Dieu et les extraterrestres
Par Anthony Casanova , le 27 novembre 2018

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Depuis que l’Homme sait que la Terre n’est qu’une planète parmi les 100 milliards que compte la Voie lactée, et que notre Galaxie a 170 milliards de sœurs au sein de l’Univers observable, l’éventualité d’une vie extraterrestre a fait son chemin. De H. G. Wells à Steven Spielberg, en passant par Jean-Claude Bourret, l’idée que de petits hommes plus ou moins verts vont venir à notre rencontre, histoire de nous apprendre à être moins cons ou pour nous anéantir, en a fait fantasmer plus d’un.

L’extraterrestre est ce personnage qui vit au-delà du monde connu. C’est cet étranger qui est, sans doute, plus savant, plus fort, plus dangereux que nous ne le sommes. D’ailleurs, ce rôle d’extraterrestre, nos ancêtres l’ont déjà interprété en débarquant sur les plages du Nouveau Monde. Et, par expérience, on sait que celui ou celle qui se retrouve nez-à-nez avec un explorateur voit son espérance de vie chuter dangereusement. Ne nous faisons pas d’illusions, si d’aventure la future fusée Apollo 712 trouvait une vie sur la planète Pasdebol, on se questionnerait longuement pour savoir si les habitants de Pasdebol ont une âme. C’est le synopsis de La Guerre des mondes.

L’idée d’une vie extraterrestre est millénaire. Par crainte, nous l’appelons couramment: Dieu. Dieu, quelque soit le nom qu’on lui donne, qu’il ait crée la Terre en 7 jours ou en s’envoyant en l’air avec Chaos, est le premier extraterrestre imaginé par l’Homme. On espère que Dieu est gentil mais, à tout hasard, on s’agenouille en le priant pour ne pas froisser sa susceptibilité. Malheureusement pour l’Homme, plus il cherche Dieu plus la science lui prouve qu’il cherchait au mauvais endroit. Déçu que la Terre ne soit ni plate ni au centre de l’Univers, l’Homme a fini par imaginer la cachette de Dieu non pas dans l’infiniment grand mais dans l’infiniment petit: le cœur. Eh oui, Dieu serait en chacun de nous, il serait bien au chaud dans le cœur moelleux de ses petits croyants.

Via ce principe aussi con que transcendant, John Chau, missionnaire de 27 ans, est mort en voulant apporter l’amour de Jésus au peuple des Sentinelles. Ce peuple, qui est décrit comme «le plus isolé de la planète», vit en autarcie depuis 60 000 ans. Nous vivons à l’extérieur de leur monde connu, et leur monde nous est inconnu. Nous sommes leurs extraterrestres et, par certains côtés, ils sont aussi un peu les nôtres. Quand un hélicoptère, un bateau ou un quidam s’approche de leur île, les Sentinelles l’accueillent avec des flèches. John Chau, ne supportant plus ce petit monde où l’on ignorait l’existence de son Dieu, décida d’agir en vain. Cependant, la mort de ce jeune abruti est une bonne nouvelle pour les Sentinelles car, n’ayant pas notre système immunitaire, le moindre petit virus aurait pu tout bonnement les exterminer. Les religions sont pavées de belles intentions dont on fait les plus solides cercueils.

Comme le dit le proverbe: l’expérience est une lanterne qui n’éclaire que derrière soi, et, à ses dépens, John Chau a appris que la Bible tel le Coran, c’est un peu de la merde, ça n’arrête jamais les flèches. Ainsi est l’Homme qui, dans sa grande candeur, passe son histoire à découvrir que le Père Noël n’existe pas.

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