Ecrire contre l’oubli (7/7)
Par Jean-Pierre de Lipowski , le 27 mars 2018

Dans la mémoire de Lipowski

Résumé des épisodes précédents : en 1991, la productrice Béatrice Soulé propose à Amnesty International, dans le cadre du 30e anniversaire de cette organisation, de produire 30 courts métrages signés par 60 personnalités, 30 devant la caméra, 30 derrière. Cette série sera intitulée « Écrire contre l’oubli » et j’en serai le directeur de production. Dans les chapitres précédents, nous avons assisté à la mise en route de cette étonnante épopée cinématographique, puis découverts 26 des 30 films avec leurs péripéties et anecdotes de tournage. Ce 7e et ultime chapitre présente donc les 4 derniers films et s’ouvre sur celui de Costa Gavras et de Robert Badinter qui met en scène MC Solaar et le groupe Saï Saï.


Comme Claire Denis, Costa Gavras et Robert Badinter ont la bonne idée de développer leur projet en chanson, raggamuffin ce coup-ci, et forment pour l’occasion un nouveau couple en mariant le temps d’un film MC Solaar et le groupe Saï Saï.

Bruno Moynié se souvient : « Je fréquentais à l’époque toute une famille africaine à Villeneuve St Georges, une famille chapeautée par une Mama sénégalaise, un vrai personnage avec sa tribu de gosses et les amis de ses gosses, dont MC Solaar qui habitait dans la barre d’HLM voisine. C’est donc moi qui, au départ, ait joué les go-between avec Solaar.

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MC Solaar

D’entrée, il s’est déclaré partant pour un film au profit d’Amnesty ; le fait d’apprendre que le scénariste de la trame serait Robert Badinter lui-même et l’ensemble réalisé par un monument comme Costa Gavras, aussi prestigieux par ses films que par ses engagements, a bien sûr démultiplié son enthousiasme. Grande complicité aussi pour le premier assistant que j’étais sur la préparation avec Costa qui investit beaucoup de son temps sur le film. Cette connivence s’effaça un peu sur le tournage car là je le vis prendre sa casquette de capitaine du navire, et quand tu as un tel équipage, chanteurs, graffeurs et une flopée de figurants, faut pas que ça traine, d’autant qu’on a tourné en novembre et qu’à ce mois de l’année la lumière chute vite. »

Fabrice Puchault évoque lui la cavalcade pour les repérages : « Le cahier des charges était simple, il fallait un sacré grand lieu, lumineux (car pas beaucoup de moyens pour y trimballer un tonne de matos lumière) et couvert vu qu’un tournage en novembre avec deux cents personnes et des fresques de graffeurs, s’il se met à pleuvoir, t’es mal. Après x visites dans Paris et sa banlieue, on a fini par retenir la façade en verrière de la Grande Halle de la Villette. »

Les initiés du street art reconnaîtrons dans le film la patte d’un des pionniers du genre : Mode 2.

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Mode 2

Enlevé par l’acuité du texte et sa rythmique hachée ragga, ce titre a eu une vie, tubesque, bien au-delà du 30e anniversaire d’Amnesty puisque trois décennies plus tard il figure encore en bonne place sur You Tube aux registres MC Solaar ou Saï Saï.

Le coréen du sud Kim Song-Man, arrêté en 1985, torturé, condamné à mort puis à la réclusion à perpétuité, s’est heureusement vu libéré par la suite. Il avait eu connaissance de ce prestigieux ensemble d’avocats défendant sa cause.

Comme c’était le tout dernier tournage, j’ai réussi à m’arracher de mon bureau de St Cloud pour venir à la Grande Halle de la Villette afin de saisir, caméra en main, un semblant de making of. Que je vous livre ci-dessous.

Béatrice Soulé, productrice de la série, se souvient de la découverte de la toute première mouture du texte d’Anouk Grinberg : « Anouk, c’est du vif argent, elle avait mis toute sa fièvre dans sa lettre, pour le moins agressive, destinée au président du Myanmar. Quand je l’ai écoutée me lire le projet, j’en ai avalé de travers le thé qu’elle venait de me servir, et lui ai dit que son texte était très beau… mais qu’il sortait largement des rails diplomatiques dans lesquels tenait à s’inscrire Amnesty. Anouk peut être une pasionaria mais c’est aussi une fille sensible et intelligente ; elle a tout de suite compris que sa lettre serait contreproductive, pire, risquait d’accroître les conditions de détention d’Aung San Suu Kyi. Du coup, elle a accepté de réécrire. »

Pour épauler sa plume, Geneviève Sérieyx, la dir’ com’ d’Amnesty, se rappelle être allée chez Anouk Grinberg en compagnie de Vladimir Vinaver – le fameux Vladimir d’Amnesty évoqué au premier chapitre de ce récit – qui se trouvait être au demeurant l’oncle d’Anouk. Le film garde d’ailleurs trace des précautions oratoires déployées autour de cette lettre quand on entend Anouk Gringerg débuter son texte sur ces mots :  « Monsieur le Général, j’avais d’abord écrit une autre lettre… » Cela étant dit, et malgré ce compromis diplomatique qu’Anouk accepte de bonne grâce, on est en droit de se demander quel était le prime contenu de la lettre ; en effet, celle que l’on découvre ici ne mâche déjà pas ses mots et elle est livrée avec une fougue retenue, certes, mais avec ce regard caméra, noir et passionné, où l’interprète transmet son émotion et sa colère.

