Et Dieu créa… la boniche
Par Anthony Casanova , le 6 mars 2018

Anthony CASANOVA est politiquement correct

S’il y a une partie de l’humanité qui devrait porter l’athéisme dans son ADN, ce sont bien les femmes. Les femmes ou la Femme, avec cette majuscule que l’on octroie à une communauté ou à un peuple du moment qu’il possède des frontières et un hymne à chanter lorsqu’il reçoit une médaille d’or aux jeux Olympiques. Car si l’on dénombrait toutes les inventions que les hommes ont développées pour asservir les femmes, nous pourrions en conclure qu’une femme ce n’est pas qu’un genre : c’est une « race ». C’est pour cela que le sexisme n’est rien d’autre que la toute première forme de racisme.

Le poète Hésiode, il y a presque 3 000 ans, dans la Théogonie parlait déjà de « la race des femmes » comme d’un « fléau cruel vivant parmi les hommes » offert par Zeus qui « accorda aux hommes un fatal présent en leur donnant ces femmes complices de toutes les mauvaises actions ». Zeus, Yahvé, Dieu et Allah : même combat. Des religions antiques aux trois monothéismes : rien n’a changé, la Femme est le mal originel.
Comme l’affirmait assez clairement saint Paul dans ses Épîtres :
« Que la femme reçoive l’instruction en silence, avec une entière soumission. Quant à enseigner, je ne (le) permets pas à la femme, ni de prendre autorité sur l’homme; mais (elle doit) se tenir dans le silence. (…) Je veux cependant que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, que le chef de la femme, c’est l’homme ». Par ailleurs, saint Paul parlait déjà de voiler les femmes en signe de « sujétion ». Comme quoi la liberté de « se voiler » ça revient un peu à la liberté de choisir la couleur de sa laisse.

Si nous avons entièrement raison de pointer du doigt toutes les immondices faites aux femmes dans les pays musulmans, il ne faut pas oublier que la haine des femmes n’est pas l’apanage des illuminés du Coran. Les pays catholiques ne sont jamais en reste, dès qu’il s’agit de cloisonner la vie des femmes, et ce ne sont ni les Irlandaises ni les Polonaises qui nous diront le contraire. Si nous avions abordé, il y a quelques mois, le sort au Salvador de Teodora Vasquez condamnée en appel à 30 ans de prison pour une fausse couche, il faut constamment garder à l’esprit que c’est la religion, toutes les religions qui sont un carcan pour les femmes. Peu importe le pays, il suffit que la religion y soit forte pour que les femmes en payent le prix.

Le meilleur exemple c’est que le dernier endroit au monde où les femmes n’ont pas le droit de vote n’est ni en Amérique latine ni au Moyen Orient mais, en Europe, à 1 104 km de Paris : L’État de la Cité du Vatican. Dans un article, paru jeudi 1er mars, de L’Osservatore Romano, les conditions de travail des religieuses y sont dénoncées. Sous couvert d’anonymat, plusieurs témoignages révèlent que pour les religieuses au service d’évêques et de cardinaux le travail ressemble à si méprendre à de l’esclavage.
Au Vatican les femmes « se lèvent à l’aube pour préparer le petit déjeuner et vont dormir une fois que le dîner a été servi, la maison mise en ordre, le linge lavé et repassé (…) les sœurs n’ont pas d’horaire précis et réglementé, comme dans le monde laïc, et leur rétribution financière est aléatoire, souvent très modeste ». Les religieuses tombant malades sont renvoyées dans leurs congrégations, pour être remplacées aussitôt « comme si elles étaient interchangeables ». Ne dînant jamais à la table de ces messieurs, « les sœurs sont perçues comme des volontaires dont on peut disposer comme on veut, ce qui donne lieu à de véritables abus de pouvoir ».

En mai 2016, le pape François avait formulé un conseil à l’Union internationale des Supérieures générales : « quand on vous demande une chose qui révèle davantage de la servitude que du service, ayez le courage de dire non ». En ajoutant qu’il ne fallait pas « sombrer dans le féminisme ». Ah le féminisme ! Ce gros mot tant redouté par ceux qui savent que l’amour de Dieu est indissociable de la haine de l’humanité.

Il faudrait mille chroniques pour rapporter tous les passages des livres dits sacrés où la femme n’est considérée qu’en accessoire à disposition de l’homme. Car s’il y a une existence moins enviable que celle du dernier des damnés de la terre, ce sera toujours, et grâce à Dieu, celle de sa femme.

par Anthony Casanova

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