Deux bons points et une image
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Un grand bonjour, tout d’abord, ô ma lectrice.
Et bonne rentrée à toi!
Et, si tu n’es ni professeur, ni élève, ni parent d’élève, ben, bonne rentrée quand même. Bien que, par les temps qui courent, tout ce qui ne fait partie d’aucune de ces catégories et qui n’est ni King-Jong-Un, ni Teddy Riner, ne fasse pas tellement causer dans le poste.
Et si en plus Roger Federer gagne l’Euro de natation, j’te dis pas!En ce qui me concerne, et pour la deuxième année consécutive, je n’aurai pas le bonheur de vivre les quelques nuits d’insomnie précédant la trouille au ventre du retour en amphi devant une cinquantaine d’étudiants se préparant eux-mêmes au doux métier d’institu … de professeur des écoles, pardon.
Trouille au ventre devenant, au bout d’une dizaine de minutes, joie de faire le kéké devant un groupe de jeunes la plupart du temps sympas et attentifs. Chance qu’ont rarement les collègues appelés à exercer auprès d’adolescents dont l’hypertrophie de l’ego et l’insupportabilité sont très exactement proportionnelles à l’ignorance.
«Mais pourquoi diable ai-j’me tu commencé ce papier par «hé bé», avant de digresser pour cette première fois de l’année qui n’est très vraisemblablement pas la dernière», me diras-tm’uj?
Parce quejm.Hé bé, figure-toi que je n’avais jamais regardé l’émission de Laurent Ruquier, «on n’est pas couché.» Parce que j’aime bien aller me coucher, même tout seul, mais aussi parce que je n’aime pas ça. Les «talk show» à la télé.
Bref, et pourtant.
Je ne sais pas quel ministre sera Jean-Michel Blanquer. Deux certitudes, cependant ; il sera moins nul que celle qui l’a précédé. Et il a commencé par faire preuve, dans cette émission, à la fois d’une abnégation sans bornes, d’un esprit de synthèse exceptionnel et d’une bienveillance de compétition pour réussir à répondre clairement à Christine Angot tout en réussissant à distinguer les quelques seuls mots distinguables dans son foutoir argumentaire. En lui disant simplement: «il va effectivement falloir réussir à se faire confiance, et, avant tout, à faire confiance aux professeurs».
Fais gaffe, Jean-Michel! On n’est pas habitué!Après les humiliations successives effectuées par Allègre, Ferry, Fillon, Robien, Darcos, (un peu moins), Chatel, Peillon, Hamon, Najax, réalises-tu le nombre d’AVC que ta déclaration est susceptible de déclencher chez les collègues?
Et la mort programmée des pédagogistes, ces ex-professeurs ratés-tarés, donc devenus conseillers de ceux qui s’obstinent à vouloir transmettre des connaissances, tout en leur imposant des dispositifs qui les empêchent d’y parvenir, tu y as pensé, petit canaillou?
Bon, j’espère (et je crois) que oui!

Notre nouveau ministre a d’ailleurs dit, dans une de ses réponses à l’absconse: «il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs». Ce qu’essaient en permanence de faire les pédagogistes susnommés. En ne se contentant d’ailleurs pas de mettre la charrue du savoir devant les bœufs de la méthodologie, mais en la supprimant de fait en ne gardant que les premiers … Phénomène d’identification? Je le crois, ma chère baronne.
Agréable aussi de pouvoir décerner un bon point à Yann Moix pour sa question sur la  la trouille qu’on certains enseignants d’enseigner la Shoah. Et à la réponse très claire du ministre décidant de tordre le cou à des concessions permanentes et honteuses à une présumée islamophobie et à «l’hystérie anti-raciste».
Un petit bémol quand Jeanne Balibar, qui, paraît-il, a fait Normale-sup, dit: «le rap, c’est extraordinaire». Je ne suis pas certain d’aller voir le film sur Barbara, du coup.
Allez, Jean-Michel! Si tu ponds une circulaire pour décréter que l’élève au centre, l’évaluation par compétences et la classe inversée sont les vrais génocidaires de l’école d’aujourd’hui, je te pardonnerai presque d’avoir tenté de nous imposer une rentrée en musique!

par Christophe Sibille

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