C’est Bertrand Tavernier, en place ici de Bertrand Blier indisponible, qui envahira avec notre équipe le plateau des Bouffes du Nord, mis gracieusement à la disposition de la production, pour filmer, ombre et lumière, la force de l’interprétation d’Anouk Grinberg, puis qui ponctuera son montage d’archives parfaitement ciblées, dont cette étonnante pirouette tout sourire du président du Myanmar quand la question porte sur l’amnistie pour les prisonniers politiques : « It’s not my business ! » Merci monsieur le Président. On s’adresse à qui alors ?

 ung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi

La birmane Aung San Suu Kyi a été mise en résidence surveillée le 20 septembre 1989. Libérée en juillet 95, elle est arrêtée une seconde fois en septembre 2000 puis libérée en mai 2002. Arrêtée une troisième fois en mai 2003, enfin libérée en novembre 2010, elle est, à l’heure des ces lignes, 2017, ministre et chef d’état virtuel du Myanmar, la présidence de la république étant assurée par Htin Kyan, un de ses proches. Prix Nobel de la Paix en 1991, Aung San Suu Kyi a donc du attendre 21 ans pour aller chercher son prix à Oslo en 2012. Ironique retour des choses, c’est aujourd’hui à son tour d’être sollicitée par Amnesty, comme dirigeante, en faveur de la minorité musulmane des Rohingyas gravement persécutée en Birmanie. Mais son pouvoir réel est entravé par les militaires qui ont main mise, de fait et toujours, sur le pays.

Vera Chirwa a été arrêtée en décembre 1981 au Malawi, condamnée à mort, sa peine est commuée en emprisonnement à vie ; elle sera libérée en janvier 1993. Son mari, Orton Chirwa est quant à lui décédé en prison le 20 octobre 1992. Vera Chirwa a été la première femme avocate du Malawi. Après sa libération, elle a créé dans son pays une ONG vouée à l’aide juridique gratuite ainsi qu’à l’éducation des femmes ; elle a été aussi, en 2000, nommée rapporteur pour la Commission des Droits de l’Homme de l’Union Africaine.

Quand Coline Serreau se voit proposer d’adopter un prisonnier d’opinion, elle envoie une très belle lettre à Béatrice Soulé où elle dit que l’adoption pour elle est quasiment un devoir de famille : « Ma grand-mère a adopté plusieurs enfants, filles et garçons… puis elle déclare : Mais c’est vous qui allez choisir pour moi, car moi, je ne saurais le faire. »

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(Photo Martine Voyeux)

Ce tournage, qui semble serein, en pleine nature, est en fait l’inconfort même. Coline Serreau voulait tourner à l’aube au sommet de La Lance, une montagne dominant le village de Dieulefit et que, hasard de la vie, je vois par ma fenêtre en écrivant ces lignes. Et oui, nous sommes pays par adoption, Coline et moi, puisque tous deux nous sommes tombés en amour de ce beau coin de la Drôme provençale et que, elle sur une montagne, moi sur celle d’en face, nous y avons chacun une maison.

Pour mieux comprendre les coulisses des choses, il faut rappeler, mais ça semble une évidence, que Jacques Higelin est plus un oiseau de nuit que de jour. En conséquence, il se couche tard. Le jour du tournage, vu qu’il fallait partir bien avant l’aube pour ne pas rater le lever de soleil, Jacques Higelin n’a carrément pas dormi. Arraché en plein milieu de la nuit par l’assistante de production, Martine Grenier, du lit où il venait de s’allonger, Jacques, courageusement armé d’un thermos de café, s’est glissé dans le 4X4 embarquant troupe et matériel. Sauf que le 4X4 peut gravir une partie des 1300 mètres de La Lance mais que, après, y a juste plus de route, tu finis à pied, matériel à dos d’homme. Et que le Jacquot de vouloir participer en portant lui-même le pied caméra. Évidemment, pour ne pas gâcher l’ambiance crapahutage-lampes-torches, il se met à pleuvoir. Coline crie à la file indienne : « Protégez mon artiste, un parapluie, vite ! » Mais Jacques ne l’entend pas de cette oreille et veut rester en osmose avec l’environnement nuageux car, j’avais oublié, ils grimpent dans un cocon de brume, celle que l’on retrouve aux premiers plans du film.

