Un électeur de Trump, c’est quoi?
Par Thierry Rocher , le 11 juin 2019

Thierry ROCHER renvoie la censure

Après avoir vu le stratège américain pour les commémorations du débarquement, en Angleterre et en France, et avant le grand rassemblement porcin du 18 juin, en Floride, il convient de regarder de plus près les motivations de l’électeur à qui Trump doit sa place actuelle. Ce dernier ne serait qu’un milliardaire, héritier de la fortune familiale, sans ceux qui, séduits par la pensée à la portée de leurs cerveaux, lui donnent leurs voix en s’endormant tous les soirs, fredonnant l’hymne national.

Alors, pourquoi l’électeur est séduit par Donald? Que des bonnes raisons et tout d’abord par des signes de ressemblances, avec en premier lieu, la façon de considérer les femmes; la gente féminine qui approuve puisqu’elle se doit, fidèle à son rang millénaire, d’être soumise au mâle. L’électeur américain est donc subjugué, dans un sourire complice par les plus belles phrases à l’adresse des femmes du président philosophe. On peut en citer trois au passage: «Quand t’es une star, elles se laissent faire. Les attraper par la chatte. Tout faire.». Une autre: «Elles doivent être punies, et l’avortement doit être interdit.» Une petite dernière «Ce qu’elles disent n’est pas important tant qu’elles ont un joli cul.» Apprécier la vulgarité est bien sûr une qualité qu’il faut reconnaitre à l’admirateur trumpiste.

Mais l’électeur aime surtout l’homme des faillites qui lui permettent de donner des leçons d’économie. On ne sait pas le pourcentage de sympathisants dans la ville d’Atlantic City avec le flop retentissant à l’image du Trump Taj Mahal Casino Resorts, ville en faillite qu’il a quittée en 2014.

L’électeur de l’Amérique profonde apprécie les efforts de Donald en faveur de l’enseignement et a du mal à comprendre pourquoi, pour l’Université Trump, il a été condamné en 2013 pour avoir escroqué 5000 étudiants, avec à la clé une amende de 40 millions de dollars.

Et puis, l’électeur sait bien qu’il faut faire attention aux informations sur le président et que quand on aime les vrais journalistes, on écoute ceux de Fox News, et on se détourne des autres commentateurs qui disent du mal du guide suprême et qui, par conséquent, sont nuisibles.

Mais ce qui conforte l’électeur trumpiste, c’est de voir les résultats économiques, de voir que les 46,5 millions de pauvres ont maintenant un travail, que le salaire minimum n’existe toujours pas même si le salaire moyen a progressé pour atteindre 9,83 € de l’heure et ce n’est pas très grave pour ceux qui en sont à 6 € de l’heure puisqu’ils ne sont pas brimés par un nombre d’heure hebdomadaire limité comme chez nous.

L’électeur satisfait de constater qu’il n’est pas nécessaire d’infliger un régime de sécurité sociale (la santé devant rester dans le domaine privé bien sûr !) puisqu’à voir le nombre de personnes de plus de 70 ans travailler tous les jours, on s’aperçoit que la santé des anciens est bonne.

L’électeur aime ses semblables comme le président qui défend la vie contre les défenseurs de l’avortement. Donald qui défend la vie puisqu’il défend les marchands d’armes qui, comme tout le monde le sait, défendent la vie. Ah posséder une arme, c’est dans la constitution, et l’électeur-penseur sait que la constitution, c’est la constitution, et les traditions, ça se respecte, et pour reprendre un argument fort de l’électeur-trumpiste: « d’ailleurs, mon cul, c’est pas du poulet. » On ne peut que s’incliner devant la profondeur de l’Amérique profonde !

Et bien sûr, l’électeur apprécie par dessus-tout, le climatologue reconnu qu’est Donald Trump qui n’a pas peur de s’élever contre les idées reçues pour faire triompher la science; la science qui devient incontestable à partir du moment où elle favorise l’emploi made in USA.

Mais n’oublions pas le dénominateur commun de Trump avec son électeur inconditionnel, c’est la notion de bouc émissaire qui permet d’expliquer avec subtilité les frustrations du peuple. Le bouc émissaire qui est capable de prendre différentes couleurs en fonction des circonstances et de la clairvoyance du chef (Mexicains, Chinois, athées, homosexuels etc …).

Ce tour d’horizon rapide permet de comprendre que ce ne sont que des évidences qui poussent les ricains pur jus élevés au beurre de cacahuètes à voter antitafioles , c’est à dire pour le seul, l’unique Donald Trump.
Pas étonnant qu’avec de telles valeurs éternelles notre Rassemblement National soit séduit parce qu’il faut le souligner: l’intelligence n’a pas de frontières.
Allez, vive le peuple ! Vive la démocratie !

A part ça, même si la date est dépassée, vous pouvez offrir, pour une fois, un cadeau original à l’occasion de la Fête des Pères: un des deux tee-shirts Qi Shi Tsu, et les livres « Les pensées de Qi Shi Tsu » et « Les réponses de Qi Shi Tsu ».

Par Thierry Rocher

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