Dracula, petite bite !
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Et voilà, c’est reparti, et pour encore 48 heures, on va se taper des citrouilles en vitrine, des sorcières moches accrochées aux balcons et des mômes mal déguisés en fantômes et en tueurs en série. C’est Halloween, avec le cortège obligatoire de costumes bidons et de sucreries farcies de E171 au dioxyde de titane qui va transformer tes gosses en Colossus du pauvre. Attention, je ne dis pas de mal de la fête américaine, ça a l’air sympa, ces moutards qui viennent sonner chez vous pour vous demander des bonbons afin d’entretenir par avance leur future obésité et pour se pourrir encore plus les chicots. Je ne suis pas du genre à vomir la chose simplement parce qu’elle débarque des USA, je laisse ça à la Franfe Infoumive, si ça donne l’occasion à certains de se marrer et de faire la fête, moi, honnêtement, je m’en brosse le neurone à appropriation culturelle. Alors oui, c’est une arnaque commerciale, faut pas confondre les zones pavillonnaires des banlieues ricaines et les barres du 9-3, mais après tout, c’est pas plus con qu’autre chose.

Quant aux déguisements des chiards, j’arrête tout de suite ceux qui viennent râler à l’idée que les déguiser en morts-vivants ou en Monstre des marais, ce serait s’amuser à les terrifier, pauvres petites choses fragiles. Hey, les angoissés du subconscient à la mie de pain, vous ne savez pas que les moutards adorent avoir peur ? Vous n’avez jamais fait « BOUH !  » à un gosse, histoire de l’entendre crier de trouille avant qu’il ne se mette à hurler de rire ? Alors, vous avez tout loupé, petits censeurs de joies simples. Car c’est un vrai plaisir d’avoir peur, une bonne frousse verdâtre, qui joue avec les angoisses de la mort pour mieux s’en moquer et s’en libérer. Pourquoi vous croyez que le cinéma d’horreur – non, je ne parle pas des films de Duras et de Dolan – fasse autant recette, bande de pisse-froid ? Parce que tout le monde aime se faire peur, une peur maîtrisée, depuis l’épouvante insidieuse des nouvelles de Lovecraft jusqu’à la frayeur tripale qui vous prend quand le wagonnet dévale la pente du Grand Huit à fond la caisse, vous faisant hurler de trouille et de bonheur.

D’ailleurs, ça ne touche pas que l’imaginaire, ce besoin de se faire peur, de repousser les limites de l’angoisse. Bien sûr, il y a les livres d’horreur, les films d’épouvante, les histoires sanguinolentes et diaboliques. Mais surtout, il y a les discours de certains politiques. Pendant des années, le croquemitaine le plus flippant, c’était l’extrême-Borgne, père de l’extrême-Blonde, une famille Addams à la française, sans le côté délicieusement décalé de Morticia et Gomez ni leur profonde humanité. On a tous bien flippé en imaginant l’horreur que serait une présidence FN. Sauf que, jusqu’à preuve du contraire, il existe encore un petit réflexe de survie dans ce pays, les Le Pen à l’Élysée, c’est comme le retour de la peste noire, terrifiant, mais peu probable.

En revanche, moi, celui qui me colle les foies, c’est Wauquiez. Oui, oui, le quadra sympa et  bien propre sur lui à tronche de premier de la classe qui se serait renversé de la farine sur les tifs, en voilà un qui me fait flipper ma race sévère. Il se déclare représentant de la France Sociale. Social, lui ? Celui qui parle du cancer de l’assistanat, celui qui veut tailler à la hache dans les retraites – sauf la sienne, faut pas déconner non plus -, celui qui pense que la précarité est la situation naturelle du travailleur ? Ben merde alors ! Sérieux, le vainqueur le plus probable de l’élection à la présidence de Les Républicains est aussi social que je suis fait pour danser le Lac des Cygnes avec mes 20 kilos de trop. Si tu penses – pas forcément à tort – que Macron attaque le droit social à hache, imagine que ce soit Wauqiez à la place du mari de Brigitte, c’est plus Massacre à la Tronçonneuse qu’Arsenic et vieilles dentelles ! Quand je regarde la tronche du Président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, j’ai l’impression de voir celle de  Patrick Bateman, d’American Psycho*, capable de te décrire de la même manière sa façon de nouer sa cravate et celle de massacrer un clochard à coups de couteau. Je suis sûr que la nuit, l’ancien Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche parcourt les rues du Puy-en-Velay pour buter des petits chats mignons…

Alors, moi, c’est pas dur, le premier môme qui sonne chez moi déguisé en Laurent Wauquiez, je lui colle un coup de pelle dans la tronche, par sécurité !

* : American psycho, Bret Easton Ellis, 1991.

par Naqdimon Weil

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