Des raisons d’être optimiste

par | 6 Déc 2022

En ces temps difficiles, et si l’on n’est pas frappé par les épidémies de grippe, bronchiolite et covid, parenthèse pour dire qu’il faut faire une choix car on ne peut pas bénéficier des trois en même temps, les annonces faites ces derniers temps laissent présager des semaines de restrictions de toutes sortes. Tout sera une affaire de choix. Pour l’électricité, choisir entre coupure et délestage. Ce sera une question d’entrainement et d’habitude et cela permettra de retrouver des comportements oubliés comme le fait de lire à la bougie. Livre et bougie, deux objets dont beaucoup de gens ignorent l’existence et qui peuvent, dans certains cas, faciliter le sevrage télévisuel d’Hanouna. D’autre part, aller au spectacle pour remplir les salles qui ont besoin d’un public nombreux pour que l’ambiance soit chaleureuse. Bougez et allez voir n’importe quoi, de toutes façons avec le masque que les gens de bon sens remettent, personne ne vous reconnaitra. Choisir ente pouvoir d’achat en berne et inflation triomphante pour un pied de nez mérité au Black Friday, soldes et arnaques commerciales en tout genre. Ne pas subir la hausse des prix, c’est quand même plus facile quand on ne peut pas dépenser, faute d’argent. Choisir entre les sports d’hiver à la montagne, et le sport à Paris quand on n’habite pas trop loin de la capitale.

Grâce à Hidalgo, le sport à Paris est un exercice quotidien: sauteur les trous, éviter les balustrades, slalomer entre les voitures à l’arrêt puisque les travaux les empêchent d’avancer, guetter les cyclistes et trottinettes pour ne pas subir les rencontres intempestives et les blessures irréversibles puisque ces pratiquants ne sont toujours pas assujettis au code de la route. Encore des raisons d’être optimistes en se disant que ça ne peut qu’aller mieux demain. Et la lucidité doit permettre d’être conscient de sa chance, la chance de ne pas vivre en Ukraine, en Afghanistan ou un de ces pays où l’ignoble ne prend pas de vacances.

 Et dans l’assiette en fin d’année, l’absence de foie gras réjouira certainement les fabricants de mortadelle avec de nouveaux amateurs à la clé. Les pauvres, un peu inventifs, comprendront qu’ils peuvent, eux aussi accéder aux sports d’hiver, s’ils apprennent à construire des igloos. L’exclusion n’est pas une fatalité et la proximité des riches enrichit toujours si l’on ne met pas de barrières pour les côtoyer comme pourrait dire Elon Musk.

Alors, un peu d’humour, un peu d’amour, et tout ira bien si on conserve les yeux ouverts tout comme les fenêtres qu’il faudra garder fermées tout en aérant votre logement pour se préserver du covid. Une subtilité dans le comportement de tous les jours qui témoigne des contradictions de notre existence future. 

Des raisons d’être optimiste également avec le fait que les livres de Qi Shi Tsu, malgré la grippe aviaire, sont toujours disponibles pour la fin d’année avec des prix bloqués. Qu’on se le dise !

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
D'autres Chroniques

De Villepin et le miracle juif

En guise de préambule, faisons un petit bond dans le temps pour nous remémorer l’existence de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy. Lors des universités d’été de son parti en...

A quoi voit-on qu’on devient vieux?

Comme j’ai constaté que je n’ai jamais été aussi vieux (même si je suis très jeune) et qu’autour de moi, beaucoup de connaissances n’arrêtent pas de vieillir, j’ai voulu savoir à quoi l’on voit que...

La haine dont on se fiche

La haine dont on se fiche

Que du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle, on le nomme l’antijudaïsme pour reprocher aux Juifs leur foi et leur histoire ; Que dès la fin du XIXe, on l’appelle l’antisémitisme pour justifier racialement...