La dure lutte à Guignol
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

Belle lectrice et toi, ami lecteur, vous qui, lascivement installés sur vos canapés Øsnfrråstrüsm suédois,  vous régalez des emportements de Casanova, des attachements de Sibille, des ébahissements de Rocher, des iconoclasmes de Rouanet et des petitmickeys de nos petitmickeyeurs intempérants, ainsi que, parfois, de mes coquericages, je dois vous l’avouer bien humblement, on n’a pas toujours la vie facile.

Je sais bien que vous pensez que notre Rédac’Chef nous couvre d’éloges en nous versant nos immenses défraiements mensuels, au bar du Bristol pendant que d’accortes hétaïres slaves nous prodiguent des massages body-body. Ben, en fait, ce n’est pas du tout ça. Quand on se retrouve, et c’est rare, car nous sommes éparpillés dans toute la France – y en a même un à Châteauroux, t’y crois, toi, à Châteauroux ! -, c’est au comptoir du Balto à Vesoul et on parle de nos huissiers respectifs pendant que Momo nous verse un aigre Côte du Rhône qui fleure bon l’éthanol. C’est dire si la Grande Presse n’est plus ce qu’elle était.

Et, en plus, quand comme moi, tu dois exprimer de subtils avis sur le marigot politique de notre pays et qu’après avoir religieusement tapé sur Camarade Jean-Luc et l’Insoumis Circus, tu te sens une obligation morale de dauber sur la Droite française, je t’assure, belle lectrice et ami lecteur, tu ressens comme un vague sentiment d’abattement. Non, parce que, vanner le Lider minimo, ses colères, ses approximations, ses analyses à la truelle, ce n’est pas trop épuisant. Et puis, faut reconnaître, y a de la matière, il est costaud le bonhomme, il a de la ressource, du bagout et le sens de la formule. Bref, du nanan.

Le PS, on est poli, on n’en parle pas, c’est mal élevé de se moquer de quelqu’un en soin palliatif. Ce serait comme rire de Bayrou et du Modem, ça ne fait plus marrer que les auditeurs de Radio Courtoisie, et encore, les moins frais d’entre eux. Restent donc Macron et la Droite de Les Républicains. Sérieux, vous avez envie de rire en pensant à Wauquiez, vous ? En toute honnêteté ? Moi, ça me donne plutôt envie de mettre fin à mes jours en avalant deux boîtes complètes de laxatif. Et Barbie, heu, pardon, Valérie Pécresse, elle déclenche chez vous autre chose qu’un profond désir de vous peler les parties nobles à l’économe rouillé ? C’est pas dur, chaque fois que la Présidente d’Île-de-France ouvre son cornet, j’ai l’impression d’entendre un concert de scie musicale désaccordée. Y a vraiment pas de quoi s’éclater le neurone à poilade, avec des gens pareils. Et je ne te cause même pas de Ciotti, la calvitie conquérante, qui même quand il essaye d’avoir l’air malin, réussit à avoir l’air con. Même en faisant un gros effort, je ne peux pas faire rire d’eux, ils le font trop bien eux-mêmes.

Donc, il n’y a plus que Macron et ses amis. Mais là non plus, c’est pas fendard. Entre le Petit Nicolas sous acide et le Capitaine Haddock sous Prozac©, c’est gai comme un dimanche d’automne à Commercy ! D’accord, ils attaquent le Code du Travail à la hache d’abordage, ils traitent les syndicats et les journalistes comme du lisier périmé et ils ont la délicatesse d’une escouade d’éléphants en rut, mais, hé, les gars, faut pas jouer les surpris, ils l’avaient annoncé pendant la campagne. On ne s’attendait pas à Pipo et Piccolo font des blagues, non plus. On savait qu’on aurait le régime  pain sec et flotte tiède, ils sont honnêtes, là-dessus, c’est servi comme annoncé.

Bon d’accord, quand j’ai vu la photo de Not’Président debout entre l’autre grand dépendeur d’andouilles de Premier Ministre d’un côté et le décati Collomb de l’autre, ça m’a fait penser à un retour de séjour linguistique en Angleterre, avec Manu le malin au milieu, son cousin benêt Edouard à sa droite et à gauche, Tonton Gérard qui vient les chercher pour les ramener à la pension. Mais je ne peux pas dire que ça m’ait fait marrer plus de 2 centièmes de seconde. Et je suis pourtant un garçon qui a la rigolade facile.

Non, franchement, belle lectrice et ami lecteur, même en faisant un gros effort, y a vraiment pas de quoi rire.

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

# [Les derniers articles de Naqdimon Weil]

La une de Charlie