Une droite qui donne envie de gauche
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

ranson-434-3A moins que la Troisième Guerre Mondiale ne nous emporte tous, au soir du 7 mai 2017 nous saurons qui gouvernera la France jusqu’en 2022. On peut voter, ne pas voter, crier à l’assassin, cela n’y changera rien: L’Élysée ne fera pas l’économie d’un locataire aux frais du contribuable.

Dans un élan d’optimisme qui ferait passer Michel Houellebecq pour Patrick Sébastien, nous avons l’air de nous résigner à voir François Fillon sur le trône de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Heureusement, il nous reste encore 5 mois pour faire mentir les instituts de sondage que nous avons trop tendance à prendre pour Madame Soleil.

Pourtant les primaires de la gauche c’était l’occasion, si tout le monde avait joué le jeu, d’entendre parler de protection sociale, de laïcité, d’économie, d’écologie… d’organiser des débats allant de Pierre Laurent à Emmanuel Macron en passant par Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche et Christiane Taubira. Un galop d’essai pour savoir qui aurait eu le plus de chance d’éviter que l’extrême droite ou la droite dure n’arrive au pouvoir puisqu’au final, et selon la formule consacrée par Highlander, il ne peut en rester qu’un.

Malheureusement, il semblerait que tous ceux qui refusèrent de participer à cette primaire de la gauche ne l’ont fait que pour une histoire d’ego et de nombrilisme, et là ça pose le problème d’un «après moi le déluge» qui devrait nous puer au nez. D’ailleurs, n’en déplaise à Macron pour qui la démocratie c’est «Ok Corral», le but n’était pas d’amener tout le monde à gouverner ensemble mais d’éviter les multiples candidatures dont la finalité risquent d’aboutir à un duel opposant Fillon à Le Pen.

Pour la grande majorité des électeurs qui se déplaceront lors des primaires de la gauche, il y a ceux pour qui la victoire de Le Pen serait horrifique, celle de Fillon catastrophique, et une victoire de Manuel Valls ou de son double ne servirait à rien ou serait tout simplement synonyme de gros emmerdements pour les 5 prochaines années. Bref, entre l’horreur, la catastrophe et les emmerdes, je ne sais pas vous, mais vous remarquerez, je l’espère, qu’il y a de belles nuances. Je vous entends déjà pester qu’il y en a marre de voter pour le « moins pire » et qu’il serait temps que l’on aspire à mieux.

Certes, mais une élection, dans une démocratie, ce n’est pas un appel à voter pour votre héros ou pour celui ou celle qui vous ouvrira promis, juré, craché les portes du Walhalla. Un vote «contre» quelqu’un n’est pas moins digne qu’un vote «pour». Car enfin, ce n’est pas parce que votre idéal féminin est la chanteuse Rihanna ou que votre votre idéal masculin est Brad Pitt qu’il faut vous priver de flirter avec Madame Bidule ou Monsieur Machin! Rassurez-moi, plus personne n’éprouve le besoin de rester vierge jusqu’au mariage? Eh bien là, c’est pareil.

Comme je vous l’ai dit, le gros fauteuil de l’Élysée a horreur du vide même si pour cela il doit être rempli par du néant.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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