Élitisme? et mon cul!
Par Christophe Sibille , le 1 novembre 2016

Christophe SIBILLE l’homme au micro

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A l’heure d’écrire ce papier, ô ma très chère lectrice, j’ai la douleur de t’annoncer que mes mirettes sont en train de divorcer totalement d’avec mes esgourdes.
Oui, je suis en train de lire, sur mon réseau social préféré, que Diams s’était dégoté un nouveau mec, avait eu un nouveau bébé, sorti un nouveau disque.
Diams, tu te rappelles? La tortionnaire de mots métamorphosée du jour au lendemain en boîte aux lettres.
HE, OH, TON CUL, CA TE REGARDE! PAR CONTRE, NOS OREILLES, C’EST NOS OIGNONS!
Pendant que, exactement au même moment, sur l’antenne de ma radio préférée, l’inégalable Alain Rey nous régale avec ses circonlocutions, ses ellipses, ses métaphores, et promène la maestria de sa langue dans les moindre recoins de nos cavités neuronales par lui sensibilisées.Je vous dis, grand écart entre mes yeux et mes oreilles.
Et, pourtant, je suis archi-nul en yoga. Et, je dois l’avouer au risque de gravement obérer tout un pan de ma vie privée, quand je tente l’exercice assez sommaire d’assouplissement qui consiste tout simplement à se pencher en avant, jambes tendues, mes vertèbres entament un solo de Charlie Watts avant que mes coudes aient rejoint mes genoux!
-Sarko: Christophe Sibille, hé ben j’vais vous l’dire, c’est exactement pareil pour moi! Quoique je préfère Ringo Starr, je suis plutôt Beatles que Rolling Stones! Et puis, Starr, ça me rappelle ma femme!
-Moi: Mais, moi, je n’ai pas de talonnettes! Mais on est des vioques, tous les deux!
-Sarko: Moins qu’Juppé, ou que Bayrou le traître, quand même! Et j’vois pas c’que ça change, les talonnettes! Même si qu’elles mesurent quatre-vingt dix centimètres, ça me met pas les burnes au niveau des amygdales, que je susse! Ca remonte le tout!
-Moi: Tiens, à propos, pendant que je vous ai, et aussi pour aider à éviter qu’on vous ait encore pour cinq ans, une petite question que j’ai envie de vous poser depuis que vous l’avez dit: vous avez, récemment, déclaré vouloir être le porte-parole de la majorité silencieuse?
-Sarko: Ben oui, j’crois en la France, je crois en le génie du peuple français, je … …
-Moi: Bon, ça va, on a compris! Porte parole? La majorité silencieuse, c’est le petit nom de votre star de femme, dans l’intimité?
-Sarko: Christophe Sibille, vous croyez que vos provocations me surprisationnent? C’est à peu près aussi inattendu qu’une modulation dans une mélodie de Michel Legrand! Je parierais que, vous aussi, vous êtes un ardent défenseur de la destruction de notre puissance agricole, pour donner la possibilité aux bobos d’aller faire leurs courses à …
-Moi: la ferme.
-Sarko: non, mais, soyez poli!
-Moi: je finissais simplement votre phrase! C’est bien ce que vous aviez dit, non? «la possibilité aux bobos d’aller faire leur course à la ferme?» Et puis, vous, qui accusez quelqu’un d’être impoli, c’est à peu près aussi congru qu’imaginer Ludovine de la Rochère faire une gorge profonde au curé dans le confessionnal pendant la messe!
-Sarko: vous voulez qu’j’vous l’dise? Vous n’êtes qu’une espèce d’élite qui mange la laine du pain de la démocratie sur le dos du peuple, voilà.
-Moi: Franchement, en tant qu’ancien président, donc haut de l’élite, vous avez dû en faire, des décennies de yoga, pour réussir à vous chier dessus comme ça!»

C’est vrai, soyons sérieux, bon, d’accord, pas trop longtemps, de toute façon, j’ai presque plus de place.
Et résumons. Au-delà de la démagogie de Sarko, la plupart de ceux qui accusent leur voisin «d’élitisme» le font par jalousie de ne pas comprendre ce qu’il dit, ou par incapacité d’être intéressé par une discipline qu’il leur propose.
Bon, les «Lisztomanias», de Châteauroux, c’est de la musique.
Mais c’est tout sauf élitiste, justement parce que ça tire vers le haut.
Tous ces concerts fabuleux, ces impromptus où on peut entendre les virtuoses de demain dans les conditions du concert pour le prix d’un café, ces «masterclasses» pendant lesquelles l’immense Bruno Rigutto dispense son immense savoir à de jeunes virtuoses qui savent déjà tout, sauf ce qu’il leur dit, justement, tout le monde peut y aller.
Donc, ce n’est pas élitiste.
Et merde.
Tout le monde DOIT y aller.

par Christophe Sibille

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