Devoir de vacances
Par Naqdimon Weil , le 25 juin 2018

NAQDIMON fait son malin

Bon, ben comme on dit en finissant une bonne bouteille entre amis, une de plus en moins. Voilà encore une année de chroniques plus ou moins drôles, plus ou moins énervées, plus ou moins bourrées de fautes et de coquilles – mais là, la faute morale me retombe intégralement dessus, car parfois je joins la meilleure correctrice du monde trop tard -, encore une année à faire le malin, à défaut de faire le Malien ou le Malouin, pour de basses raisons géographiques, à faire état de mes états d’âme et à balancer 4000 signes hebdomadaires pour causer de tout et de rien mais à ma sauce.

Donc, il est temps de faire un petit bilan avant d’aller buller sous les cocotiers au bord de la plage. Enfin, si je trouve une plage avec des cocotiers sur les bords de la Moselle et ça, c’est pas gagné. Mais bon, allons-y pour le grand huit de l’actualité 2017/2018.

D’abord, pour moi, il y a eu un bouquin –  si si, j’vous jure, « Votre problème n’est pas résolu » aux éditions Les Passagères, dans toutes les bonnes boulangeries – et un passage de six heures en réa juste parce qu’on allait me virer les amygdales, bref, on a failli se dire bye-bye, mais là, ça va, merci pour les fleurs, c’est sympa mais j’aurais mieux aimé du chocolat. Mais sortons de mon petit nombril et allons voir le Monde. Ben, soyons honnêtes, c’est un beau bordel. D’accord, Daesh est battu et il recule sur tous les fronts, mais ça n’empêche pas des connards assassins qui se réclament de cette entité merdeuse de tenter de buter un maximum de nos contemporains de toutes les pires façons possibles, en se faisant exploser ou en utilisant un camion, voire en égorgeant un type courageux qui avait pris la place d’une otage. D’un autre côté, nos amis les fafs, rebaptisés « populistes » déferlent en masse dans toutes les démocraties, de Trump qui se vautre dans la fange du racisme le plus con aux Autrichiens et aux Italiens, en passant par les Hongrois et le Polonais, c’est le concours de celui qui sera le plus navrant. Tout ça parce que de braves gens fuient la misère et la guerre, voire les exactions dans leurs pays d’origines et viennent s’écraser la gueule en masse sur les frontières de l’Occident. Quand ils ne meurent pas en Méditerranée sous le regard de plus en plus indifférent des pays riches qui n’en peuvent plus de roter leur fortune aux yeux des pauvres. La Chine, elle, ça va. Elle se fout sur la gueule avec les Ricains via commerce interposé et le régime redevient ce qu’il a toujours été, une dictature. Bah, c’est pas comme si le Venezuela avait des problèmes, hein, le pays du bolivarisme triomphant. Où surtout triomphent la répression et la misère. Pour les femmes, super, elles peuvent enfin avorter en Irlande et conduire en Arabie Saoudite, mais de partout, les vieux démons reviennent et on parle de plus en plus souvent de revenir sur le droit à l’avortement, faites gaffe, les filles ! Et je passe sur les affrontements à la frontière entre Israël et Gaza qui permettent le grand manichéisme journalistique à peu de frais, Poutine qui se la joue Nouvelle Tsar, Erdogan qui se prend pour Soliman le Magnifique, Kim Jung Un cherche à imiter Gandhi et il y a les autres, tous les autres…

Quant à la France, tout baigne. La doxa anti-scientifique bat son  plein, on décide qu’une molécule herbicide est la cause de tous les malheurs du pays, même si les études scientifiques disent toutes le contraire, pas grave, vaut mieux avoir une opinion qu’un résultat d’étude. Le gouvernement n’est ni de droite ni de gauche mais de droite et on sent que le fil du rasoir s’affute pour trancher dans les dépenses sociales, hey, faut bien abonder au budget  les baisses d’impôts sur les sociétés en respectant les sacro-saints 3%. Quant à Jupiter Macron, il enfile les conneries comme on enfile les perles, mais surtout, il s’apprête à devenir chanoine honoraire du Latran, cette distinction sacerdotale d’Ancien Régime, tout en pissant joyeusement sur la Laïcité, après avoir nommé un soi-disant humoriste nettement islamiste au Conseil des Villes et avoir cajolé les curetons en voulant « réparer le lien entre l’Église et l’État »…

Bref, les amis, voilà où je vous laisse pour deux mois, en vous souhaitant de bonnes vacances, en vous disant de bien mettre tout ça sous la serviette de bain et surtout en vous espérant du plaisir, de la joie, et même un peu de bonheur, sait-on jamais, au milieu des rires des enfants, du sourire des amis et des bras de l’être aimé.

Et avec un rosé bien frais et des grillades pas trop cramées, juste pour le goût.

par Naqdimon Weil

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