d’une bande de pacifistes, que l’Humanité est sans cesse mise à mort par la barbarie.

Maintenant, pour en revenir à la zoophilie, je me dis que si, à juste titre, on condamne ceux qui abusent sexuellement des animaux, en vertu de quoi continuerait-on à autoriser ces grandes messes tauromachiques où des connards se branlent sur le cadavre d’un animal.

par Anthony Casanova

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