Du bonheur des autres
Par Naqdimon Weil , le 3 mai 2016

Les valeurs de Mr NAQDIMON

Mr Naqdimon by Babouse

Partager le bonheur, oui, mais pas avec n’importe qui.

Ce matin, alors que je terminais ma collation matinale en attendant que mon assistante m’informe des affaires en cours, je commençais à composer mon hebdomadaire chronique. J’avoue aimer ce moment particulier où, seul devant la baie vitrée qui s’ouvre sur mon parc où paissent d’innocentes biches, je cherche le sujet qui permettra à mes fidèles lecteurs d’entendre une voix autre que celle de la camarilla gauchisante de la médiasphère germanopratine. Je m’apprêtais à discourir sur la rassurante situation de la ville d’Alep que le Président El Assad ne va pas tarder à reconquérir avec l’aide du Président Poutine, deux hommes d’exception que d’aucuns voudraient faire passer pour de sanguinaires traîne-sabres, quand j’entendis un des animateurs de la station nationale s’interroger sur la notion de bonheur dans le peuple français. Ce questionnement m’ouvrit un nouveau champ de réflexions.

Abandonnant donc mes vues géostratégiques et diplomatiques pour une autre occasion, sachant par avance pouvoir compter sur le Moyen-Orient en cas de déficit de sujets nationaux, je me demandais quelle était donc l’importance de la notion de bonheur pour mes concitoyens. Et je dois avouer  que je balançais entre deux options.

Soit, d’un simple point de vue pragmatique, je pourrais me réjouir de savoir que les Français sont heureux, car des gens heureux travaillent mieux et protestent moins. Certes, mais cela signifierait également que les naturellement rebelles enfants de Marianne seraient satisfaits de la politique du sybarite de l’Élysée et du rastaquouère de Matignon, et cela, je ne peux le croire. Qui plus est, pour les âmes simples, le bonheur est une forme d’anesthésie qui rend le citoyen dolent et capable d’accepter les pires avanies sociétales, de la libération de la femme au mariage inverti, en passant par l’accueil à bras ouverts des allogènes de tout poil.

Soit, et c’est là que ma réflexion me mena, il faut s’inquiéter de ce bonheur funeste, surtout s’il est offert aux pauvres et aux démunis. Car, sans malheur ni famine, quels seraient les aiguillons qui pousseraient les obscurs et les sans-grades à se dépasser ? S’il est heureux, un brave soldat français oserait-il se jeter sur l’ennemi en hurlant ? Si elle baigne dans la joie, une fille de famille accepterait-elle de rejoindre le Carmel ? S’ils sont pleins de plaisir, les employés de maison ne finiraient-ils pas par se rebeller ?  Voilà qui serait une bien sombre perspective.

Il m’apparaît alors comme évident que le bonheur n’est pas fait pour tous et pour chacun. Certes, les gens de qualité, hommes blancs et catholiques, qui en connaissent le prix et la valeur peuvent aisément bénéficier de ses avantages. Mais pour les autres classes de la société française, moins capables d’en saisir la portée, je reste certain qu’un petit malheur routinier est plus à même de répondre à leurs besoins simples. Et donc, pour le plus grand bien de tous, n’exigeons le bonheur que pour ceux qui sauront en profiter, à Paris comme à Alep.

La semaine prochaine, nous aborderons, chiffres à l’appui, le problème de l’achat d’une résidence secondaire en Russie et les moyens d’obtenir la nationalité de ce beau pays.

 

par Mr Naqdimon

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