Ce n’est donc pas un artifice de maquillage sur la tête d’Higelin, c’est juste qu’il est réellement trempé. Il sortira aux anges de ce tournage frigorifiant, sans attraper, miracle, la crève, et rendu à Montélimar pour son TGV de retour, il prendra le temps d’offrir trois kilos de nougat à Martine Grenier, sans doute pour s’attirer les bonnes grâces futures de cette tortionnaire qui sort les gens du lit à quatre heures du mat’.

artine Grenier, tortionnaire de Jacques Higelin.

Martine Grenier, tortionnaire de Jacques Higelin.

Comme je l’évoquais dans les chapitres précédents, Béatrice Soulé savait que la réalisation tentait Michel Piccoli. Elle lui propose donc de tenir les deux rôles, devant et derrière la caméra. Sur le coup, il doute car trouvant l’enjeu du Droit de l’Homme fort lourd pour une première réalisation : « Je n’ai pas la liberté de me tromper. » Je pense que c’est à partir du moment où lui vient la très belle idée de son scénario qu’il bascule définitivement et accepte de le faire.

Photo Martine Voyeux)

(Photo Martine Voyeux)

Le tournage se fera dans l’École Vitruve, Paris 20e, Michel Piccoli y prenant comme assistante sa propre compagne : Ludivine. Laurent Crespel a gardé un souvenir mitigé du quartier : « Pas de resto pour faire manger l’équipe à proximité hors un boui-boui. Je deale avec eux et y embarque tout mon monde. Résultat des courses, gastro générale le lendemain, ce qui ajournera le montage qui devait se faire dans la foulée. Merci la rue de Vitruve. »

Ce très beau film figure en tout dernier des trente de la version long métrage. Cela s’est imposé, en point d’orgue d’espoir, à Béatrice Soulé et Roger Ikhlef se prenant la tête pour trouver le bon ordre des courts-métrages au sein du long (ordre que j’ai au demeurant respecté dans mon différents chapitres) ; ils avaient en effet été emballés par ce scénario où Piccoli parle de liberté (bleu), d’égalité (blanc), de fraternité (rouge) à des gamins ayant la chance de vivre dans un pays démocratique, une enfance qui sera appelée, comme le suggère la disparition de l’instituteur aux derniers plans, à reprendre un beau jour ce flambeau de liberté qu’Amnesty International s’attache à déployer depuis 1961.

Photo Martine Voeyux)

(Photo Martine Voyeux)

Le générique de fin

La toute dernière séquence d’un film est son générique. Voici ci-dessous celui de Contre l’oubli. Autant vous le dire tout de suite, il est d’une sobriété absolue ; en 7 minutes et 45 secondes de texte sur fond noir, soit l’un des plus longs génériques du cinéma français, avec seules les voix des protagonistes et la musique Confians de Mino Cinelu, il cite 484 intervenants dans un rigoureux ordre alphabétique et remercie 130 entreprises. C’est a priori du genre austère mais nous serons à la fois surpris et heureux d’apprendre, par divers témoignages de militants d’Amnesty, que le public en salle restait, silencieux, observant jusqu’au copyright final cet impressionnant défilement de noms ayant tous œuvré pour la cause universelle des Droits de l’Homme.

L’avant-première

Le 10 décembre 1991, Journée Internationale des Droits de l’Homme et veille de la sortie officielle en salles, le cinéma Pathé-Marignan des Champs Élysées affichait complet avec un parterre de personnalités digne d’une Cérémonie des César. Cette avant-première, gérée de main de maître par notre complice de toujours, l’attachée de presse Nicole Courtois-Higelin (dont on reconnaît, dans les images ci-dessous, la tignasse rousse à l’accueil des personnalités) s’est merveilleusement bien passée, dans l’émotion, grâce au talent de Nicole bien sûr mais aussi grâce au grand chef indien, Roger Ikhlef, qui, tomawak en main, veillait jusqu’à cette toute dernière étape.

Roger Ikhlef, comme beaucoup de professionnels payés par l’expérience pour savoir qu’il faut toujours vérifier une copie avant projection, débarque quelques heures avant l’avant-première pour une ultime inspection. Bien lui en prend, le projectionniste a pris l’initiative de couper des morceaux de pellicule noirs en tête de chaque bobine, prenant ça pour de l’amorce. Déjà qu’il fallait pas grand chose pour qu’il parte en vrille, le Roger, je vous dis pas la dégelée qu’il a pris le projectionniste : « Mais où est le début de la bobine !?

– Je l’ai coupé, c’est du noir.

– Mais vous êtes malade, qui vous autorise à tripoter mon film !?

– Bah c’est du noir, c’est du noir…

– Mais quel abruti ! J’aurais mis un plan rouge ou jaune, t’y aurais pas touché ! Et le noir, tu coupes ! Raciste !! Et il te vient pas une seconde à l’idée que, sur du noir, il peut avoir du son optique ! Quand tu coupes 50 images, tu me fous 2 secondes de son à la poubelle ! Où sont les chutes que tu as coupées ?

– Bah justement, à la poubelle. »

Et le chef indien, jurant, maugréant, « Je le crois pas, je le crois pas ! », de retourner la poubelle et, à quatre pattes dans son beau pantalon du dimanche, de rechercher ses bouts de pelloches.

Bilans

Bilans avec un s car il y en a deux. Le premier, pour ceux que cela intéresse, est financier. Au final, cette production, à quelques milliers de francs prêts, couvrira l’ensemble du budget lié à la fabrication des 30 courts métrages et du long. En revanche, ça n’ira pas jusqu’à payer ce qu’on appelle les frais généraux, encore moins la rémunération producteur. Son producteur, Patrice Roger, étant parti dans cette aventure avec la même ambition de bénévolat que les personnalités y participant, il était là comblé, et accessoirement soulagé de pouvoir venir à l’avant-première dans sa belle jaguar vu qu’il ne se voyait pas contraint de la vendre.

Ensuite, il y le bilan de diffusion, mot auquel il conviendrait de mettre un s car il y en eut quand même beaucoup. Faisons les comptes : multidiffusions des courts-métrages sur 9 chaînes françaises (hors TF1 pour ceux qui ont raté le chapitre où cette chaîne refuse de s’associer au projet), soit 400 passages télé ; 70 projections France en salle cinéma via notre distributeur « Les Films du Paradoxe » ; 80 projections dans la seule année 1992 par les groupes régionaux d’Amnesty en France ; diffusions sur les chaînes étrangères (Première et WDR, Allemagne ; BRT, Belgique ; Danmarks Radio, Danemark ; ETB, Espagne ; RTSR, Suisse ; SBS, Australie ; SIC, Portugal) ; projections dans 10 festivals (Festival de Cannes ; Cinémathèque d’Alger ; Tübingen, Allemagne ; Cinédécouvertes, Belgique ; Film du Monde et Toronto, Canada ; Festival International des Droits de l’Homme, Strasbourg ; Festival du Court Métrage, Clermont Ferrand ; Bergamo Film Meeting, Italie ; Taormina, Sicile ; Rotterdam, Hollande) ; diffusion en continu et durant un an à la Fondation de l’Arche de la Fraternité (La Défense) et enfin nouvelle diffusion du long métrage sur Arte, un an plus tard, le 24 décembre 1992.

L’affiche du film signée Jerzy Janiszewski

Aujourd’hui la série Écrire contre l’oubli et nombre de documents liés aux films ont intégré la Cinémathèque française, sous l’égide bienveillante de son Président pour qui cette production reste emblématique de ce que le cinéma peut créer de solidarité face à la tyrannie : Monsieur Costa Gavras.

Au lendemain de la sortie en salles, Béatrice Soulé eut copie de deux lettres, adressées à Geneviève Sérieyx, qui la firent aussi fière qu’émue. La première émanait de Ian Martin, Secrétaire Général d’Amnesty International : « Je vous prie de transmettre à Béatrice Soulé mon témoignage d’admiration pour l’importance et la qualité de son travail : dîtes lui bien le plaisir que j’ai eu à la rencontrer. […] Je vous prie de lui dire que j’ai envoyé une vidéo de ce film à Peter Benenson parce que je crois profondément qu’il s’agit là de la plus brillante expression de sa conception originelle d’Amnesty. » La seconde était signée de Peter Benenson, le fondateur même d’Amnesty International : « Le Secrétariat International m’a offert la vidéo des 30 films Contre l’Oubli et j’écris pour vous féliciter de ce véritable triomphe. C’est le meilleur film – et le plus frappant – dont Amnesty peut se prévaloir dans ces 30 années d’existence. »

Notre assistant réalisateur Gilles Mauriac, devant sans doute se montrer digne de sa lignée hautement littéraire (rappelons qu’il est le fils de Claude Mauriac et donc le petit fils de François Mauriac), eut le mot de la fin, parfait pour résumer cette aventure humaine : « La Traversée du cinéma français à la rame. » Une grande traversée, certes, dans toutes ses vagues et ses récifs, mais qui eut le privilège, car c’en est un, d’offrir à l’une des grandes causes de notre planète l’un de ses plus beaux moments de communication.

par Jean-Pierre de Lipowski

Cet article est extrait du webroman «Otium», de Jean-Pierre de Lipowski, ou, selon les dires de l’auteur, il raconte «sa vie, son œuvre, ses ongles cassés», avec force photos, archives son et vidéos et, accessoirement, humour.

Liens: webroman de J-P Lipowski

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